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LES QUESTIONS DU CANDIDE



APPRENDRE À COMPOSER - DEVENIR UN COMPOSITEUR

Pour une meilleure compréhension du sujet, vous devez avoir pris préalablement connaissance du sommaire LES PRATIQUES MUSICALES où sont décrits les points en commun des différentes disciplines.



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LES GOÛTS ET QUALITÉS

  • 1 – Avoir des idées mélodiques et harmoniques qui vous trottent dans la tête.
  • 2 – Etre réceptif à un maximum de styles musicaux.
  • 3 – Etre perfectionniste : créer, assembler, tester, mais aussi recommencer.
  • 4 – Y croire !

LES DEVOIRS

  • 1 – Posséder des bases en écriture musicale… C’est préférable !
  • 2 – Avoir une bonne ‘oreille’.
  • 3 – Jouer d’un instrument polyphonique (guitare, piano, plutôt que flûte ou violon)
  • 4 – Avoir une technique instrumentale adéquate.

LA COMPOSITION SUR LA SELLETTE...


QUE VEUT-DIRE COMPOSER ?

« Faut-il avoir un don ou des dispositions particulières pour composer de la musique ? »

Celui qui compose est souvent mal placé pour y répondre, car derrière le mot ‘composer’ se cache aussi bien un auteur de symphonies ou d’opéras qu’un auteur de chansons. Pour y voir clair, il ne faut donc pas mettre en comparaison un Mozart ou un Debussy avec un Jean-Jacques Goldman ou un M. Dupont. De même, il serait déplacé de vouloir comparer, pour ne pas dire évaluer, la Cinquième symphonie de Beethoven avec une chanson enfantine comme Sur le pont d’Avignon ; l’une et l’autre de ces œuvres ayant historiquement une importance tout aussi grande, mais avec des objectifs différents.

Pour comprendre la teneur d’une composition, sa qualité, il faut donc comprendre sa différence sans s’attacher à sa complexité ou à son ambition, car dans le cas contraire, on aboutit le plus souvent à une sorte de discrimination musicale qui, hélas, existe encore trop souvent de nos jours.

La conséquence d’une telle prise de position sera de compartimenter les œuvres musicales suivant une échelle de valeur absolument subjective, répondant davantage à des critères codés et à des connaissances musicales parfois/souvent élitistes, donc réductrice pour le commun des mortels. Un véritable piège, dont la synthèse peut se résumer à ceci : musicalement, il est plus difficile de faire simple et efficace que le contraire. Un argument dans lequel les compositeurs dits ‘commerciaux’ s’impliquent totalement, tout en ne lui répondant pas toujours. Bien sûr, ceux qui écrivent de la musique dite ‘savante’ et avant-gardiste voient dans cette affirmation une puérilité, même si à leur dépend, la grande majorité du public adhère plus facilement au répertoire des grands classiques écrit par Mozart, Beethoven ou Chopin, plutôt qu'à celui de Varèse ou de Ligeti.

Schématiquement, nous pourrions dire que le compositeur classique poursuit un chemin cérébral que conteste l’auteur de chansons, sous prétexte de servir bien mieux la musique quand celle-ci doit rimer avec popularité. Quant au compositeur de jazz, depuis des lustres, c’est un auteur insaisissable… Les ponts qu'il relie entre l'improvisation et la composition sont souvent dilués dans des paraphrases et des interprétations aux contours éphémères ! Sauf à vouloir écrire pour des instruments en particulier ou un big band, le compositeur de jazz se contente, le plus souvent, du minimum imposé. C'est-à-dire, la ligne mélodique accompagné de l'harmonisation.

Bref, pour comprendre ce que signifie composer, le plus simple est de concevoir cet acte créatif comme une suite d’idées mise bout à bout, à la façon d’un puzzle qui construirait une image sonore, et à rien d’autre. Tout le reste appartient à des formes d’habillage, à des enrobages qu’autorisent les connaissances théoriques et les techniques d’écritures : contrepoint, harmonisation, arrangement, orchestration...

