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PROGRAMMER UN ARPÈGE DE GUITARE AVEC UN SÉQUENCEUR

La guitare classique (guitare acoustique) possède un registre sonore varié et une multitude de caractéristiques acoustiques. Dotée d’une grande étendue dynamique, l’instrument autorise des nuances de jeu proche du piano. Toutefois, si le désir du pianiste/programmeur est de se rapprocher du jeu de la guitare, il doit bien connaître toute sa gamme de subtilités…


PRÉSENTATION DE LA GUITARE CLASSIQUE

Contrairement à la guitare électrique dont on se sert pour mettre en valeur des solos, la guitare classique est utilisée le plus souvent pour ses capacités polyphoniques. L’étendue de son registre a donné lieu à de nombreuses transcriptions dont les suites pour luth et violoncelle de Jean-Sébastien Bach ou encore les sonates de Domenico Scarlatti. Pratiquée dans de nombreux pays où elle est très populaire, notamment en Espagne et en Amérique du Sud, les différentes techniques de la guitare permettent de jouer de nombreux styles de musique.

NOTATION ET TÉSSITURE

La guitare classique est pourvue de six cordes que l’on accorde par intervalles de quarte juste, sauf celui de la quatrième et cinquième corde qui repose sur une tierce majeure (idem pour le modèle électrique). En partant de la corde la plus grave, on obtient les notes suivantes : Mi, La, Ré, Sol, Si, Mi. Son registre sonore s’étend sur trois octaves et demi et s’écrit en clef de sol.

POGRAMMER LE JEU EN ARPÈGE

L’une des techniques de jeu utilisées par les guitaristes est l’arpège. Il est généralement du domaine de l’accompagnement. Le jeu en arpège s’adapte très bien à des morceaux à la tonalité douce, comme les ballades, les romances ou les slows. Contrairement au jeu en accord, plutôt cassant, le jeu en arpège autorise des nuances de jeu beaucoup plus subtils.

En se référant au tableau "General MIDI" et à l’aide du changement de programme n°25 (Nylon-St.Gt) effectué à partir de votre module sonore, nous allons aborder la technique de l’arpège et de la trille.

À la base, le procédé technique consiste à faire entendre les unes après les autres les notes d’un accord, comme sur un piano. Lorsque les notes de l’accord sont jouées en partant de la note la plus grave à la note la plus aiguë, on dit que l’arpège est ascendant. Dans le cas contraire, quand les notes sont jouées de la note la plus aiguë à la note la plus grave, on dit que l’arpège est descendant.

COMMENT ÉCRIRE UN ARPÈGE AVEC UN ÉDITEUR DE PARTITION

Bien qu’il soit écrit conventionnellement par groupes de notes successives de valeur partielle, l’arpège pourra être exécuté de manière à détacher chaque note ou accentuer une des notes de l’accord. Dans ce cas, il faudra opter, dans votre éditeur de partition, pour une quantification avec des valeurs de notes brèves.

À la guitare, cette technique consiste à couper le son en laissant reposer les doigts de la main sur chaque corde après émission de la note. À l’inverse, il pourra être nécessaire d’exécuter les arpèges par mouvements rapides. L’effet de la pédale qui, dans le piano, permet de laisser vibrer librement les cordes, sera obtenu à la guitare en évitant de garder les doigts sur celles-ci, afin de ne pas altérer la durée des sons.

Pour restituer une pleine vibration des cordes de la guitare à l’aide d’un séquenceur, on peut soit maintenir la durée des notes en les jouant à partir du clavier d’un synthétiseur, soit encore augmenter la valeur de celles-ci dans le cas d’une écriture effectuée pas à pas.

Il est important de signaler que la vitesse d’exécution de l’arpège est soumise au tempo du morceau. L’arpège doit se « caler » dans la mesure. Un arpège sera rarement joué à cheval entre deux mesures (souvent en raison des changements d'accords). D’autre part, la durée totale de chaque arpége doit « cadrer » avec une figure rythmique acceptée par la signature (exemple : une ronde, une blanche ou une noire pour une mesure en 4/4, une blanche pointée ou une noire pointée pour une mesure en 6/8.). Ainsi, pour trouver la vitesse d’exécution idéale qui correspondant au style de votre morceau, vous ne pourrez pas sortir du « cadre » imposé par la signature. Par exemple, la vitesse d’exécution d’un arpège qui s’étend sur une mesure complète (une ronde dans un 4/4) doublera pour cadrer avec la durée d’une blanche (2 arpèges par mesure) ou quadruplera s’il s’agit d’une noire (4 arpèges par mesure). À vous de trouver la vitesse d’exécution réaliste.


