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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

LE SOLFÈGE PEUT-IL S’APPRENDRE TOUT SEUL ?


LE COURRIER DES INTERNAUTES



Alexandre (Paris)

Peut-on apprendre le solfège tout seul ? Je suppose que oui, mais la tâche est-elle ardue ? J'ai commencé à apprendre le piano tout seul, ça fera bientôt un an. À présent, j’ai un peu la flemme de prendre des cours. Existe t-il des méthodes pour apprendre le solfège tout seul ?


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Il faut dédramatiser le solfège, il en a grand besoin. Le problème vient du fait qu'un nombre important d'enseignants lui donnent un côté trop austère. C'est la bonne "dose" qui compte ; celle qui vous permettra d’atteindre votre objectif (niveau) et qui vous permettra d’affronter les différents éléments qui le composent sans craindre de l'abandonner. Une fois acquis, cet ensemble de connaissances (théorie, lecture de notes, rythmes...) vous permettra de lire, d’écrire une partition et de devenir plus autonome.


LA STRICTE LECTURE DES NOTES ET DES RYTHMES

Le « fléau » du solfège tient souvent dans la perception que l’on a de la lecture de notes, mais aussi du rythme. Pour « accrocher » à ces deux enseignements, il faut surtout qu’elles s’accompagnent de progrès rapides.


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Rien n’empêche par exemple d’associer le piano à votre lecture de notes en les jouant en même temps que vous les lisez (en lecture pure, sans tenir compte du rythme écrit). Ensuite, quand vous sentirez que votre niveau est suffisant en clé de sol (c’est souvent par cette clé que l’on démarre au piano), vous lirez la clé de fa (clé qui est généralement utilisée pour accompagner la main droite), puis plus tard en mélangeant les deux clés. Enfin, la dernière étape est de se lancer dans de la lecture verticale (lecture d’accords de bas en haut) pour être au plus près du déchiffrage des partitions pianistiques.

Généralement, lire des notes est à la portée de tout le monde ou presque, par contre l’apprentissage du rythme est plus délicat. Pour progresser convenablement, il faut avoir à disposition des rythmes enregistrés qui serviront de répétiteur (et d’aide-mémoire). Dans tous les cas de figure, c’est l’assiduité qui permet d’obtenir les meilleurs résultats.

Côté programme, il en existe plusieurs dont les plus connus sont Solfégis et Crescendo (des logiciels qui ont fait leur preuve). Ils peuvent servir d’appoint pour progresser avec sérénité.


LE RAPPORT AU SOLFÈGE QUAND ON APPREND TOUT SEUL

Fondamentalement, apprendre à lire et à écrire la musique n'est pas une nécessité pour savoir jouer d’un instrument. L’histoire de la musique est d’ailleurs jalonnée de compositeurs et d’improvisateurs autodidactes de première force. Pour apprendre un instrument, certains vous diront que l’on n'a pas besoin du solfège, que la motivation et la rigueur permettent de surmonter bien des obstacles, que le blues ce n’est finalement que trois accords, et que le flamenco se transmet dans des familles gitanes sans autre théorie que celle de l’imitation. Toutefois, en admettant ces faits, que doivent devenir ceux qui ont essayé tout seul et qui ne sont parvenus à rien ? Doivent-ils abandonner en se disant que la musique n’est pas faite pour eux ou doivent-ils trouver dans les écritures un moyen, une solution ?

Parler en faveur des autodidactes qui ont réussi devant des milliers d’autres qui se sont « cassés les dents » ne justifie pas, à mon avis, un rejet de la théorie, comme celui des écritures. La lecture de la musique est essentielle dans le sens où elle permet au plus grand nombre de la décoder, de la comprendre et, par là même, à quelques-uns de sortir du lot en devenant des artistes accomplis et novateurs. Il n’est pas bon de mettre dos à dos les partisans des écritures et ceux de la débrouille. Les deux sont complémentaires quand ils sont capables de se rendre service mutuellement ou de se compléter.

Le problème provient souvent des musiques reposant en grande partie sur de l’improvisation et qui éludent souvent la question du solfège, notamment toutes celles dont les connaissances peuvent être transmises oralement ou visuellement (par imitation). Ne reposant généralement que sur quelques accords et un développement mélodique succinct, des musiques comme le blues ou le flamenco sont des terrains propices pour des autodidactes. Elles peuvent être travaillées en groupe comme en solitaire, à condition bien-sûr d’avoir un rapport convenable avec l’instrument et sa technique. Mais pour des musiques plus élaborées comme le jazz, il est préférable d’avoir quelques notions en écriture, surtout quand il s’agit de décoder les accords (harmonie) et les rythmes dissociés (polyrythmie). Ces connaissances permettent de mieux comprendre le cheminement qui conduit au résultat. Si l’on prend par exemple les accords, ils ont une logique mathématique dans leurs constructions. Connaître cela fait gagner un temps précieux au niveau de sa propre évolution artistique. Pour obtenir le même résultat, un musicien autodidacte devra redoubler d’effort et de pratique.


LA PUISSANCE LIMITÉE DES SIGNES ET DES EXERCICES

Le solfège est parcouru de signes, de règles et d’exercices à pratiquer. Toutes ces conventions d’écriture permettent de déchiffrer dans de bonnes conditions les partitions. C’est là le premier but de la pratique du solfège. Or, tout ce savoir, tous ces exercices répétés expliquent finalement plus le fond que la forme.

Pour ne pas séparer le fond de la forme - ce qui est essentiel dans toute discipline artistique -, il faut apprendre à enrichir son rapport avec la musique. D’abord en apprenant à l’écouter, en s’immergeant dans ses sonorités. L’apprécier à sa juste valeur, c’est aller à sa rencontre et non le contraire. C'est une question de feeling, comme celle d’apprécier les harmonies et les rythmes lors d’une interprétation. Ce contact en profondeur avec les "mariages sonores" est essentiel, et surtout complémentaire à une bonne éducation musicale... Et pour arriver à cela, il n’est pas nécessaire de montrer du doigt le solfège en l’incriminant de tous les maux ! L’idéal est d’avoir un contrôle sur l’acquis, sur la connaissance, mais sans que rien ne vienne brider son potentiel à ressentir, à créer. Chaque musicien devrait avoir en lui cet équilibre et le conserver... mais en apprenant tout seul, c’est très difficile !

  par ELIAN JOUGLA

À CONSULTER

Syncope, contretemps, accent et rythmes jazz

Exercices pour travailler l'indépendance des mains

Lecture en clé de sol

Lecture en clé de fa


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