Pour bien comprendre l’importance de ce qui vient d’être dit, le plus simple est de prendre un exemple, celui de la célèbre mélodie de l’Ode à la joie appartenant au 4e mouvement la 9e symphonie de Beethoven. Celle-ci peut être jouée par un pianiste débutant, puisque la mélodie, toute simple, peut être accompagnée de seulement deux accords à la main opposée, alors que l’exécution de l’œuvre originale exige des dizaines de musiciens et choristes, et une toute autre écriture. Par voie de conséquence, il serait donc très facile de ridiculiser la grandeur beethovénienne si nous avions à notre connaissance uniquement la version simplifiée.

Cet exemple pourrait être repris sur l’ensemble des œuvres musicales, car il est toujours possible d'alléger une composition originale très structurée et très riche harmoniquement en modifiant ses écritures. La collection de partitions Pianino est l’exemple type de cette simplification des grandes œuvres du répertoire classique. Destiné à éviter les morceaux de piano infantile, elles permettent à un quasi débutant d’aborder sereinement aussi bien du Strauss que du Chopin ou du Liszt, mais sans posséder le niveau technique exigé par les versions originales. L’inverse est également vrai. Il est toujours possible d'enrichir une composition, de l'arranger, mais à condition de ne pas trop s’éloigner des idées maîtresses, notamment en respectant la mélodie.



LES MOYENS MIS À LA DISPOSITION DU COMPOSITEUR

« Comment devient-on compositeur ? »

On ne naît pas compositeur, mais on peut le devenir ! Cela se passe entre vous et la musique, d’abord de façon intime, au moment où l’on découvre les sons et que l’on ressent ce désir étrange de construire quelque chose de personnel. Ensuite, si l’on est en mesure d’élaborer intellectuellement ses idées musicales avec un aspect constructif, et si l’on est capable de les traduire en utilisant le langage des écritures, ou par défaut, en employant un système d'enregistrement, alors, ce qui n’était au départ qu’une suite d’idées désordonnées prendra l’aspect d’une composition structurée.

Dans une composition, il n’existe aucune limite dans le nombre des idées à fournir et dans leur façon de les organiser. Chaque compositeur élabore son propre style, sa propre ambition. Une composition peut être harmoniquement riche ou pauvre, mélodieuse ou pas, joyeuse ou triste, reposante ou agressive. Avant tout, elle est le reflet de la personnalité du compositeur ou de ses désirs à un instant précis de son existence.

Chez certains compositeurs – notamment en musique electro –, il arrive que le sens de la construction musicale consiste à défaire esthétiquement ce que d’autres s’évertuent à construire religieusement sous le regard bienveillant de quelques règles immortelles. Le sample est passé par là et il a insufflé d’autres façons d’élaborer et de construire la musique.

Généralement, les compositeurs jouent au moins d’un instrument. Cela offrira à ceux qui ne sont pas dotés d’une oreille absolue de composer mais aussi d'écrire leur musique. Les instruments polyphoniques comme le piano ou la guitare sont les plus pratiques ; surtout le piano qui offre l’avantage de séparer en même temps les idées harmoniques et mélodiques. Sur la guitare, c’est plus difficile, sauf si l’on a un bon niveau technique et que le style s'y prête (picking, par exemple), ou plus simplement, en chantant l’idée mélodique pendant que l’on joue les accords. Une autre possibilité est d’enregistrer l’accompagnement pour ensuite jouer la mélodie.

Il ne faut pas oublier les avantages de la MAO - musique assistée par ordinateur - qui permet tout à la fois de contourner les difficultés de la technique instrumentale et de faciliter la mise en œuvre des idées. Aujourd’hui, sans la MAO, de nombreux musiciens se proclamant ‘compositeur’ seraient tout à fait dans l’incapacité de produire et de construire certaines de leurs idées sans avoir recours à l’informatique. Fort heureusement pour eux, dans ce domaine, c’est le résultat final qui compte et non la façon de l’obtenir !

