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ACCOMPAGNEMENT PIANO EN ARPÈGE - LES BASES DU PIANISTE DÉBUTANT

Il existe bien des façons de jouer un accompagnement constitué de deux ou trois accords au piano. Les cours Accompagnement avec trois accords et Basse marchante avec trois accords, nous donnent déjà une bonne indication de ce qu’on peut réaliser quand on débute au piano. Continuons cette exploration des techniques pianistiques en évoquant l'utilisation de l'arpège…


L’ARPÈGE AU SERVICE DE L’ACCORD

Au piano, les « outils » pour varier les accompagnements sont nombreux. En utilisant toujours aucun artifice (glissando, appoggiature, etc.), il est possible de créer différentes boucles rythmiques de quelques mesures en combinant imagination et pragmatisme.


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Nous avons vu dans le cours Accompagnement avec trois accords, l’utilisation de l'accompagnement pianistique avec des accords plaqués, c’est-à-dire quand toutes les notes qui composent l’accord sont jouées ensembles. L'autre alternative, facile à mettre en application, est l’arpège.

L’arpège est un accord brisé où chaque note est entendue l’une après l’autre. Généralement, au débute l'arpège par la note la plus grave de l'accord. Celui-ci, ainsi éclaté, permet beaucoup plus d’audaces harmoniques. Il est plus permissif. Il autorise la "clarté" de la dissonance bien mieux que quand l'accord est plaqué. Pour cela, il suffit de s'amuser à modifier le premier prélude de J-S. Bach, en transformant les arpèges en accord plaqués, pour comprendre toute l’audace et l'avancée du compositeur, notamment avec l’utilisation de la 7e majeure.

L’exemple ci-dessous est basé sur un accord de Ré majeur. C’est la façon la plus simple de l‘interpréter à deux mains ; chacune jouant l’accord en position fondamentale (NB: pensez à respecter les altérations placées à côté de la clé !).

À ce stade, il est déjà important de signaler que la mise en place rythmique doit être soignée car, quel que soit le tempo, il faut que la boucle s’insère parfaitement dans la mesure, car c’est finalement elle qui déterminera en fonction de sa signature, du tempo choisi et de la technique pianistique de chacun, ce qu’il est bon de faire ou de ne pas faire.

Dans cette mesure en 4/4, ce sont des croches qui régulent le rythme. Or, si vous choisissez par exemple de remplacer les 8 croches par 4 noires, il faudra aménager l’arpège en conséquence. Par exemple : la note à la main gauche suivie de fa #, la, ré (sup.) à la main droite. En conséquence, pour reproduire l’effet de l’arpège qui monte et qui redescend, vous devrez utiliser 2 mesures.

Il est aussi possible de réaliser des variantes rythmiques à l’intérieur d’une même mesure. Par exemple des croches mélangées à des doubles-croches. Cependant, ce genre de variations demande beaucoup plus d’expériences musicales et un sens de la métrique beaucoup plus développé.

Tous mes commentaires laissent entrevoir que l'accompagnement arpégé doit être abordé plutôt en douceur que frontalement.

L’arpège est un excellent procédé technique quand on souhaite mettre en valeur de subtiles variations mélodiques et harmoniques (cf. Bach et son 1er prélude). Il trouve sa place notamment dans les tempos lents, genre ballade et slow où il fait merveille.

Accompagnement en arpège sur un slow type années 60 (source)


Le second exemple ci-dessous propose un accord de Si mineur présenté d’une façon différente avec toujours l’effet d’escalier montant et descendant :

  • 1 - L’arpège utilise un plus grand ambitus à la main gauche : fondamentale, quinte et octave (jeu en octave classique).
  • 2 - L’arpège utilise un renversement de l’accord de Si mineur commençant par la tierce mineure.

A présent mélangeons les arpèges de Ré majeur et de Si mineur

Le résultat sonore devient tout de suite musical. Bien entendu, vous êtes libre d’effectuer chaque changement d’accord comme bon vous semble, à chaque mesure ou au bout de trois ou quatre mesures. Le principal est d’avoir un jeu régulier. Travaillez d’abord à 50/60 bmp pour parvenir à 100 bmp. Une fois l’enchaînement des deux accords maîtrisés, je vous conseille d’utiliser la pédale forte pour apporter plus de rondeur sonore : appui sur le 1er temps et relâchement à chaque dernière croche de la mesure.

Remarque : le choix du renversement proposé dans l’accord de Si mineur est judicieux, car il permet un mélange sonore plus agréable avec l’accord de Fa majeur. La raison provient des notes communes aux deux accords ( et fa #) mais également du renversement choisi pour le Si mineur.


DANS UN OBJECTIF D'ACCOMPAGNEMENT

Le travail de l’arpège au piano, dans un objectif d’accompagnement, peut se dérouler simplement de cette façon, en utilisant un jeu dissocié comme dans cet exemple :

Sur la base des accords Sol mineur et Fa majeur, la main droite exécute les accords brisés correspondants en partant de leur état fondamental (ce n’est pas une obligation : tout dépend des enchaînements d’accords), tandis que la main gauche développe des notes de basse (fondamentale/quinte/octave)

Le fait d’avoir un jeu différent sur chaque main demande une plus grande attention. Je conseille pour des débutants de travailler d’abord chaque partie mains séparées avant de les joindre. Je vous conseille également d’utiliser le battement de pied marquant la noire. Cela vous aidera à cadrer le rythme de façon précise.


ALLER PLUS LOIN

Quand vous aurez maîtrisé ces deux dernières séquences, je vous conseille de tester d’autres positions pour ensuite analyser le résultat obtenu. Prenez de l’initiative !

Vous pourriez, à titre d'exemple, travailler ces suites d’accords en boucle :

DO / LA min / FA / SOL et celle-ci : DO / SOL min / SI b / Fa.

  • 1 - Cherchez les notes communes avec l’accord qui suit.
  • 2 - Trouvez des renversements différents pour chaque accord afin d'alterner les écarts entre les notes (tantôt serrés, tantôt écartés d'un accord à l'autre).
  • 3 - Transposer vos résultats dans d’autres tonalités pour vous perfectionner techniquement.

Beaucoup de travail en perspective, mais aussi un travail qui vous permettra de développer en parallèle la technique pianistique et la créativité. Finalement, un travail très gratifiant !

  par ELIAN JOUGLA