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LE PASSAGE DU POUCE AU PIANO, COMMENT LE TRAVAILLER ?

Dans l’étude du piano, le pouce joue un rôle particulier et fondamental en participant activement à la technique de l’instrument. Il retient surtout l’attention du pianiste quand celui-ci commence à aborder le travail des gammes ou de certaines études. Ce cours a pour objectif de détailler les particularités anatomiques de ce doigt si essentiel pour progresser au piano, de sa position sur le clavier jusqu’au « passage de pouce ».


LE RÔLE DU POUCE AU PIANO

Le doigt est court et comprend une phalange de moins que les autres doigts de la main. Cette particularité anatomique du pouce influe bien évidemment sur le résultat. S’il est le moins agile, il compense cette faiblesse par un surcroît de robustesse. Cependant, comme la technique pianistique ne repose pas tant sur la puissance ou la force, que sur la souplesse, l’agilité et la maîtrise de l’attaque, un pianiste débutant comprend vite que le pouce, malgré sa force, va être un handicap à ses objectifs, aussi modeste soit-il.


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Contrairement à l’annulaire et à l’auriculaire, qui sont les doigts dits « faibles », le pouce ne rencontrera pas de difficulté particulière à frapper une touche de haut en bas et ce, quelle que soit la position de la main : en extension, serrée, sur les touches blanches ou noires. Cependant, si cette puissance naturelle est fort utile au moment où la main joue plusieurs notes (accord), le pouce se révèle bien moins efficace dans un jeu lié, note à note (gamme).

Dans le cas de l’accord, le pouce a une influence directe sur le jeu des autres doigts en donnant à la main un sentiment de stabilité, d’équilibre. Dit autrement, on peut se reposer sur lui pour conserver un plan horizontal de la main vis-à-vis du clavier, sur le bord des touches comme à l’intérieur. En positionnant le pouce à la surface du clavier, et non en dehors, le pianiste sait immédiatement que sa main se trouve dans une position proche de ce qu’il faut atteindre dans l’idéal.


L’un des avantages du pouce au piano est d’être efficace et indispensable dans le domaine des accords. En effet, dans la pratique, les accords à 3 ou 4 notes nécessitent toujours l’usage du pouce à la main droite comme à la main gauche. Il offre donc un avantage certain dans un domaine où le jeu lié est moins présent et où la pulsation rythmique tient une place importante.

Dans le cas d’un jeu lié, c’est-à-dire dans un jeu de type « horizontal » (do, ré, mi, fa, sol, la…), le pouce est certes indispensable mais son usage demande une approche technique beaucoup plus attentionnée.


QUAND UTILISER LE PASSAGE DE POUCE ?

Le pouce est le seul doigt de la main à être positionné latéralement lors de l’attaque de la touche. C’est-à-dire, que contrairement aux autres doigts, sa plus grande mobilité naturelle ne réside pas dans un mouvement d’attaque de la touche vertical mais horizontal. Or, cette particularité naturelle est mise à l’épreuve au moment d’exécuter le passage de pouce.

Le passage de pouce (ou « pouce par-dessous ») devient obligatoire quand un trait musical réclame l’usage de plusieurs notes conjointes (ou disjointes). Le développement d’une gamme jouée à une main, du fait même d’avoir plus de cinq notes, implique l’utilisation du passage de pouce. Partant de là, le doigté que vous utiliserez est très important pour votre réussite dans cette étape. Dans la pratique, une gamme est avant tout un exercice pour faire connaissance avec le clavier (voir : Les gammes au piano, c’est facile !).

Pour un claviériste, le passage de pouce est une technique fondamentale. C’est la base et c’est aussi le seul moyen qui permettent aux doigts de parcourir toute l’étendue du clavier. Sans son usage, il serait impossible de jouer les 99% du répertoire pianistique. Le passage du pouce contribue non seulement à déplacer sa main proprement sur le clavier, mais il permet dans l’absolu d’obtenir un jeu fluide à l’esthétique éloquente.