Autre point important : il est préférable que le niveau technique et les connaissances culturelles du compositeur soient en rapport avec ses ambitions créatrices. Ecrire une chanson est une chose, écrire une symphonie, c’est autre chose. Par exemple, le travail qui conduira un auteur de chansons à composer une suite pour piano se traduira le plus souvent par de l’expérience, mais aussi par des connaissances appropriées.

Il est également possible pour un compositeur de faire appel à un musicien arrangeur pour corriger les maladresses ou pour affiner certains détails mélodiques ou harmoniques ; le but final étant de rechercher un équilibre satisfaisant dans le déroulement de l’œuvre. Voir la fiche Devenir un arrangeur.



LE COMPOSITEUR, CÔTÉ THÉORIQUE

Théoriquement, le compositeur doit être en mesure d’élaborer des successions de notes qui répondent à son attente. Contrairement à l’improvisation, la composition n’est pas un acte de création instantané, mais un acte de création différée. Elle demande une toute autre approche. Il n’est pas rare d’avoir à corriger ou à supprimer un passage, voire tout recommencer si l’on n’est pas satisfait.

En fonction de ses connaissances musicales, le compositeur élaborera des accords s’harmonisant avec la mélodie trouvée. Il s’appuiera sur des règles d’harmonie, de théorie musicale et de culture afin de construire une entité répondant à une certaine esthétique sonore. Avec de l’expérience - car l’expérience dans le domaine de la composition a une énorme importance - il arrivera, peut-être, à créer son style, un style musical identifiable ou reconnaissable par un grand nombre de personnes. Ce sera, en quelque sorte, sa carte d’identité sonore qui construira peut-être sa renommée. En sachant écrire et arranger sa musique, le compositeur pourra concevoir l’exécution de son œuvre par un ou plusieurs interprètes, ce qui, dans la pratique, offrira une position médiatique plus confortable et une vulgarisation accrue (concert, par exemple).

Chaque style musical construit un langage qui lui est propre. La manière d’aborder l’écriture d’une chanson, d’un thème de jazz ou d’un morceau de piano aux couleurs classiques ne sont évidemment pas les mêmes. Le style implique un cheminement. Toutefois, pour ne pas restreindre sa liberté de pensée, ce cheminement ne doit pas enfermer le compositeur dans des règles d'écriture trop sévères .

COMPOSITION ET LIBERTÉ D’INTERPRÉTATION

La liberté est un paramètre important pour le compositeur, car le désir de créer une musique provient d’une soif d’entreprendre, d’oser. Parfois, alors que certaines règles structurelles évoluent avec le temps et incitent à utiliser d’autres techniques, au final, et pour conserver sa part de liberté, ce sera toujours le compositeur qui imposera le cap et les limites à ne pas franchir.

Lors de l’interprétation de son œuvre, le compositeur peut jouer la carte de la provocation en introduisant par exemple une part de liberté dans les écritures originales. Toutes les compositions ne sont pas forcément jouées à la note près ! C’est le cas des musiques dites ‘improvisés’ comme le jazz et le blues, qui accordent une place très limitée aux écritures, tout en revendiquant leur utilisation via les supports harmoniques (grilles).

Cela existe également en musique classique et baroque, mais sous la forme de basses chiffrées et de cadences. Des signes, des annotations, indiquent alors au musicien qu’elle est la marge de liberté auquelle il a droit. Evidemment, quand le compositeur est également l’interprète, la liberté lui appartient, et la frontière qui sépare l’improvisation de la composition devient extrêmement perméable.

Les exemples les plus frappants de cette perméabilité proviennent des musiciens de free jazz, capables de réinventer toutes les lignes conductrices de leur composition à chaque interprétation. Ainsi, d’une version à une autre, de nombreux repères sont modifiés, comme ceux des tensions sonores qui peuvent devenir très fluctuants, où ceux concernant la durée de l’exécution, qui varie en fonction de l’humeur et du besoin d’expression de chaque improvisateur.

