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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

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LE FONCTIONNEMENT DES CLÉS DE MUSIQUE : ÉCRITURES, PARTITION, TRANSPOSITION

Cette leçon décrit les différentes utilisations des clés en musique : leur rôle, leur fonctionnement au piano et les possibilités de transposition. Pour étayer les propos tenus, des exemples de partition sont également présents.


LA CLÉ ET LA PARTITION

S'il existait un seul type de signe pour symboliser la musique, sans doute conserverait-on les clés.


Pourquoi cela ?

Peut-être, parce que la clé se distingue des autres signes par son côté "supérieur".
N'ordonne-t-elle pas la position du nom des notes sur la portée ? D'autre part, son nom n'implique t-il pas l'idée qu'elle apporte une solution aux problèmes rencontrés ?

Sans la clé, le musicien qui lit une partition serait comme un aveugle, sans sa canne pour conduire ses doigts sur l'instrument. Les notes ne seraient que des signes sans nom, sans identité. Un "DO" pourrait être un "MI" ou un "SOL". La présence de la clé évite cela.

En musique, il existe sept clés, bien que six soient officielles :


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  • La clé de sol (2e ligne). C'est la clé la plus utilisée. De nombreux instruments l'utilisent (tous les instruments à clavier, la guitare, mais également les instruments solistes, tels le saxophone, la trompette, la clarinette, la flûte ou le violon. Elle est affectée généralement à la mélodie et aux sons aigus.
  • La clé de fa (4e ligne). C'est la compagne de la clé de sol pour les instruments à clavier. Son utilisation est presque aussi répandue que la clé de sol. Outre les instruments à clavier et la harpe, ce sont les instruments graves qui l'utilisent, notamment les instruments à cordes comme la contrebasse, le violoncelle ou la guitare basse et les instruments à vent, tels le basson, le trombone ou le tuba.
  • La clé de fa (3e ligne). Elle sert à la transposition orchestrale. La clé d'ut 5e ligne est son équivalent.
  • La clé d'ut (1re ligne). Elle sert à la transposition orchestrale.
  • La clé d'ut (2e ligne). Elle sert aux cornistes et aux transpositions orchestrales.
  • La clé d'ut (3e ligne). Elle est utilisée par le violon alto.
  • La clé d'ut (4e ligne). Elle est principalement utilisée par le trombone, le basson et le violoncelle.
  • La clé d'ut (5e ligne). Elle sert à la transposition orchestrale. La clé de fa 3e ligne est son équivalent.

Lire dans une clé implique la mémorisation du nom des notes sur la portée (et en dehors). Donc, si vous lisez les sept clés, vous aurez mémorisé, pour la position d'une seule note sur la portée, sept noms de note différents !

Sauf à vouloir écrire pour des instruments spécifiques dans le cadre d'un arrangement musical (pour le cor ou le violoncelle, par exemple), ou bien si vous souhaitez prendre la direction d'un orchestre "classique", la lecture de toutes les clés ne s'impose pas. Encore aujourd'hui, les conservatoires et écoles de musique enseignent l'étude d'au moins quatre clés : clé de sol 2e ligne, fa 4e ligne, ut 3e et 4e ligne. C'est le minimum pour couvrir les écritures relatives aux principaux instruments de l'orchestre.


UN PEU D'HISTOIRE...

La présence des clés sur les partitions est ancienne. Leur dessin serait le résultat de la stylisation et de l'enluminure des lettres représentant les notes Do (C), Sol (G) et Fa (F) et utilisées comme "clés" à l'époque médiévale. Au fil du temps, l'écriture des clés s'est transformée, stylisée. La clé de sol est certainement la clé qui a subi le plus de transformations depuis son origine.

Si actuellement chaque clé indique une étendue particulière, jusqu'au milieu du 18e siècle, la clé indiquait le type de voix s'y référant (soprano, mezzo-soprano, contralto, ténor, baryton, basse). Au fil du temps, des clés ont été abandonnées. C'est le cas de la clé de sol 1re ligne, jadis utilisé par le violon et celui de la clé de fa 5e ligne Cette dernière produisant les mêmes notes que la clé de sol 2e ligne, deux octaves plus bas, son utilisation fut rapidement abandonnée.

