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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE ET DES INSTRUMENTS



LE MOT 'MUSIQUE' À TOUS LES TONS

Il ne s’agit pas ici de faire un cours de musique, bien que si je vous dise musique absolue, musique électrique, musique instrumentale, musique mensuraliste ou encore musique nouvelle, vous vous demanderez peut-être ce que signifie tous ces termes collés au mot « musique ». Et vous avez raison, car chacune de ces associations répond à une définition précise, mais souvent source de confusion ou d’approximation.


DES DÉFINITIONS PIÉGEUSES

Définir ce que représente ou ce qu’est la musique dans sa globalité, tout le monde ou presque a sa propre idée, mais dès qu’il s’agit de prendre en main des aspects plus techniques ou historiques, tout se complique rapidement. C’est pour cela qu’enseigner la musique demande de nombreuses compétences, mais aussi des approches pédagogiques qui facilitent sa compréhension. Ceci étant dit, reprenons les termes placés en introduction et essayons de comprendre ensemble leur raison d'exister.



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LA MUSIQUE ABSOLUE

Absolu signifiant “existant en soi, sans rapport avec quelque chose d'autre”, la musique absolue serait donc de la musique qui existe d'elle-même et qui ne touche pas aux domaines extra-musicaux comme la poésie ou les arts plastiques... Et comme les mots créent inévitablement des relations avec le monde extra-musical, la musique absolue (ou abstraite) ne peut être qu'instrumentale et non vocale.

La musique absolue est le contraire de la musique descriptive tonale (celle qui nécessite de préparer et de résoudre les enchaînements d’accords par des cadences ou de moduler selon un cycle). Comme la musique se voit imposer des frontières extra-musicales qui sont assez strictes, on ne peut pas parler de musique absolue au sens propre du terme, car elle serait alors un jeu de sons purs et peu compréhensibles. La musique, pour peu qu’elle détienne quelques mystères, doit toujours être placée dans un cadre que l’on peut définir, simple ou complexe... Sinon, c'est l'anarchie des sons qui l'emporte !

L'histoire de la musique récente, celle du 20e siècle, oscille entre les pôles de la musique descriptive tonale et de la musique absolue (atonale, pour faire simple). Le compositeur Ferruccio Busoni (1866-1924) avait sa propre idée sur la question. Il estimait que la musique devait s'efforcer d'atteindre le son abstrait, ce qui signifiait que la musique absolue devait se détacher de tout ce qui n'était pas de la musique pure. C'est pourquoi elle devait aussi se séparer des instruments connus jusqu'alors.


LA MUSIQUE INSTRUMENTALE ET VOCALE

Tout chant est accompagné d'objets sonores depuis la nuit des temps. Plus d'un chercheur est convaincu que toute musique vocale a été accompagnée par des instruments. Toutefois, en Occident, encore au Moyen-Âge, la musique purement instrumentale ne bénéficie d'aucun encouragement, même si elle se développe notamment sous forme de musique de danse.

Les deux genres ont bien sûr tenté de s'interpénétrer, se sont même disputés la suprématie tout en grandissant au contact l'un de l'autre (à l'époque de la polyphonie vocale, la compréhension des paroles sera même sacrifiée au profit du débit entremêlé des voix, ce qui constituera une dérogation à l'esprit instrumental). Ces débuts difficiles conduiront la musique instrumentale à devenir autonome, avec une multitude de formes qui seront comme le sommet de la musique au cours des 17e, 18e et 19e siècles, du quatuor à la symphonie.

Les musiques vocale et instrumentale illustrent parfaitement les deux possibilités de la musique occidentale. La musique vocale est liée aux données physiologiques des configurations de voix (elle est liée à une progression), alors que la musique instrumentale est en mesure de créer un nouvel espace grâce aux découvertes techniques qui la concernent, aux extensions vers l'aigu ou le grave, d'après la vitesse d'exécution de la suite de notes, etc. Sa grande force est de ne jamais reculer devant chaque nouvelle innovation.


LA MUSIQUE ÉLECTRIQUE (OU ÉLECTRONIQUE)

Par électrique ou électronique, on n'entend pas le caractère de la musique, mais son origine. Il existe certes des appareils qui se servent de l'électricité, comme le poste de radio ou la platine disque. Ce ne sont cependant pas des instruments de musique, mais seulement des intermédiaires.

Les instruments de musique qui produisent un son à l'aide d'électricité sont appelés instruments électro-acoustiques, bien que cette dénomination ne qualifie pas l'essentiel. Avant de devenir totalement autonome, à l’image du synthétiseur qui n’a plus de lien interne avec des éléments acoustiques, les efforts fournis par les chercheurs innovent en inventant le tube électronique en 1906 (E. von Lieben).

Parmi les tentatives de fabriquer des instruments de musique modernes avec ces nouveaux procédés, on trouve le piano à queue Neo-Bechstein de Walter Nernst, l'Elektrochord d'Oskar Vierling, le Aetherwellen Instrument (Lit. : instrument à vagues d'ondes) de Léon Thérémine, le Telharmonium de Thaddeus Cahill, le Hellertion de Helberger et Lertes, les ondes Martenot de maurince Martenot, ou encore l'orgue polychord, le Trautonium amélioré par Oskar Sala, le melochord, le violon à clavier, etc. Ces instruments-là sont, pour la plupart, de véritables instruments électro-acoustiques. Leur tâche n'est pas d'imiter le son d’un ancien instrument, mais de créer du neuf.