MÉTHODES ET CONSEILS

Définissez vos objectifs de façon claire. Composer, c’est avant tout ordonner ses idées. L’expérience vous apprendra qu’il est difficile de faire simple tout en conservant à votre œuvre une bonne dose d’efficacité et de subtilité. Ensuite, il est rare qu’une composition voit le jour en un seul jet. Plusieurs étapes sont souvent nécessaires pour assembler phrases mélodiques et suites d’accords. Leurs organisations doivent satisfaire votre ego pour ne pas être ensuite rejetées.

Ne sous-estimez pas ce que vous faites, surtout si les premières expériences ne sont pas concluantes à vos yeux. Soyez persévérant… et oubliez les échelles de valeurs qui encombrent l’esprit. Par la suite, il sera toujours temps de sophistiquer vos idées premières en utilisant quelques enrichissements harmoniques et autres ruptures rythmiques inattendues.

En composition, ce sont les idées qui conduisent tout ou presque. Il n’existe pas de notion de temps. Les idées ne viennent pas sur commande, même si certains compositeurs préfèrent avoir un délai imposé pour stimuler leur créativité – cas, notamment, de certains compositeurs de musique de films et de publicité. Le stress peut procurer un côté libérateur en poussant le musicien dans ses retranchements, offrant parfois d'heureuses surprises, mais généralement, il est préférable de laissez le temps manœuvrer à votre place, car celui-ci se révèle généralement très instructif. En revenant à votre composition quelques temps plus tard, vous serez plus en mesure de faire votre propre autocritique. C'est indispensable, car le compositeur est comme un écrivain, des retouches, des ajustements sont souvent justifiés.

LE RÉSULTAT

Pour un musicien, si la composition n’est pas un passage obligé, c’est parfois une voie royale qui conduit à un aboutissement personnel. Composer, c’est se transporter dans une dimension qui dépasse le cadre même de la pratique instrumentale, c’est aller au-delà de la musique pour pénétrer au cœur de ses pensées profondes, de ses remises en question et de ses doutes, mais aussi de ses joies qui confinent au bonheur quand le but est atteint.

L’interprétation, même flamboyante ou audacieuse, n’aura jamais la même portée que la composition qui la nourrit, car fondamentalement l’homme est un être porté par l'acte créatif. Chacune de ses introspections, de ses interrogations l’incitent à poursuive un chemin dominé entre pureté et interdit. Dans le meilleur des cas, l’interprétation ne peut être qu'un reflet gratifiant pour le compositeur, une réponse personnelle à la puissance de ses idées. Il n’y a que l’improvisation qui soit à même de rivaliser, de créer le lien invisible, le tissu nécessaire à stimuler la pensée créatrice à un instant donné. L’âme du compositeur oublie le temps qui passe quand sa recherche le pousse à dépasser ses propres limites, et c’est en ça, que la composition possède des vertus uniques.

  par ELIAN JOUGLA



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L'AVIS DES INTERNAUTES

nom : Franck
message : Très bel article, très fin, très profond, et porteur de beaucoup de vérité. Compositeur moi-même, cet article, dans lequel je me reconnais comme dans un miroir, dissout le trouble et l'angoisse du créateur, qui doute et s'interroge, et assoit la confiance. Merci. (posté le 25/02/2018)

nom : Dominique Yvon
message : Bonjour. J'ai lu avec attention cet article qui m'a apporté beaucoup. Franchement très bien. Moi qui suis autodidacte, je joue un peu de guitare avec quelques connaissances d'accord et j'écris mes chansons, et je peux dire qu'avec de la passion et beaucoup de travail, on peut arriver à produire des petites choses très sympathiques. (posté le 03/12/2016)

nom : Jerry Adolphe
message : je remercie l'auteur de cet article. (posté le 02/12/016)

nom : Fabrice
message : j'aime vraiment les conseils que j'ai lus, vraiment c'est admirable. (posté le 02/10/2016)

nom : Jean-Manu
message : Bel article ! Bien écrit et motivant. (posté le 09/10/2016)

nom : Cimeo4
message : Article vraiment genial!!!! Merci (28/10/2015)

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