COMMENT ÉCRIRE UN ARPÈGE À PARTIR D’UN ACCORD

Un seul accord peut suffire pour composer une mélodie sur une période d’au moins une ou deux mesures. On doit, pour cela, utiliser plusieurs changements de disposition des notes que l’on appelle des renversements. Par exemple, l’accord de do majeur sixte (C6) se compose des notes do, mi, sol, la. En positionnant alternativement chacune d’entre-elles dans le grave, c’est-à-dire à la basse, on obtient en plus de l’accord de base, trois accords possédant une sonorité bien spécifique. Les trois renversements seront donc : mi/sol/la/do, sol/la/do/mi et la/do/mi/sol.


Ce système de permutation des notes permet déjà d’écrire un certain nombre d’arpèges que l’on pourra combiner de façon harmonieuse. On peut ensuite ajouter à cette séquence une ligne mélodique écrite uniquement à partir de ces mêmes notes. L’ensemble de la séquence peut être construit sur une pulsation binaire ou ternaire et doit être interprété avec une parfaite régularité sans être pour autant être trop métronomique.


CHOISIR LES BONNES NOTES DE GUITARE

Les renversements de l'accord C6 cités précédemment sont fermés. C’est-à-dire que l’espace entre chaque note est le plus proche possible. Si ce genre de renversement « serré » convient bien à un piano, la guitare, en raison parfois de son accord naturel et du nombre de ses cordes, impose de temps en temps des renversements plus ouverts si l'on souhaite être en phase avec les caractériistiques de l'instrument. Le « renversement ouvert » introduit des distances entre les notes plus grandes mais également des répétitions de notes. Par exemple, pour notre C6, nous pouvons rencontrer de bas en haut : do, sol, mi, la, do. Dans cet exemple, les notes entre-elles sont plus distantes et le do est répété 2 fois.

Voyons à présent un exemple concret à travers quatre positions véritables d’accord de C6 appartenant à la guitare.

Le chiffre romain indique qu’elle case du manche utiliser, les chiffres arabes le doigté.

Que remarquons-nous ?

Suivant la position de l’accord sur le manche, l’accord de Do majeur sixte utilise tantôt 4 cordes, tantôt 6 cordes. Ensuite, les quatre positions font appels à des renversements uniquement ouverts.


CONCLUSION ET DERNIÈRES OBSERVATIONS

L’exemple du C6 illustre parfaitement ce qui se produit couramment sur un manche de guitare. Le choix des notes est très différent de celui qu’utilisera instinctivement un claviériste. Ce qui sonne sur un piano, ne sonnera pas toujours bien sur une guitare et inversement. Il est important d’en tenir compte lors de la programmation pour apporter un certain crédit à vos idées.

Pour vous guider et commettre le moins d’erreur possible, l’idéal est d’investir dans un dictionnaire d’accords pour guitare (pour info, les accords ci-dessus sont extraits du Dictionnaire de guitare de F. Chierici – Ed. Paul Beuscher).

Enfin, n’oubliez pas qu’en programmation, si un arpège est reproduit trop mécaniquement, il perdra de sa crédibilité. Incorporez des nuances, et variez la technique de jeu : dynamique, timbre, attaque de la corde... Par exemple si la base de votre composition repose sur des arpèges de guitare, vous pouvez de temps en temps jouer quelques notes solistes ou quelques accords brisés qui serviront de transition pour passer d’un refrain à un couplet.

- SOMMAIRE DES LEÇONS GRATUITES -

1 - ARRANGEMENT
2 - ÉVEIL MUSICAL
3 - HARMONIE
4 - IMPROVISATION
5 - PIANO ET TECHNIQUE
6 - RYTHME
7 - SOLFÈGE/THÉORIE
8 - PROGRAMMATION & LOG.
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