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ANALYSE MUSICALE



LE PRÉLUDE EN DO MAJEUR DE BACH - ANALYSE ET DÉCRYPTAGE

Le prélude en do majeur de Jean-Sébastien Bach est une œuvre reconnue pour sa musicalité mais aussi pour son intérêt pédagogique, car il permet à un pianiste débutant d’aborder l’univers musical du compositeur allemand sans trop de difficulté.


LA POPULARITÉ DU PRÉLUDE EN DO MAJEUR

Le Prélude en do majeur est issu du Clavier bien tempéré (1722 – BWV 846). Cette composition qui s’étale sur deux pages serait peut-être passée inaperçue si elle n’avait pas servi d’accompagnement à l’Ave Maria de Charles Gounod (ancien accompagnement de la Méditation pour violon et piano – 1853).

La composition a traversé les siècles et conserve une place dominante dans le répertoire de la musique baroque. Sa popularité est si grande que des artistes contemporains, venus d’horizons divers, l’ont déjà adapté et arrangé à leur goût : Rick Van der Linden (Ekseption - 1972), Maurane (Sur un prélude de Bach – 1991)...

Quand l’œuvre est écrite, nous sommes proches de la fin de la période baroque et d’une musique extrêmement portée sur l’usage du contrepoint (musique contrapuntique). L’écriture du prélude n’en porte que de vagues traces.


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Du point de vue instrumental, l’époque est traversée par le clavecin même si celui-ci a un nouveau concurrent : le pianoforte, ancêtre du piano moderne. Contrairement à aujourd’hui, les claviers ne s’accordaient pas sur un tempérament égal (12 demi-tons égaux), mais inégal ; c’est-à-dire que comparativement à la sensibilité de nos oreilles actuelles, le pianoforte sonnerait faux ou désaccordé si vous préférez.


Elizabeth Sombart : Bach, Prélude en do majeur


L’INTÉRÊT PÉDAGOGIQUE DU PRÉLUDE DE BACH

Le Prélude en do majeur de Bach mérite d'être aborder au piano pour les raisons suivantes :

  • 1 – Le déchiffrage. Il est facile (pour du Bach). Un pianiste de première/deuxième année de piano peut le parcourir sans trop de problème. Le rythme est identique de mesure en mesure, sauf sur les trois dernières. Il n’y règne que des arpèges joués à deux mains.
  • 2 – L’interprétation. Aucune subtilité émanant d’une mélodie n’est présente. Le prélude est généralement joué sans relief particulier, surtout quand il devient l’accompagnateur de l’Ave Maria. Seule la fin demande un ralentissement pour préparer l’accord final (rondes).
  • 3 – A cause de son style d’écriture redondant, le Prélude en do majeur est très proche d’une étude pour piano. Jean-Sébastien Bach a œuvré dans ce sens – volontairement ou involontairement - pour aider les jeunes musiciens. D’ailleurs, la pratique du Clavier bien tempéré est utile si l’on cherche à surmonter des difficultés techniques particulières, dont celles de l'indépendance des mains et du déchiffrage. De facile à difficile, les 48 préludes et fugues abordent toutes les tonalités majeures et mineures.

DÉCRYPTAGE DU PRÉLUDE EN DO MAJEUR

Contrairement à d’autres œuvres du répertoire classique, le prélude en do majeur est avare d’indications majeures. Toutefois, suivant les éditions, il peut se glisser ici où là quelques indications de nuances, et quand le tempo n’est pas précisé, il appartient à chacun de l’adapter en conséquence sans toutefois déborder du cadre (andante à allegro).

La mesure est à 4 temps et la tonalité principale en Do majeur (aucune altération à l’armure). Il devient donc facile de repérer visuellement les modulations qui se présentent (présence d’altérations qui indiquent le changement ou la préparation d’une tonalité dans une autre).

Techniquement, tout ou presque repose sur la première mesure, puisque la présentation rythmique à deux mains est invariable jusqu’aux 3 dernières mesures. La main gauche maintient les deux premières notes de l’arpège tandis que la main droite poursuit le développement de chaque accord sur les 3 notes suivantes.

L’important est de tenir un rythme régulier jusqu’aux trois dernières mesures qui servent à annoncer l’accord final. Joué seul, sans la mélodie de l’Ave Maria (qui sert alors de conducteur), le ralentissement peut être abordé à l’avant-dernière mesure ou un peu plus en amont  ; mais il faut le préparer, c’est essentiel !

Pour comprendre la suite des explications, veuillez à présent cliquer sur ce lien : Partition du prélude en do majeur de Bach


Pour les pianistes avancés…

Le prélude se décompose globalement en 5 parties :

  • 1ère partie (mesures 1 à11) : passage de do vers sol majeur (tonalité de la dominante).
  • 2e partie (mesures 12 à19) : retour vers la tonalité fondamentale (do majeur) en utilisant des accords de septième diminuée.
  • 3e partie (mesures 20 à 24) : préparation de la dominante fa (mesure 21) via accord de do septième (mesure 20). Ensuite retour au do majeur, via fa dièse diminué (mesure 22), la bémol diminué (mesure 23) et sol septième (mesure 24).
  • 4e partie (mesures 24 à 31), séquence sur une pédale de dominante (note sol}.
  • 5e partie (mesures 32 à 35), séquence finale sur une pédale de tonique (note do).

LE MODERNISME DE BACH

Quand on décrypte mesure par mesure tous les changements d’accords qui se produisent, Bach interpelle. Pris isolément, en dehors de toute progression harmonique, certains accords peuvent surprendre. Vous en doutez ? Changeons la façon d’aborder techniquement le prélude en n’ayant plus recours à des arpèges, mais tout simplement en jouant les mêmes notes comme une succession d’accords plaqués…

A la 8e mesure en jouant la basse « si » (qui pour Bach est une note de passage conduisant au "la mineur 7" à la mesure suivante), nous sommes en présence d’un accord dissonant de "do majeur 7" (l'accord tangible du jazz), mais dans le pire de ses renversements, avec la 7e majeure en basse (si, do, mi, sol, do) mais qui, grâce à l’emploi de l’arpège, diminue le frottement agressif du demi-ton (si-do). Le même procédé est repris à la mesure 16 pour le "fa majeur 7" (mi, fa, la, do, fa).

Pour la musique baroque, cet avantage de l’arpège, au regard de la dissonance obtenue, aura bien des avantages en contournant pas mal d'interdits. Dans le Prélude de Bach, le point culminant de la dissonance intervient à la mesure 23 où un « do » malicieux vient s’insérer dans un "la bémol diminué". Plaquez la b, fa, si, do, ré (de bas en haut) et vous comprendrez, peut-être, pourquoi Jean-Sébastien Bach n’était pas un compositeur comme les autres.

Alors Bach était-il moderne ? Oui, certainement !

  par ELIAN JOUGLA


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