La connaissance de toutes les clefs n'est indispensable qu'aux musiciens désirant étudier la transposition, l'orchestration, la direction ou la composition, les autres pouvant se contenter de la clef correspondant à leur type de voix ou à leur instrument. Néanmoins, la capacité d'exécuter un solfège dans les quatre clefs principales, soit sol 2e,fa 4e, ut 3e et ut 4e, est un atout dans la poche de n'importe quel musicien. La plupart des écoles de musique enseignent ces quatre clefs.


L'UTILISATION DES CLÉS AU PIANO

Pourquoi faut-il lire deux clés différentes au piano ?

La lecture de partition pour piano se contente de deux clés, mais celle pour orgue en réclame trois, à cause du pédalier. C'est donc encore plus difficile !

Si on devait utiliser une seule clé sur un instrument comme le piano qui comprend un grand nombre de notes, la portée serait géante ! Elle devrait comporter au minimum 10/12 lignes - sans oublier les lignes supplémentaires - ce qui rendrait la lecture visuelle de la partition bien plus difficile qu'en utilisant deux clés.

La difficulté majeure de la lecture pianistique provient des possibilités polyphoniques de l'instrument qui autorisent l'émission de plusieurs notes en même temps. Le pianiste est parfois obligé de lire 4, 5 ou 6 notes simultanément ; les notes étant réparties entre les deux clés et la lecture s'opérant verticalement, de bas en haut.


Dans cet extrait des "Deux Arabesques" de Claude Debussy, la polyphonie varie entre 4 à 6 notes en moyenne. Compte tenu du déplacement des mains et de la polyphonie déployée, autant le dire tout de suite, cette partition n'est pas réservée à un débutant, ni même à un pianiste de niveau moyen.

Quand on joue sur un piano, la logique veut que chaque main lise une clé différente. Cette logique est pratique, car elle permet de séparer plus facilement le rôle des deux mains (visuellement et intellectuellement). En schématisant, nous pourrions commenter le rôle des clés ainsi : la main droite joue la mélodie et lit la clé de sol, tandis que la main gauche joue l'accompagnement et lit la clé de fa.


Dans cet extrait, le rôle des deux mains est bien visible.
La main droite interprète la mélodie alors que la main gauche souligne l'harmonie en jouant les accords.

MAIS ATTENTION !…

Au piano, les clés communiquent entre elles... Le "territoire" de la clé de sol ne commence pas théoriquement au centre du clavier (C3) et celui de la clé de fa ne stoppe pas net, telle une frontière infranchissable, au centre du clavier. Parfois leur "territoire" respectif se chevauche.

La clé de sol continue à descendre de quelques notes en demandant à la clé de fa de se pousser un peu… mais parfois, cette dernière mécontente en profite pour faire la même chose quand dame clé de sol s'en va se promener en haut de la portée. Comme vous voyez, le partage du territoire clé de sol (main droite) et clé de fa (main gauche) n'est pas immuable.


Dans cet extrait de "Bagatelle" de Beethoven, la clé de fa pénètre sur le "territoire" de la clé de sol.

Mais pourquoi, les notes empiètent-elles parfois sur le domaine d'une autre clé ?

Souvent, pour faciliter la lecture de la partition. Quand des notes en clé de sol ou de fa transgressent la frontière du do central (C3) d'une ou de deux lignes pendant un court passage, on ne change pas de clé. On conserve en général la clé du départ pour éviter d'incessants changements de clé.

Ces "chevauchements" se produisent souvent, d'autant plus qu'ils se situent dans la zone centrale du clavier, là où le pianiste joue le plus souvent.


Existe-t-il des cas particulier ?