La musique électrique devient rapidement de la musique dite "électronique", bien que ce terme, hélas, est également impropre à définir précisément ce qu’elle est censée représenter.

À Paris, Pierre Schaeffer développe la Musique concrète. Elle est qualifiée de concrète, parce qu'elle n'utilise pas de sonorités abstraites, mais emploie des bruits et des sons de la vie comme matière sonore : le sifflement de la locomotive, le claquement des gouttes d'eau, etc. Ces matériaux de base sont transformés à l'aide de moyens techniques, puis combinés.

L'autre concept est développé dans les studios de la Maison de la Radio de Cologne, sous la direction d'Herbert Eimert, et symbolise au mieux ce que peut être la musique électronique pure en utilisant les sons issus d'une sinusoïde, c'est-à-dire les sons de base libres harmoniquement et qui servent de matière sonore brute.

© Jean-Marie Dalbéra flickr.com - Quelques outils de création de la musique électronique des années 50-60 (à droite les Ondes Martenot) présentés à l'Exposition Electrosound (2016).

Les sons produits électroniquement peuvent également être employés avec ceux des instruments de musique traditionnels, mais aussi avec de nouvelles formes de langage, comme chez le compositeur Luciano Berio. Grâce à lui, la musique électronique a trouvé un certain souffle en favorisant la répartition des sources sonores dans l'espace, et l'a même incitée, ce qui correspond à un mouvement général à l'intérieur de la musique avant-gardiste.

Henk Badings, Pierre Boulez, Mauricio Kagel, György Ligeti, Luigi Nono, Henri Pousseur ou encore Karlheinz Stockhausen et Iannis Xenakis, tous ces compositeurs issus du 20e siècle ont notamment participé au développement de la musique électronique. De même, à Gravesano, en Suisse, Herman Carl Julius Scherchen créera un studio pour faire des expériences sur la musique électronique et sera rejoint rapidement par d’autres studios en Allemagne, en Belgique, en France, en Italie, en Hollande, en Tchécoslovaquie jusqu’au Japon.


LA MUSIQUE MENSURALISTE

La musique mensuraliste possède un aspect théorique dans le sens où elle définit la durée des sons dans la mesure, ce qui n'est le cas ni dans la musique ancienne, ni dans la musique grégorienne. Il n'existait alors aucune règle concernant le chant en fonction de la durée de la note ; c'est devenu nécessaire avec l'arrivée de la musique à voix multiples. Le chant polyphonique ne pouvait plus laisser la valeur des notes dépendre uniquement de la versification (poésie). La musique mensuraliste s'oppose de fait au plain-chant.


LA MUSIQUE NOUVELLE

Sous le terme Musique Nouvelle, on entend la musique qui ne cherche pas seulement de nouveaux domaines d'expression, mais qui se distingue consciemment de l'ancienne. Aujourd'hui, la Musique Nouvelle commence avec la polytonalité et l'atonalité. Lire la suite sur le dictionnaire multimédia ‘Music Mot’ pour avoir une définition complète : La musique Nouvelle.


EN CONCLUSION

Sachez que les termes qui accompagnent le mot “musique” ne manquent pas. Ci-dessous, une liste en nom latin non exhaustive.

  • Musica divina = musique divine, donc musique religieuse ; recueil de musique religieuse ancienne.
  • M... sacra = musique sacrée ; recueil de musique ancienne au 19e siècle.
  • M... antiqua = musique ancienne ; recueil de musique ancienne, depuis 1812.
  • M... choralis = musique non découpée selon la valeur de temps, donc chant grégorien.
  • M... plana = chant grégorien (plain-chant).
  • M... imensurabilis = chant grégorien.
  • M... mensurata, mensurabilis, mensuralis = musique mensuraliste.
  • M... theoretica = science de la musique.
  • M... practica = pratique de la musique.
  • M... mundana, celestis = musique céleste, cosmique des hautes sphères.
  • M... humana = musique produite par l'homme.
  • M... instrumentalis, secularis, civilis = musique profane, vocale et instrumentale.
  • M... subalterna = musique du peuple.
  • M... enchiriadis = titre d'un traité de Hucbald de Saint-Amand.
  • M... vera, realis = musique dans les modes religieux originaux.
  • M... ficta oder falsa = musique transposée dans d'autres situations ; ficta, "imaginé".
  • M... figuralis = musique figurative, musique mensuraliste, musique travaillée avec le contrepoint dans des valeurs de temps différentes. On utilise alors des figures semblables ou ressemblantes de signification rhétorique, d'après la méthode des figures.
  • M... riservata, reservata = musique à l'expression appuyée, réservée aux connaisseurs et peut-être aussi à la musique à programme et à l'affect. L'expression a donc plusieurs sens. En tout cas, il s'agit d'une musique sans règles formelles, qui tire sa forme de son contenu. L'expression vient de Josquin Després et a été employée d'abord par Adrian Petit Coclico au 14e siècle.
  • M... transalpina = recueil de madrigaux italiens avec textes anglais en Angleterre, 1588.
  • M... poetica = méthode de composition du 16e siècle.
  • M... nova = Musique Nouvelle.
  • M... viva = musique vivante (moderne). Depuis 1947, elle décrit l'institution munichoise fondée par Karl Amadeus Hartmann pour la musique contemporaine ; utilisée aussi pour les cycles de représentation de musique moderne.

Piano Web (04/2022)


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