LE PASSAGE DE POUCE DANS LA PRATIQUE

Le passage de pouce consiste à étirer le doigt à l’intérieur de la main, sous la paume, pour atteindre la note désirée. Dans les gammes les plus courantes (majeures et mineures), le passage de pouce intervient après le 3e ou 4e doigt.

Prenons l’exemple de la gamme de Do majeur joué avec la main gauche...

Observations : pour poursuivre au-delà de la note sol dans la gamme de Do ascendante, la main gauche opèrera une très légère contorsion en passant le majeur par-dessus le pouce pour atteindre la note la. La technique ainsi produite est bien sûr inversée quand la gamme est descendante. Dans ce cas, ce sera le passage de pouce qui se glissera sous le majeur (note la) pour atteindre de nouveau la note sol.

Cette façon d’attaquer la gamme de Do avec le 5e doigt de la main gauche, de la monter, puis de la descendre sera inversée avec la main droite, mais avec cette nuance près que le passage de pouce interviendra après la note mi (après le majeur en montant).


L’ÉTIREMENT DU POUCE

Dans la pratique, le passage de pouce qui intervient après le 4e doigt est toujours difficile à négocier techniquement ; son étirement sous la main étant plus important. Toutefois, un passage de pouce après l’index peut également poser problème, surtout quand le doigté pouce/index est reconduit plusieurs fois à la suite. Ce cas de figure est moins fréquent, mais il existe néanmoins dans certaines partitions quand un autre doigté est exclu.

Il est important que vous gardiez à l’esprit qu’un passage de pouce n’est qu’un moyen technique comme un autre et qu’il doit être perçu que de cette façon, malgré sa difficulté toute relative. Au début, sa « manœuvre » doit se pratiquer très lentement et avec attention. Il existe pour cela des conseils précieux et des exercices pratiques que vous trouverez dans notre cours en ligne : Travailler la technique des gammes au piano, et qui vous permettront d’améliorer le passage de pouce.


PASSAGE DE POUCE ET NOTES DISJOINTES

Le principe du passage du pouce reste le même, sauf que les notes disjointes (arpège, par exemple) réclament un plus grand étirement du pouce sous la main. Techniquement, il faut éviter autant que possible de sortir le pouce de la surface du clavier pour les mêmes raisons qui vous ont conduit à le faire en exécutant des gammes : pour rester toujours proprement dans l’axe des touches.

Il est bien évident que la taille des mains influe sur le résultat, donc sur la difficulté à obtenir des arpèges correctement exécutés. De plus, mal conduit, la pratique des arpèges n’est pas sans risque pour la main à cause des étirements qu’elle réclame.


DERNIER POINT

Le pouce étant un doigt plutôt raide et puissant, il a tendance à impacter dynamiquement les notes qu’il joue. Il en résulte une différence de rendu sonore avec les autres doigts de la main, surtout lors du passage de pouce. De plus, ce déséquilibre, surtout marqué entre le pouce et l’auriculaire, peut être renforcé par le jeu du pianiste et le style qu’il pratique au quotidien : classique, jazz, rock, etc. En fait, plus la technique est poussée, plus l’instrument est exigeant concernant la précision dynamique de chaque doigt et le rôle qui lui incombe ; le jeu pianistique devant toujours conserver, dans la mesure du possible, un jeu fluide à l’apparence naturelle.

Ce constat est loin d’être un détail, car chaque style musical – surtout s’il est pratiqué intensément et de façon exclusive – en développant une technique qui lui est propre, renforcera encore plus le déséquilibre de vélocité entre chaque doigt. Rien d’anormal ni de dramatique à cela, tant que l'esthétique est conforme au style choisi, que le phrasé respecte ses accentuations, sa forme, tout en n’ayant rien perdu de sa musicalité. L’important est de ne pas tout sacrifié à une technique pure dans laquelle on peut se perdre et qui, parfois, conduit dans une sorte d’impasse peu propice à galvaniser un plaisir constant.

  par ELIAN JOUGLA


À CONSULTER

LE DOIGTÉ AU PIANO