Oui, notamment lors de l'exécution d'un morceau à quatre mains. Il arrive souvent que la clé de sol remplace la clé de fa et inversement de façon plus ou moins définitive. Le pianiste de droite a généralement sa partition écrite uniquement en clé de sol et le pianiste de gauche en clé de fa. Mais là encore, la pratique du piano à quatre mains autorise certaines facéties. Le chevauchement des notes et le croisement des mains ordonnés par la partition ne sont pas rares.


Cette version de With a song in my heart, de Richard Rodgers, est arrangée pour 4 mains.
Ci-dessus la mélodie doublée à l'octave en clé de sol et ci-dessous, l'accompagnement en clé de fa, avec la ligne de basse à la main gauche et le développement harmonique à la main droite.

Le changement de clé peut se produire également quand les deux mains du pianiste se déplacent dans l'aigu ou dans le grave de l'instrument pendant un passage du morceau... Il existe même une autre façon de rencontrer une clé de sol ou une clé de fa… en cours de portée, dans une mesure. Cela se produit notamment dans le cas où la main accompagnatrice, trop occupée, n'a pas la possibilité de se déplacer. Alors, la main droite passe au-dessus de la main gauche pour aller jouer les notes demandées. Le pianiste croisera ses mains pendant seulement une fraction de secondes.


Cet extrait du Scherzo de Diabelli présente plusieurs changements de clé à l'intérieur de la même portée.

Ce genre d'écriture est utilisé lorsque le compositeur souhaite développer ponctuellement la mélodie à la façon d'un contre-chant ou pour rompre sa couleur mélodique initiale. Le croisement inverse partant de l'accompagnement est plus rare.

Sachez que toutes ces particularités d'écriture sont valables pour tous les instruments à clavier.

Et pour les autres instruments ?

A part la harpe qui s'écrit comme le piano et certaines percussions qui possèdent une écriture spécifique sans aucune clé, de nombreux instruments utilisent une seule et même clé pour toute l'étendue de leur tessiture. La guitare, la flûte ou le violon utilisent la clé de sol, la contrebasse emploie la clé de fa alors que le violon alto se contentera de la clé d'ut 3e ligne. Par contre, le trombone, le basson et le violoncelle, suivant le registre, utiliseront la clé d'ut 4e ligne afin d'éviter une écriture utilisant un nombre de lignes supplémentaires trop important en clé de sol ou fa.


(POUR AGRANDIR CLIQUEZ SUR L'IMAGE)

Voici un exemple d'orchestration "mettant en scène" plusieurs instruments,
mais également plusieurs clés, dont la clé d'ut 3e ligne pour les altos.
Si vous êtes attentif, vous remarquerez également l'absence de clé pour l'écriture du gong et de la batterie.


Au piano, si la lecture simultanée de deux clés implique des problèmes d'indépendance rythmique qu'il faut apprendre à surmonter, les autres instruments ont, eux-aussi, leurs propres "travers" techniques qui dépassent le seul fait de lire les notes sur une seule portée.

Le musicien qui souhaite produire un son agréable sur une flûte traversière ou sur un violon doit s'armer de persévérance. Cela peut prendre beaucoup de temps ! Celui qui veut lire à la guitare une partition classique doit mémoriser la position des notes sur le manche, etc. Le pianiste, lui, repère la note visuellement sur le clavier et la joue immédiatement avec une grande facilité. Chaque instrument a donc ses spécificités propres… même le triangle ! Il ne faut surtout pas chercher à savoir quel est l'instrument le plus facile ou le plus difficile à jouer, mais seulement se laisser guider par la "magie" sonore que suscite l'instrument de votre choix.


QUAND LES CLÉS TRANSPOSENT…

Les autres clés : ut 1ère et 2e ligne, fa 3e ligne, sont utilisées comme clés de transposition. Elles sont plutôt destinées à l'orchestrateur ou au chef d'orchestre. En effet, certains instruments comme les cuivres, les saxophones, la clarinette ou le cor anglais ne sonnent pas comme ils s'écrivent. La raison pour laquelle cela existe pourrait être certainement dissertée pendant longtemps ; le but de cette leçon n'étant pas de contredire cet état de fait.

