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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE : LES PIANISTES DE ROCK



RICHARD 'RICK' WRIGHT, BIOGRAPHIE/PORTRAIT DU CLAVIÉRISTE DES PINK FLOYD

Richard Wright est un claviériste surtout connu pour avoir été l’un des piliers du groupe Pink Floyd. Présent dès la première heure, grâce à son approche toute personnelle dans le domaine des claviers électroniques, il va petit à petit imposer sa vision musicale. Grâce à lui, le rock psychédélique et très aventureux des débuts va laisser place à un rock progressif auréolé d’harmonies et de mélodies structurées.


RICHARD WRIGHT : LES DATES IMPORTANTES DE SA VIE


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  • 1943 - Naissance de Richard William «Rick» Wright le 28 juillet 1943. Il grandit à Hatch End, au nord de Londres et suit ses études scolaires au sein d’une école privée la Aske Haderdashers.
  • 1955 – Il apprend en autodidacte la guitare, mais aussi le piano et la trompette, pour suivre ensuite des cours de théorie musicale et de composition auprès de Eric Gilder, musicologue, compositeur, pianiste et chef d’orchestre.
  • 1962 - Il s’inscrit à l’université de Westminster. Là, il rencontre Roger Waters et Nick Mason, futur fondateur des Pink Floyd.
  • 1963 – Il quitte l’université de Westminster, sa passion pour la musique le poussant à s’inscrire au London Collège of Music.
  • 1964 - Il entre dans le groupe Sigma 6 comme guitariste rythmique (Sigma 6 deviendra Pink Floyd avec l’arrivée de Syd Barrett l’année suivante).
  • 1965 - Il épouse Juliette Gale avec qui il aura deux enfants, Gala et Jamie.
  • 1967 – Il participe aux chœurs et joue des claviers dans le premier album des Pink Floyd, The Piper at the Gates of Dawn.
  • 1973 – Il compose The Great Gig in the Sky et Us and Them, (album The Dark Side of the Moon). Ces deux chansons rencontrent un vif succès.
  • 1978 – Richard Wright sort un premier album sous son nom : Wet Dream. L’album reçoit un accueil mitigé.
  • 1979 – Il quitte Pink Floyd avant la sortie de l’album The Wall, suite à des relations houleuses qu’il entretient avec le bassiste Roger Waters.
  • 1982 – Il divorce de sa première épouse pour se remarier deux ans plus tard avec Franka.
  • 1983 – Il fonde Zee, avec le guitariste Dave Harris. L’année suivante sort l’unique disque du groupe, Identity. L’album passe inaperçu.
  • 1987 – Ayant reçu la confiance et l’appui de David Gilmour, il retrouve Pink Floyd pour participer à l’élaboration du nouvel album des Pink Floyd, A Momentary Lapse of Reason. Aux États-Unis, l’album devient disque de platine.
  • 1988 – Il réintègre officiellement Pink Floyd à l’occasion de la tournée mondiale Momentary Lapse ; tournée qui sera sacralisée par la sortie de l’album live Delicate Sound of Thunder.
  • 1995 – Après avoir divorcé de sa seconde femme en 1990, Richard Wright se marie avec Mildred "Millie" Hobbs Ils auront un fils, Ben. Leur mariage prendra fin en 2007 (Richard vivra les dernières années de son existence non loin des Antilles, à bord de son yacht ancré dans les Iles Vierges).
  • 1996 - Il publie son second album solo, Broken China, qu’il dédicace à sa femme Mildred. Dans cet album, il fait appel aux dernières technologies issues de la MAO et s’entoure d’artistes de renom : Sinéad O'Connor au chant, Pino Palladino à la basse, Manu Katché à la batterie et Dominic Miller plus connu sous le nom de Sting.
  • 2005 – Wright, Mason et Gilmour sont rejoints par Roger Waters sur scène pour un concert exceptionnel baptisé Live 8 et se déroulant à l’occasion du sommet du G8 qui eut lieu à l’hôtel Gleneagles à Perthshire (Royaume-Uni).
  • 2006 – Il collabore à l’enregistrement de l'album de David Gilmour, On an Island. Une tournée mondiale suivra et rencontrera un vif succès.
  • 2007 – Il participe au concert rendant hommage à Syd Barrett - ancien membre du groupe décédé l’année précédente - et qui se déroule au centre artistique de Londres, The Barbican. Organisé par le producteur de disques Joe Boyd, Rick Wright est entouré entre autres de Kevin Ayers (ex Soft Machine) Captain Sensible , Chrissie Hynde (The Pretenders), Damon Albarn (Blur), Kate McGarrigle, Mike Heron (The Incredible String Band) et Roger Waters.
  • 2008 – Richard Wright décède le 15 septembre 2008 suite à un cancer, quelques jours avant la sortie de l’album de David Gilmour, Live in Gdansk.

PINK FLOYD : THE GREAT GIG IN THE SKY
Cette composition écrite par Richard Wright est issu de l'album The Dark Side of the Moon


RICHARD WRIGHT, UN HOMME DOUX ET MODESTE

Richard Wright, c’est bien plus qu’un simple musicien accompagnateur. L’ambiance sonore si particulière des disques The Dark Side of The Moon, Wish You Were Here ou The Wall, est due en grande partie à ses interventions. En signant les musiques essentielles que sont Time, The Great Gig in The Sky ou Us and Them, Richard Wright a contribué très largement au succès populaire du groupe.

