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ARRANGEMENT FUNK PROGRAMMATION : LA RYTHMIQUE BASSE BATTERIE

La musique funk rassemble de nombreuses variantes : Funk-Jazz, Funk-Rock, Pop-Funk… Elle a la particularité de s'intégrer, de s'adapter aux nombreux courants musicaux actuels. Le rythme est basé sur une assise rythmique (basse, batterie) très solide, souvent immuable donc répétitive (séquences polyrythmiques). Elle sert d'appui au reste de l'orchestration. La rythmique peut-être simple, comme complexe, suivant les styles qu'elle épouse.

NB : il ne faut pas confondre le rythme funk et le "funky", qui signifie en argot de musicien une manière de jouer "dur" ou "heurté". Le funky désigne le plus souvent la musique noire "soul" menée sur un tempo d'enfer (Ike and Tina Turner, par exemple). Toutefois, il arrive que le style et la manière ne fassent qu'un (James Brown, par exemple).


L'HISTOIRE ET LE STYLE FUNK

Si les premiers rythmes répétitifs naissent à la fin des années 1960, ils se répandent dans la musique noire et dans le jazz au début des années 1970 avec des lignes de basse obsédantes (Miles Davis, par exemple). On commence à parler de jazz-rock (un mélange de jazz avant-gardiste et de sonorités électriques), mais pas encore de musique funk. Il faut attendre la musique disco (fin des années 1970), qui est la principale forme de "dance music" de l'époque aux Etats-Unis et en Europe pour entendre parler de ce "groove" magique. Ce nouveau courant musical sera un savant mélange de rhythm and blues et de musique pop. La monotonie du beat régulier entendu à la grosse caisse (et voulant se rapprocher du battement cardiaque) est remplacée par un jeu bien plus polyrythmique à la batterie. La basse, voit son importance au sein de l'orchestre devenir essentiel, indispensable. Le bassiste soutient l'ensemble de la section rythmique et développe un jeu construit sur des motifs mélodiques plus ou moins sophistiqués.

La technique "slap" ou "slapping" : cette technique, qui évoluera par la suite, consiste à ses débuts à faire claquer de temps en temps quelques notes de façon "percussive" en tirant sur les cordes. La sonorité de l'instrument deviendra plus agressive avec l'utilisation de la technique du pouce ( utilisée de façon éblouissante, sinon abusive par Mark King, le bassiste-chanteur de 'Level 42' dans les années 1980).

Cette transformation des rôles sera pour beaucoup dans l'évolution musicale. Progressivement le mixage de la rythmique (basse, batterie) est mis en avant. Les bassistes et les batteurs qui sont au départ de simples accompagnateurs en arrière plan, deviennent des musiciens au niveau technique impressionnant. Ils sont convoités par les studios d'enregistrement de l'époque.


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La musique noire américaine se compose à l'origine de rythmes relativement simples qui progressivement vont sous des influences diverses se transformer et évoluer ; tout comme le rock and roll deviendra le rock et le hard-rock dans sa version musclée.

Il est difficile aujourd'hui de définir la musique rock. De nombreux courants musicaux sont venus se greffer autour de lui. La référence pour se repérer consiste à écouter le rythme de la basse joué avec la batterie : la caisse claire marque le deuxième et quatrième temps, la grosse caisse accentue les temps forts, tandis que le charleston ou la cymbale ride marque les croches. C'est le rythme binaire pur dans sa simplicité.


LE COUPLE BASSE/BATTERIE DANS UN RYTHME FUNK-ROCK OU FUNK-JAZZ

CHOIX DES SONS ET DES PISTES

Si vous désirez construire un rythme funk-rock ou funk-jazz avec votre séquenceur, voici comment répartir chaque élément (instrument) pour donner plus de vigueur et de réalisme à votre rythmique

a)   La batterie

Dans un premier temps, vous devez séparer chaque élément de la batterie en leur attribuant une piste indépendante. Par défaut, la piste batterie est sur le canal 10. Chaque élément de la batterie devra être enregistré séparément. Passez par les écritures si vous désirez concevoir des rythmes élaborés.

Exemple : piste 10, grosse caisse (bass drum) / piste 11, caisse claire (acoustic snare) / piste 12, charleston ouvert/fermé (open/close hi-hat) / piste 13, toms / piste 14, cymbale crash.

