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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

VIDÉOS PÉDAGOGIQUES



MICHEL PETRUCCIANI MASTER CLASS

L'ART DU PIANO JAZZ EN SOLISTE

APPROCHE TECHNIQUE


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Pour beaucoup de pianistes jazz, jouer en solo est un exercice difficile. L'avantage de ce type de jeu est de présenter une grande liberté au niveau de l'interprétation. Le pianiste n'est pas tenu de respecter les règles immuables : exposition du thème, improvisation, réexposition du thème. La structure même du morceau peut être modifiée, tout comme la durée de l'improvisation qui sera d'une longueur variable suivant l'inspiration du pianiste. Il est même possible de ne pas jouer de thème. L'improvisation est alors totalement libre. Cependant, ce genre d'improvisation est plutôt rare et ne trouve son écho que chez certains pianistes de jazz contemporain : Jarrett, Corea, par exemple. Parfois l'improvisation est "préparée". C'est-à-dire que le pianiste aura préalablement travaillé certains passages pour les approfondir.

Aucun pianiste, même les plus confirmés, n'aborde le piano solo sans une certaine préparation intérieure. Keith Jarrett : "Pour ce genre de concert il faut que je me désintoxique. Mes mains doivent retrouver des gestes aussi vierges que possible… Quand je commence à jouer, c'est comme si je me trouvais déjà au milieu de la représentation. En tant qu'improvisateur, comme on peut faire ce qu'on veut, le truc c'est d'aller jusqu'où l'on ne sent plus le public avec soi d'une façon ou d'une autre. Des fois, c'est autre chose : on commence à jouer quelque chose de mélodique, une figure ou un motif qu'on ne croit pas avoir jamais travaillé auparavant. C'est en partie dû à l'environnement, la salle de concert, le piano."

De plus en plus, le piano solo en jazz est devenu le passage "obligé" pour de nombreux pianistes de jazz. Il présente l'avantage comme l'inconvénient de révéler au public, et sans détour, les forces et faiblesses de l'improvisateur. L'inventivité et le sens rythmique étant au premier plan, ce n'est pas sans risque pour le pianiste. Pour se lancer dans ce genre de prestation, une bonne technique instrumentale est indispensable. L'improvisation tend ses propres pièges et seul un pianiste aguerri est apte à les surmonter. Contrairement à ceux qui utilisent une partition, chaque note et silence improvisés peuvent rebondir l'instant suivant pour devenir des écueils redoutables, des pièges qui viennent se refermer sur le pianiste si celui-ci est en manque d'inspiration.


JEU EN GROUPE ET JEU SOLISTE

On ne peut trouver de comparaison entre le jeu en groupe et celui en soliste. Si le jeu en collectif se traduit par un échange sonore placé sous contrôle de part et d'autre, dans une sorte de synergie musicale communicative, l'art du piano solo conduit le musicien inexorablement aux confins de ses forces intérieures, dans une sorte d'insécurité tangible que seules une technique sans faille et une expérience scénique tenteront de faire oublier… Jouer quelques minutes en soliste est une chose, jouer tout un concert seul face au public, c'est vraiment autre chose !

Lors d'une improvisation libre, personne dans le public ne doit se douter que l'improvisateur va vous prendre par la main pour vous conduire aux portes d'une mélodie célèbre. L'improvisation permet toutes les audaces. Il n'y a pas de limites, sauf celles du pianiste. Michel Petrucciani a souvent osé ce genre d'aventure. Il aimait pratiquer cela, aussi bien pour lui que pour le public qui venait le voir jouer. Les nombreuses versions de Automn Leaves, de Take The 'A' Train ou de All Blues qui jalonnent sa carrière sont devenues au fil du temps de précieux témoignages. Elles se sont inscrites dans l'histoire du jazz et font école aujourd'hui auprès des jeunes pianistes de jazz.

Se jetant dans l'arène, sans retenue, Michel exposait souvent la trame mélodique par petites touches et aussitôt qu'il l'avait installée, il la quittait pour improviser sur une walking bass endiablée ou pour partir à l'assaut d'un enchaînement d'accords proche d'un Bill Evans, un de ses maîtres à penser. La force des grands pianistes de jazz se situe souvent là, dans la façon qu'ils ont d'accrocher l'attention du public, de le faire voyager, tout en préservant un discours musical accessible, frais et intelligent.



MICHEL PETRUCCIANI MASTER CLASS

L'extrait vidéo proposé ici est un bon exemple de ce qu'autorise le jeu du piano jazz en soliste, mais également en duo. Le regretté Michel Petrucciani fait preuve d'une énorme modestie dans cette master class improvisée : "Mais qu'est-ce que je vais dire à ces jeunes musiciens, à des gens qui, en fait, font la même chose que moi, qui ont la même passion que moi pour la musique ? Je me suis dit : Qui je suis moi, pour donner des conseils à tout le monde ?"

Entouré de jeunes musiciens issus du Conservatoire Américain de Paris, Michel raconte son expérience pianistique, sa vision du son. Il n'adopte pas le ton formel d'un enseignant qui serait trop sûr de lui. Il suggère plus qu'il ne souhaite imposer, et cela lui ressemble. Au détour de ses phrases, il évoque certaines valeurs qui lui tiennent à cœur : ne pas abuser de la pédale forte par facilité ou pour masquer des défauts techniques (à ce propos, je vous conseille de consulter la page : la pédale forte), contrôler ses émotions et apprendre à doser sa technique instrumentale.



NB : cette séquence vidéo est proposée dans un but uniquement pédagogique
pour découvrir les différentes facettes liées à la musique.


Dans l'émission, les prestations des deux jeunes pianistes invités à communiquer leur passion en feraient pâlir bien d'autres, et Michel Petrucciani ne s'y trompe pas en les félicitant chaleureusement. La spontanéité juvénile, le dynamisme et la fraîcheur de leur jeu se développent au contact de Michel Petrucciani quand le piano solo se transforme en duo pour Straight No Chaser de Monk et Someday My Prince Will Come de Churchill.

A voir et à écouter avec de grandes oreilles !

A consulter : Portrait de Michel Petrucciani


  par ELIAN JOUGLA

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