Si vous êtes un pianiste et si vous n'avez jamais eu l'occasion de jouer avec un saxophoniste, sachez que si son instrument est en si bémol, lorsque vous jouerez la note do au clavier, cela correspondra pour lui à la note .

Cela doit réclamer une certaine habitude...

Oui, mais parfois, la relation instrument/partition/transposition peut se révéler bien plus complexe… Un chef d'orchestre doté de l'oreille absolue, devant contrôler ce que joue un cor transpositeur en fa, devra lire deux tons et demi au-dessus de ce qui est écrit pour cet instrument : il utilisera donc la clé d'ut 2e ligne. Un saxophone alto en mi bémol souhaitant jouer une partie du sax ténor écrite en si bémol devra également utiliser cette même clé. Le casse-tête est garanti, mais bien réel ! C'est dans ces moments là que l'on apprécie particulièrement les fonctions de transposition des claviers numériques ou des séquenceurs !


  par ELIAN JOUGLA

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L'AVIS DES INTERNAUTES

nom : Lochet
message : Bonjour,
Les explications de la nécessité d'une clé de Fa main gauche piano ne sont jamais clairement justifiées : d'où ma question.
Quel serait l'inconvénient de créer une clé de Sol avec un tiret gras sous son symbole (pour une octave plus basse que sa soeur, deux tirets pour deux octaves etc... idem avec des tirets au dessus pour les aigus) ?
Quelle est donc l'importance de raccorder le do de la première ligne supplémentaire de la clé de Sol habituelle avec la DEUXIEME ligne supplémentaire de la nouvelle clé de Sol abaissée ( tiret inférieur ) ? Qu'y perd-t-on ? Ecriture ? Il y a de l'espace entre les portées MD MG ! Gagner une ligne pour introduire une réelle difficulté me semble étonnant.
J'aimerais que vous m'exposiez des arguments convaincants. De la sorte on pourrait remplacer chez beaucoup d'apprentis pianistes une difficulté artificielle par une application plus sentie de l'interprétation.
Merci, par anticipation, de votre aide. Jean Lochet (posté le 22/01/2015)

nom : Yvon Body
message : Parfaitement d'accord avec Lochet ! Les clés sont issues de l'époque où il était communément admis que la terre était un disque plat... les astronomes, physiciens et mathématiciens ont su s'adapter ! Un simple changement d'octave, quelle qu'en soit la forme, rendrait la musique écrite plus accessible à tous. Vous voulez une explication ? J'ai un copain hyper diplômé en musique auquel je soumettais l'idée de Lochet. Réponse (autenthique, juré) : "je ne me suis quand même pas fait ch... à bosser des heures et des heures pour que le premier clampin venu accède à la même chose !". Ça fait de la peine de penser que la musique ne rend pas plus intelligent que l'économie... (posté le 04/03/2018)

nom : Eian Jougla
Réponse : Le but de ce cours est d’exposer des faits. Vos points de vue sont certes intéressants car les fondations de l’écriture musicale sont anciennes. Les techniques évoluent, mais les écritures sont restées statiques (exceptées celles qui sont contemporaines)
Serait-il plus pratique d’utiliser un codage spécifique sur une seule clé qui permettrait d’élargir sa tessiture plutôt que d’utiliser deux clés différentes ? Pourquoi pas ! Dans l’absolu tout est possible. Mais en règle générale, pour tout avancement technique et pratique, il faut toujours des « cobayes », des volontaires qui soient OK… OK pour tester une autre façon d’aborder l’apprentissage et s’y tenir sur le long terme pour voir le résultat. D’autre part, une autre méthodologie, si elle était adoptée, impliquerait une révision complète des habitudes du déchiffrage, de la conception des partitions, aussi bien pour un pianiste ou un harpiste que pour un chef d’orchestre. Difficile à concevoir.
À une époque où l’on tente de remettre en cause les lignes éducatives de l’école, et qu’on n’y arrive pas vraiment, celles de la musique sont encore plus verrouillées. (posté le 22/01/2015)
PS : lisez ceci : La partition en question