Cette répartition des instruments permet d'abord de mieux définir leurs fonctions dans la section rythmique, puis d'ajouter des effets différents sur chaque piste (réverbération, delay, panoramique) et avec l'aide des contrôleurs MIDI, d'affiner les nuances du jeu du batteur.
Quand la batterie est enregistrée vient le tour de l'enregistrement de la basse.

b)   La basse

Sur les modules de son General MIDI, vous trouverez au choix le son de basse qui convient, de la fingered bass (basse classique au son rond) en passant par la picking bass (basse plus incisive), la fretless bass (basse convenant au jeu jazz) et la synthbass ou basse synthé pour le gros son (à utiliser dans le cas d'un jeu de basse très grave). Je vous conseille pour un plus grand réalisme de réserver 2 pistes pour la basse. Une piste pour le jeu " normal " et l'autre pour les passages " slap ". En réglant soigneusement le volume des deux pistes et le timbre des deux basses, vous aurez la sensation qu'une seule basse joue.


LE TEMPO ET LA MÉTHODE D'ENREGISTREMENT

Vous devez déterminer le tempo, c'est-à-dire le nombre de battements que contient une mesure. Le paramètre de la vitesse est très important. En effet, l'incidence sur le balancement final de la rythmique sera très différent si vous optez pour un tempo à 130 ou à 140. Le "groove" funk a un "chaloupement" bien particulier. De plus, certaines combinaisons rythmiques peuvent perdre de leur réalisme. Ne perdez pas de vue, qu'ici, nous recherchons à recréer un jeu vivant !

Dans un premier temps, suivant l'importance et la complexité du rythme, commencez par enregistrer le charleston ou la grosse caisse/caisse claire (en une seule piste, que vous dédoublerez par la suite). Quand le charleston, la grosse caisse et la caisse claire sont enregistrés, vous vous occupez de la mise en place des toms et des cymbales crash qui sont réservés aux breaks, c'est-à-dire aux variations de rythme qui permettent de relancer la dynamique du morceau (indispensable dans ce style de musique).

Exemple : vous pouvez opter pour un rythme/séquence de 12 mesures en 4/4. Le rythme de base peut-être constitué d'un pattern (séquence rythmique) de 2 mesures qui se répètera 6 fois. A la 12ème mesure interviendra un break (cassure rythmique de relance), pour repartir au début de la boucle.

NB : n'oubliez pas au final, que c'est la mélodie qui guide la construction rythmique.

Il faut donc que votre approche en tant que programmateur/compositeur prévoie cela. Pour rendre votre travail plus efficace, pour perdre le moins de temps possible, l'aspect mélodique de votre composition doit être prioritaire, tout au moins dans ses grandes lignes afin d'éviter de recommencer la mise en place de la rythmique.

Même si aujourd'hui, avec les séquenceurs, le travail est facilité (vous pouvez coller, rajouter des mesures autant que vous le souhaitez), faites attention dans le cas d'un transfert sur un support magnétique (pour enregistrer un chant, par exemple), que tout retour en arrière sera impossible, à partir du moment où un événement sonore sera enregistré sur le magnétophone.


LES NUANCES DE JEU

Cette étape est décisive lors de la réalisation d'un pattern. Elle correspond au mixage final des pistes qui va permettre de donner vie à votre enregistrement. Elle s'effectue grâce à un dosage des intensités sonores de chaque instrument, à l'aide des contrôleurs MIDI. Les principaux contrôleurs à utiliser sont :

Pour la basse :

  • contrôleur de volume : n° 7
  • contrôleur de panoramique : n° 10
  • contrôleur de chorus : n° 93
  • contrôleur de réverbération : n° 91
  • contrôleur d'expression : n° 11

Pour la batterie :

  • contrôleur de volume : n° 7
  • contrôleur de panoramique : n° 10
  • contrôleur de réverbération : n° 91
  • contrôleur d'expression : n° 11

Réglage normalisé des contrôleurs :

a)   Le volume : ne mettez pas le contrôleur de volume à fond (niveau 127) mais à un niveau plus bas : 90 me semble plus sage. Faites de même pour la basse. Vous pouvez ainsi, relever le niveau sonore général lors des breaks. N'oubliez pas de favoriser le volume sonore de la grosse caisse et de la caisse claire.

