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LES RUDIMENTS TECHNIQUES DES ACCORDS CHIFFRÉS AU PIANO

Pour comprendre l’utilisation des accords chiffrés rien ne vaut la mise en pratique sur des partitions prévues à cet effet. Cette page propose d’expliquer très modestement les contours techniques qui régissent l’utilisation de ce système d’écriture si répandu.


LES « FAKE BOOKS »

Les partitions qui répondent au mieux à l’usage de l’écriture dotée du chiffrage harmonique s’appellent aux États-Unis des « Fake Books ». Derrière cette étrange appellation se cache des recueils spécialisés dans des domaines précis. Il peut s’agir de musique brésilienne, de musique traditionnelle, de country ou de musique de films.

Le célèbre The Real Book appartient à cette catégorie. C'est un gros pavé très prisé par les musiciens de jazz qui ne contient que des standards conçus à la base pour travailler et développer l’improvisation. The Latin Real Book, reprend le même principe, mais avec un penchant pour tout ce qui touche aux musiques latines : samba, bossa, béguine, boléro, salsa, etc. D’autres déclinaisons moins connues, mais tout aussi sympathiques, existent : The Disney Fake Book (consacré aux musiques des films de Disney), The Real Classical Fake Book (qui regroupe les grandes œuvres du répertoire classique) ou encore The Jumbo Jazz Album qui contient plus de 1 000 thèmes de jazz avec paroles.


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Le point commun de tous ces gros ouvrages et d’aller à l’essentiel. C’est-à-dire en présentant généralement le thème (ou refrain) accompagné accessoirement du couplet (avec ou sans les paroles). La mélodie est écrite en clé de sol (il existe aussi des versions transposées pour d'autres instruments) et s’accompagne du chiffrage harmonique. Chaque accord est alors indiqué à l’emplacement précis où il doit être joué, comme le montre l'exemple ci-dessous (extrait de Misty d’Erroll Garner issu du "Real Book").

Le décodage de ce type de partition est facile à condition bien entendu de connaître les subtilités d’écritures liées aux accords.


LES TECHNIQUES POUR CONDUIRE LES ACCORDS

Comme les « Fake books » vont à l’essentiel, il est évident que côté interprétation tout repose sur les épaules de l'interprète. Dans ce genre de partition, seul le nom de l’accord, sa nature (maj, min, 7…) et sa position dans la partition sont indiqués. En d’autres termes, pour vous y retrouver, il est nécessaire d’avoir quelques connaissances en harmonie pour commencer à maîtriser l’ensemble.

Connaître les accords et les notes qu’ils contiennent est la première étape, cependant jouer la mélodie accompagnée d'accords plaqués, sans autre imagination, apporte toujours un résultat sonore assez spartiate, tout juste bon à imprimer dans votre tête la couleur générale du morceau. Il faut donc aller plus loin en pénétrant au cœur de l‘harmonie instrumentale pour que la partition « prenne vie ».

Bien entendu, il est ici impossible de décrire toutes les connaissances et astuces nécessaires pour relever un tel défi. Néanmoins, les quelques rudiments et conseils qui suivent vous seront certainement utiles si vous êtes un débutant démuni d’expériences.


LE PIANO SOLO

Quand on est pianiste, comparativement à d'autres instrumentistes, on a l’énorme avantage de pouvoir jouer des deux mains tout en dissociant leur rôle respectif. De plus, comme le piano est un instrument totalement polyphonique, il faut apprendre à tirer partie de sa richesse d'expression !

Le principe qui suit est expliqué en deux étapes. La première est destinée au pianiste débutant et demande peu d’efforts pour aboutir, tandis que la seconde sera utile à un pianiste qui vise le perfectionnement.

LA MAIN DROITE

APPROCHE SIMPLE : Quand on débute, la première façon de tirer avantage des deux mains est d’accorder à chacune d’elles un rôle distinct. Dans le cas qui nous intéresse ici, la main droite se réserve la mélodie comme décrite dans la partition, sans oublier que les notes qui lui sont réservées doivent toujours être en position dominante à l’aigu. Dans certains cas, il sera nécessaire de jouer la mélodie une octave au-dessus pour éviter des « frottements » (chevauchement de notes) qui peuvent se produire avec certaines notes des accords joués par la main opposée.

APPROCHE PLUS TECHNIQUE  : Hormis les doigts utilisés pour jouer les notes de la mélodie, il peut être utile d’utiliser ceux qui sont libres pour enrichir ou compléter les accords de la main gauche. Ce type de jeu, beaucoup plus complexe, offre aussi un jeu pianistique plus abouti. Dans ce cadre, la main gauche momentanément libérée de sa tâche première (celle de jouer toutes les notes de l’accord) pourra se permettre, par exemple, d’aller chercher une ou plusieurs notes graves pour donner plus d’ampleur à l’ensemble. Cette technique, qui s’apparente au jeu en block chords, est souvent utilisée par les jazzmen.

