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HISTOIRE DE LA MUSIQUE : LES PIANISTES DE JAZZ



MICHEL PETRUCCIANI PORTRAIT, UN PIANISTE AUX ENVOLÉES MÉLODIQUES ET LYRIQUES

Michel Petrucciani est un pianiste de jazz contemporain influencée par Bill Evans et Keith Jarrett, mais au jeu plus incisif et puissant que ces derniers. Usant parfois d'effets un peu trop appuyés ou d'une virtuosité parfois gratuite, il est l'un des pianistes de jazz français les plus importants du jazz moderne.


LES DATES IMPORTANTES DE LA VIE DE MICHEL PETRUCCIANI


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  • 1962 - Naissance de Michel Petrucciani le 28 décembre 1962 à Orange (France). Il est issu d'une famille de musicien. Son père joue de la guitare (style Wes Montgomery) et son frère de la contrebasse. Atteint très jeune d'une maladie osseuse, il est vite attiré par le piano. Passionné par cet instrument, il travaille neuf heures par jour et atteint une technique impressionnante.
  • 1977 - Il joue au festival de Cliousclat dans la Drôme où il est remarqué par Clark Terry (tp). Il se produit par la suite dans différents festivals du sud de la France.
  • 1980 - Michel Petrucciani enregistre l'album Flash. Sa rencontre avec Aldo Romano est importante dans sa carrière. Il se produit dans tout l'hexagone en sa compagnie accompagné de son frère à la contrebasse. Il réalise une tournée avec Lee Konitz (sax).
  • 1982 - Il part s'installer aux États-Unis en Californie et y rencontre Charles Lloyd (sax) à qui il redonne le goût de la scène.
  • 1986 - En compagnie de Wayne Shorter (sax) et Jim Hall (g) il se produit au festival de Montreux (Suisse). L'album Power of Three apporte le témoignage de ce concert.
  • 1988 - Michel Petrucciani effectue de nombreuses tournées en Europe.
  • 1994 - Il change de maison de disques. Il quitte Blue Note pour Dreyfus. Un film réalisé par Frank Cassenti lui est consacré : Lettre à Michel Petrucciani.
  • 1999 - Michel Petrucciani décède à New York le 6 janvier 1999.

MICHEL PETRUCCIANI - ESTATE


MES RENCONTRES AVEC MICHEL PETRUCCIANI

Michel Petrucciani : "Je joue toujours pour les gens. Je souhaite qu'après chaque concert ils partent heureux et qu'ils souhaitent revenir. Ma musique n'est pas intellectuelle mais sensuelle et chantante. Je veux qu'elle batte avec le cœur et qu'elle soit simple. Je joue pour plaire et pour communiquer. Mais ce n'est pas parce que ma musique plaît qu'elle est pour autant commerciale. J'essaie seulement d'appliquer de plus en plus la leçon des grands maîtres : moins, c'est toujours plus."

La première fois que j'ai vu jouer Michel Petrucciani il avait 15 ans et moi 20. J'étais à l'époque disquaire, mais je commençais à me produire modestement et à enseigner au théâtre municipal de Sète. C'est dans ce lieu même que je le vis un soir lors d'un concert qu'il donnait en compagnie de son père et de son frère. Je n'étais au courant de rien ni sur sa maladie, ni sur ses talents de pianiste. Mon employeur connaissant mon intérêt pour la musique et m'avait conseillé d'aller le voir jouer.

Confortablement installé dans un des fauteuils du théâtre, mais sur le côté de la scène, je ne voyais pas le clavier… mais j'avais remarqué l'installation d'un système mécanique au niveau des pédales, quand tout d'un coup, je voie un homme d'un certain âge portant un adolescent, presque un enfant dans ses bras, c'était le père de Michel Petrucciani portant son fils et l'installant au piano. J'avoue que sur le moment j'ai été saisi par son apparence physique, comprenant tout d'un coup le pourquoi de ce mécanisme sous le piano.

Quand le concert démarra, je ne mis pas longtemps à saisir que le style de Michel était très différent de son père. Il était plus moderne, plus incisif. À cette époque de ma vie j'étais très passionné par le jazz, je lisais des revues, j'allais voir des concerts, mais je n'avais jamais encore entendu parler d'un 'Michel Petrucciani'. Ce soir là, je reçus ce concert comme une claque, moi dans mes gammes et lui dans les siennes, mais quelle différence !

Quand j'affirme que la musique vous rappelle constamment que vous ne pouvez pas tricher avec elle… cette phrase trouva toute sa justification, toute sa vérité lors de ce concert. Je venais de comprendre pourquoi on m'avait conseillé d'aller le voir jouer.

Je réalisais à l'issue de ce concert que ce jeune pianiste aurait un brillant avenir et qu'il ne continuerait pas à jouer avec son père, à condition que les rencontres futures le portent à aller plus loin.

La seconde fois, je voulais avoir confirmation de ce que j'avais entendu. Je m'étais rendu à Nîmes, l'année suivante, en 1978, pour le voir jouer avec le big band de Nîmes dirigé par le trompettiste Michel Barrault.

Au programme des thèmes assez classiques de Count Basie et Thad Jones/Mel Lewis, mais aussi quelques incursions dans des musiques plus modernes. Michel Petrucciani, en invité d'honneur jouait pour la circonstance sur un piano électrique Fender Rhodes. Peut-être à cause de cela, je ne vis pas ce soir-là un "Michel Petrucciani" au mieux de sa forme, cela frisait même la catastrophe surtout quand les rythmes étaient binaires. C'était pour moi, d'autant plus interrogatif, que sur un plan personnel j'étais en train de travailler de façon alternative les rythmes binaires et ternaires et tout ce que cela impliquait, à savoir en premier lieu l'improvisation ternaire sur un rythme binaire. Et ce soir-là, j'avais la démonstration de ce qu'il ne fallait pas faire.

La troisième et dernière fois où je vis Michel Petrucciani et où j'eus l'occasion de discuter avec lui était lors d'un concert à Sète où se produisait mon professeur de piano de l'époque Christian Lavigne. C'était une soirée un peu disparate, mêlant la chanson et le jazz.

Le sommet de la soirée, en quelque sorte, fut quand Michel Petrucciani s'installa au piano pour accompagner Maria Rouanet, aujourd'hui écrivain, mais à l'époque chanteuse en langue occitane. Se conformant au principe d'une chanson classique, il fit une introduction tellement élaborée que la chanteuse ne sachant quand démarrer attendit un accord bien marqué et un signe de la tête de Michel Petrucciani, tout ravi de soulever des rires dans l'auditoire.

  par ELIAN JOUGLA