b)   Le panoramique : utiliser les effets du panoramique (droite/gauche) sur les toms, les cymbales et le charleston. La caisse claire, la grosse caisse restent au centre de l'image stéréophonique. Pour la basse, le panoramique est au centre. Si vous désirez élargir le champ stéréophonique de la basse, faites un copier/coller de la piste de la basse enregistrée sur un autre canal (attention ! vous perdrez un canal) et réglez le panoramique droit et gauche à l'extrême (exemple : piste 8 tout à gauche, piste 9 tout à droite). Décalez ensuite la piste de quelques centièmes de secondes (si votre séquenceur le permet). Vous créez, de cette façon, un effet de déphasage qui donnera plus de relief à la basse.

c)   La réverbération : avec la basse, vous pouvez mettre un soupçon de réverbération sur la piste "slap", mais surtout pas sur la piste principale ! Avec la batterie, utilisez une réverbération courte sur le charleston, les cymbales et les toms mais plus profonde sur la caisse claire. Pas de réverbération sur la grosse caisse ou alors très courte (genre "room") et à un niveau faible.

d)   Le chorus : à utiliser pour la basse pour épaissir le son (mais ce n'est pas obligatoire).

e)   Le contrôleur d'expression : il est en rapport avec le volume général du contrôleur de volume (n° 7). Vous ne pourrez pas aller au-delà du niveau sonore déterminé par le contrôleur n° 7 (volume maximum). Le contrôleur d'expression est donc utile pour jouer des crescendo/decrescendo ou si vous préférez les nuances de jeu : pianissimo à forte.
Il est utile pour, par exemple, faire varier l'intensité sonore de la caisse claire (un batteur ne frappe jamais avec la même dynamique !).
NB : sachez que si vous régler le niveau d'expression à 0, le son est coupé, alors qu'à 127 (maximum) il correspond au niveau du volume imposé par le contrôleur n°7.

LE RÔLE DE LA BASSE

Dans une rythmique de rock-funk, je conseille d'utiliser la Fingered bass, qui correspond au numéro 34 des instruments dans la norme General MIDI. Elle possède une sonorité lourde et ronde qui convient parfaitement à ce type de musique. Après avoir choisi une structure de base élaborée autour d'un motif mélodique répétitif, vous pouvez grossir le son en faisant varier le contrôleur d'expression.
Quand vous aurez trouvé le riff de basse du siècle (quelle chance !), faites un copier/coller et modifiez quelque peu le riff en lui apportant ou en lui enlevant quelques notes. Vous pouvez également faire varier la durée des notes.

N'oubliez pas que le principe de la basse, surtout dans ce style, est d'épouser la grosse caisse, donc de marquer leurs jeux comme une seule voix. Les modifications doivent être apportées de préférence dans les moments ou la grosse caisse n'est pas utilisée.

CONCLUSION

Construit sur de solides bases rythmiques, le Funk, avec ses variantes, est une parfaite fusion de la musique noire américaine (musique soul et rythm'n blues). On retrouve aujourd'hui encore des séquences de funk dans de nombreux types de "Dance music". L'échantillonnage de "plans" façon Stevie Wonder fait les beaux jours des rappeurs.

Dans un premier temps n'essayez pas quelque chose de compliqué ou de confus ; le funk est avant tout basé sur une combinaison basse/batterie sobre et aérée. Comme le riff est répétitif, il est nécessaire qu'il soit original et qu'il apporte par ses variations un bon dynamisme, sous peine d'être rapidement usant pour ceux qui l'écoute.

Pour vous donner des idées, écoutez les lignes de basse que l'on peut entendre dans les disques de James Brown (style "Sex machine"), Herbie Hancock (style "Thrust") ou Miles Davis (style "On the corner"), vous y trouverez déjà par l'écoute, des tas d'informations utiles.


LA   SUITE...

Un arrangement funk, basé sur une composition intitulée Guerrier. L'arrangement est expliqué partie par partie. Cette leçon est facile d'accès et ne demande pas de compétence particulière.

ARRANGEMENT JAZZ FUNK


  par ELIAN JOUGLA