LA MAIN GAUCHE

Techniquement, c’est la main gauche qui aborde la partie la plus délicate.

APPROCHE SIMPLE  : Si dans un premier temps vous éprouvez des difficultés pour enchaîner les accords, travaillez-les isolément (par séquences de 3 ou 4). La technique la plus simple est de plaquer les accords sur le clavier, tout en les jouant dans une tessiture limitée grâce à l’utilisation des renversements (pas plus de deux octaves). Les accords ainsi présentés devront être exécutés dans le médium/grave du clavier pour éviter une sonorité trop lourde et confuse.

L’idéal consiste souvent à rapprocher les accords de la mélodie (si celle-ci n’est pas trop aiguë). Le résultat sonore doit être homogène et danse, sans trop créer de vide sonore entre les deux mains. Le contre-exemple de cette disposition pourrait être celui d’un morceau de boogie woogie avec sa ligne de basse, vraiment basse, et son jeu main droite joué dans le médium/aigu du clavier.

APPROCHE PLUS TECHNIQUE  : Sommairement, elle consistera à faire varier le jeu de la main gauche en usant de différents procédés techniques : accord tenu, accord piqué, accord escamoté, appuyé ou léger, glissando, alternance basse/accord comme dans le rag, etc.

L’usage des renversements est un art qui doit également s’associer au jeu rythmique que présentera la main gauche : répétitions de motifs, syncopes, contretemps… Si l’accord plaqué est « pianistiquement » le plus convenu, vous pouvez également apporter à vos renversements d’autres intonations en le brisant (arpège) ou en le décomposant note à note comme avec la présentation dite en 10e. Par exemple, pour un accord de DO 7, cela donnera de bas en haut : do, sol, si b, mi.

D’une façon générale, n’oubliez pas que si vous jouez seul au piano l’axe principal reste la fondamentale. Celle-ci doit être toujours présente à un moment donné ou à un autre de l’exposition de l’accord (il est possible de la jouer avec des retards, mais c'est délicat). Ensuite, il y a la tierce. Elle joue un rôle important en déterminant l’état majeur ou mineur de l’accord. La quinte est beaucoup plus subjective et pas toujours nécessaire. Quant à la septième, elle apporte l’inclinaison du style en étant mineure, comme dans le blues, ou majeure, comme dans le jazz à cause de sa couleur dissonante (sans oublier que la septième joue également un rôle déterminant au moment où se présente une cadence).

Le plus important - quelle que soit la technique abordée et le niveau - est de ne pas perdre le cap, c’est-à-dire en respectant la signature (sens de la mesure) et en jouant toujours avec un tempo régulier.


LE PIANO ACCOMPAGNATEUR

Si vous chantez ou qu’un ami joue avec vous d’un instrument soliste, le rôle de vos deux mains devra s’adapter à cette situation. Techniquement, vous devrez remettre tout à plat.

Votre main droite ne jouant plus la mélodie, elle va devoir travailler sur un plan harmonique comme le fait déjà la main gauche (tout en n’excluant pas de temps en temps quelques contre-chants au moment opportun).

Avec les dix doigts, il n’est pas question d’alourdir le jeu en martelant des accords en même temps aux deux mains. Où serait l’intérêt ? Par contre, la dissociation du jeu rythmique entre la main droite et la main gauche permettra à l’accompagnement d’être à la fois plus dynamique et rythmique. Il faut concevoir le jeu pianistique à deux mains comme si la main droite ne pouvait se passer de la main gauche mais sans chercher à l'imiter et inversement  ; comme si vous deviez jouer au jeu du chat et de la souris.

Les accords pourront être présentés de façon plus étalés sur le clavier en couvrant une tessiture de 3 à 4 octaves, tout en ayant recours parfois à des notes doublées, voire triplées. Rien n’exclut aussi d’autres jeux, comme celui qui consiste à jouer une ligne de basse à la main gauche tandis que la main opposée marquera chaque accord en cadence.

L’essentiel est de ne pas perdre de vue que tout repose sur vos capacités à produire un jeu qui se renouvelle, qui se diversifie ; ne serait-ce que pour éviter une routine qui s’installe et qui réduirait alors à néant vos chances de vous améliorer techniquement. Enfin, côté apprentissage, plutôt que de suivre les yeux fermés un programme écrit ou mis en images qui se résume presque toujours à une seule vision : celle de son concepteur, la plus efficace des méthodes est certainement celle qui consiste à s’imprégner de ce qui existe déjà sur disque et d'utiliser des collections comme "Aebersold" qui permettent de s'entraîner à la maison de façon efficace si le jazz vous tente.

  par ELIAN JOUGLA

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