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LA POLYPHONIE EXPLIQUÉE :
HARMONIE, CONTREPOINT, CADENCE ET MODULATION

De nombreux instruments de musique exploitent les possibilités sonores de la polyphonie et, en premier lieu, les instruments à clavier. C’est d’ailleurs leur point fort, étant donné que sur le plan de l’expressivité, ils sont généralement moins « performant » que d’autres familles d’instruments monophoniques comme les vents ou les cordes. Cependant, la polyphonie, c’est surtout une histoire d’écriture musicale…

Le principe de base de la polyphonie consiste à superposer plusieurs lignes mélodiques. Dès lors, des questions se sont posées aux musiciens. Les premières références remontent au 11e siècle et mettent en évidence deux points importants : la possibilité de créer des accords (l’harmonie) et d’opposer des lignes mélodiques (le contrepoint).


L’HARMONIE


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L’harmonie, du grec harmonia (ajustement ou arrangement) consiste à développer l’organisation des sons d’un point de vue vertical (l’horizontal concernant la mélodie et le contrepoint). L’harmonie est communément la science des accords que l’on regroupe par famille : accords majeurs, mineurs, septièmes, etc. Elle constitue la base de l’ossature de nombreuses œuvres.

Une question essentielle – qui fait toujours débat aujourd’hui – est la prise de conscience de la consonance par opposition à la dissonance. C’est ainsi que le 16e siècle voit traverser son évolution musicale par une prise de conscience de la pensée harmonique. L’octave apparaît alors, avec la quinte juste, la tierce et la sixte comme les intervalles les plus à même de respecter la consonance, tandis que la quarte et la septième seront sous exploités, voire ignoré. C’est ainsi que les intervalles sélectionnés pour leur consonance donneront naissance aux premiers accords parfaits. Par exemple : do-mi-sol pour l’accord de do majeur.

Très rapidement, les musiciens constatent qu’en fonction des familles d’accords utilisés, des sentiments différents surgissent. Ainsi, l’accord parfait mineur apporte la sensation d’un univers plus « sombre ». Le contraste entre l’accord parfait majeur et celui mineur constituera et constitue encore de nos jours l’une des ressources les plus puissantes de l’harmonie.

Bien évidemment, au fil du temps, la ruse et l’audace de quelques compositeurs pousseront plus en avant l’importance des familles d'accords ignorées, donnant ainsi plus de place à la dissonance dans le discours musical. A ce titre, Jean-Sébastien Bach (entre autres) sera un compositeur très malin en usant de la dissonance via le « retard harmonique » et l’écriture horizontale (le prélude en do majeur par exemple).


LE CONTREPOINT

Le contrepoint, du latin punctus contra punctum (note contre note) explique déjà que le principe repose sur la superposition de lignes mélodiques différentes et jouées simultanément. Le contrepoint apparaît avec la musique du Moyen Âge. Tout repose sur l’aspect mélodique des différentes voies. Par exemple, à l’écoute d’une fugue de Bach, l’auditeur percevra naturellement la musique « horizontalement », c’est-à-dire qu’il aura la capacité d’entendre avec un peu de concentration les différentes voix séparées, alors que dans un contexte de « verticalité », l’effet combiné de plusieurs sons rendra tout de suite l’écoute plus globale et plus difficile à décoder.

Exemple d'un contrepoint à deux voix

Au 16e siècle, les intervalles de quarte et de quinte aux autres voix seront remplacés par ceux de tierce et de sixte, jugés moins dissonants. Puis, plus on avance vers le romantisme (19e siècle), plus le contrepoint sera considéré comme savant et académique. Il reste avant tout la forme médiévale de la polyphonie.

Le contrepoint est dit « rigoureux » lorsqu’il n’utilise qu’une seule figure de note par voix (exemple : des noires) et « fleuri » quand il combine différentes figures de notes. Le contrepoint est le point essentiel des musiques de chant choral. A noter que l’utilisation du contrepoint n’exclut pas celle de l’harmonie.


LES CADENCES

La cadence, de l’italien cadere (tomber), est toujours basée sur un enchaînement d’accords qui doivent généralement aboutir à l’impression d’un repos ou d’un « point d’arrêt », d’une respiration dans le déroulement harmonique d’une phrase musicale. Comme pour l’enrichissement des accords, la cadence est devenue l’enjeu majeur de l’évolution musicale (la musique jazz en faisant notamment son cheval de bataille).

Exemples de cadence au piano

La première des cadences à avoir vu le jour est la cadence dite parfaite. Elle repose sur deux accords : la tonique (premier degré de la gamme), lui-même précédé d’un accord de dominante (5e degré de la gamme). Exemple en do majeur : accord majeur de dominante (sol-si-ré), puis accord majeur de tonique (do-mi-sol). Difficile de faire plus simple. De nombreuses œuvres classiques s’achèvent souvent sous cette forme de cadence, d’où le nom qu’on lui concède de "cadence finale" ou "complète" pour bien signifier sa couleur concluante.

La cadence imparfaite (ou suspensive) se compose le plus souvent d’un accord de dominante précédé d’un accord de tonique ou de sous-dominante. Elle s’utilise lors du déroulement de l’œuvre, mais aussi à la fin ou au milieu d’une phrase. Contrairement à la cadence parfaite, elle ne possède pas son pouvoir de finalité. Son but est de provoquer un effet de surprise, même si parfois elle sert à retarder la cadence parfaite.

Mais la cadence peut avoir d’autres utilisations. Elle peut indiquer une période précédant la conclusion d’un mouvement ou d’un morceau, comme quand un soliste manifeste sa virtuosité. Improvisée jusqu’au 17e siècle, elle sera par la suite notée par les compositeurs.


LA MODULATION

La modulation, qui n’est pas à confondre avec la transposition, permet d’augmenter les capacités imaginatives du compositeur. Mozart, Beethoven et bien d’autres compositeurs ont utilisé ce moyen technique pour passer d’une tonalité à une autre pour faire rebondir, par exemple, une mélodie. Son utilisation la plus courante est de moduler le passage d'une œuvre d’un ton majeur dans son ton mineur relatif (par exemple en passant de do majeur à la mineur).


LES ORIGINES DE LA POLYPHONIE

C’est dans le traité Musica Enchiriadis que l’on trouve pour la première fois à la fin du 11e siècle mention de la polyphonie. Ce traité a longtemps été attribué à Hucbald, moine de Saint-Amand près de Tournai. On sait aujourd’hui qu’il en n’est rien et que son véritable auteur serait Ogier ou Otger, abbé d’un monastère de Laon.

Les premiers essais de la polyphonie, dits "diaphonie", se sont faits par la superposition de deux voix. La première voix est appelée "principale" (elle possède le chant donné) et la seconde "organale" (elle commence à l’unisson, tandis que monte la voix principale, puis commence à suivre la mélodie dès que l’intervalle de quarte est atteint, pour la rejoindre après). La multiplication complexe des voix ne se réalisera concrètement que beaucoup plus tard. (source : La musique - Repères pratiques)

  par PATRICK MARTIAL