Au sein du quatuor, il était considéré comme la force tranquille, l’ange inspirateur, jusqu’au jour où des tensions éclatèrent entre lui et Roger Waters. Ce dernier réclamera alors avec fracas son départ. La création dominatrice de Wright n’était pas toujours bien vue, et sans être éconduit de façon officielle, le claviériste devint alors un simple musicien accompagnateur durant toute la tournée promotionnelle de l’album The Wall en 1979.

Pour Wright, ce revirement de situation, sans l’enchanter, se produit juste quelques temps après la parution de son premier album solo Wet Dream (1978). En ces temps incertains, le musicien a l’âme solitaire et des désirs d’aventures. Il profitera de cette opportunité qui s’offre à lui pour voyager avec toute sa famille à bord de son voilier en mer Egée. De cette marginalisation naîtra un groupe éphémère Zee…

Quelques années plus tard, à la suite de litiges concernant la marque déposée ‘Pink Floyd’, Roger Waters quitte Pink Floyd. Les deux anciens compagnons de route que sont Mason et Gilmour acceptent alors l’idée de voir revenir Richard parmi eux. À cette époque, Wright pensait que l’aventure avec le groupe était belle et bien terminée. Cependant, malgré toutes les déconvenues liées au passé, rejouer au sein de Pink Floyd était pour lui une aubaine. Ces retrouvailles ne pouvaient que l’extraire d’un mode de vie devenu terne et sans horizon... "S’il a perdu un temps son chemin, ce n’était pas entièrement de sa faute…", précisera un jour Gilmour. Son retour va coïncider avec des dates importantes, celles des derniers grands concerts, du Château de Versailles à Live 8.

Pour Gilmour, Wright était irremplaçable. Il n’était pas seulement un musicien génial, mais également un ami très cher. Wright, l’homme doux et modeste, savait mélanger les sons comme nul autre. Doté d’une voix aux accents soul, celle-ci savait porter au loin.

L’album Echoes sera le premier témoignage de l’accord vital entre un son et des machines électroniques, un accord qui va influencer toute l’école du rock planant allemand de Tangerine Dream à Peter Baumann. Comment ne pas se souvenir également de The Great Gig in the Sky et de sa voix féminine qui, l’émotion suspendu aux lèvres, pousse le crescendo jusqu’au paroxysme.

Sur scène ou en studio, la sérénité de Wright contrebalançait les comportements plus vifs des autres musiciens. Lorsque le public l’ovationnait, c’était toujours pour lui comme une énorme surprise. Pourtant, sans sa présence, qu’aurait été le Pink Floyd que nous connaissons si bien ? Il y a bien sûr la guitare de Syd Barrett et celle de David Gilmour, la basse de Roger Waters et la batterie de Nick Mason, mais Wright, au lieu de déployer une technique instrumentale à toute épreuve, s’est toujours contenté, non sans intelligence, d’utiliser tous les ressorts de ses connaissances pour bâtir et construire un mur sonore inébranlable et très personnel.

C’est une démarche qui en vaut une autre et qui a eu le mérite de servir avantageusement le groupe. Grâce au travail conduit par Wright, les compositions du quatuor ont trouvé un équilibre et une esthétique sonore bien plus avantageuse. En quittant les territoires du rock underground de ses débuts, la musique des Pink Floyd s'est orientée vers une musique accessible au plus grand nombre.

Le compositeur Robert Wyatt (ex Soft Machine) n’était pas insensible à cet univers sonore et créatif. Il résume ainsi le travail conduit par Wright : "L'apport de Rick est très sous-estimé. Il a su créer des paysages et une atmosphère propice à l'événement… Mais il était trop modeste. See-Saw est une belle chanson ; écoutez-la et vous comprendrez à quoi servent les claviers."

Comme tout musicien, Wright avait des influences, notamment le blues, mais au sein des Pink Floyd, il se contentait le plus souvent de conduire de fantomatiques textures sonores. Piano acoustique, pianos électriques Fender Rhodes et Wurlitzer, orgues Farfisa et Hammond, Mellotron et clavinet, synthétiseurs Minimoog, Prophet 5 et Kurweil… la liste serait longue s’il fallait citer tous les instruments qu’il a utilisé en studio et sur scène. De plus, Wright ne se contentait pas d’être présent uniquement derrière des claviers, sur scène, il s’emparait parfois d’une guitare pour jouer quelques accords ; et s’il égrenait parfois quelques notes au vibraphone, il ne dédaignait pas non plus le trombone ou le saxophone, juste comme ça, pour le plaisir. Finalement, il agissait à la façon d’un musicien autodidacte, ce qu’il était quelque part.

Pourtant, malgré toutes ces dispositions quasi naturelles, ses interventions en soliste étaient toujours rarissimes. Les morceaux Atom Heart Mother, Echo, Shine On You Crazy Diamond ou Welcome to the Machine demeurent des exceptions... car côté démonstratif, Richard Wright c’est exactement l’antidote d’un Rick Wakeman ou d’un Keith Emerson. Il possédait l’arme absolue d’un jeu sobre et discret !

Quelques temps avant sa disparition, Pink Floyd s'était produit au complet avec Roger Waters à deux occasions, en 2005, lors du concert de charité du Live 8, et deux ans plus tard, lors du concert en hommage à Syd Barrett. Le décès de Wright a condamné une fois pour toute l’espoir de voir le groupe un jour se reformer. Sans avoir de remords, Pink Floyd ne sera plus Pink Floyd !


RICHARD 'RICK' WRIGHT INTERVIEW (SUITE)