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HISTOIRE DE LA MUSIQUE : LES PIANISTES DE JAZZ



LENNIE TRISTANO, UN PIANISTE DE JAZZ PEDAGOGUE

Amoureux de Jean-Sébastien Bach, Lennie Tristano développe un phrasé d'une grande précision, tout en gardant intacte la spontanéité des improvisations. Partant de standards choisis, il enrichit ses compositions d'une rythmique étudiée.
Il est le créateur d'une école dont l'apprentissage de la musique privilégie l'écoute et l'analyse des grands musiciens. Parfois accusé de froideur et d'intellectualisme, bien à tort, il est un musicien d'une importance capitale.


LES DATES IMPORTANTES DE LA VIE DE LENNIE TRISTANO


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  • 1919 - Lennie Tristano est né à Chicago, dans l'Illinois, dans une famille modeste d'immigrés italiens. A 9 ans, il contracte la grippe espagnole qui lui fera perdre la vue. Pratiquement aveugle à neuf ans, sa mère commence à lui apprendre le piano. L'année suivante, il est placé dans un établissement spécialisé pour aveugle où il continue d'étudier le piano ainsi que d'autres instruments, comme le saxophone, la clarinette et le violoncelle. A 19 ans, il est capable de jouer correctement de plusieurs instruments de musique et il poursuit sa formation à l'American Conservatory de Chicago d'où il sort diplômé en 1942. Il suit également une formation à la Christiansen School of Popular Music, toujours à Chicago. Il finance ses études en se produisant avec des formations de dixieland et de mambo, et en jouant du piano solo dans des bars.
    Fasciné par la musique de Jean-Sébastien Bach, il s'intéresse à la musique de jazz et écoute des pianistes comme Earl Hines et Art Tatum, mais également Louis Amstrong qui est pour lui une référence. Toujours en 1942, il commence sa carrière professionnelle en jouant dans un orchestre de danse.
  • 1943 - Lennie Tristano enseigne dans une école de musique de Chicago, la Christensen School of Music où il rencontre le jeune saxophoniste Lee Konitz qui sera son premier disciple. Il forme sa première formation, de style dixieland, bien que Lennie Tristano soit déjà attiré par le be-bop de Charlie Parker. Sa connaissance de différentes musiques comme le classique, le jazz traditionnel et le bop va l'aider à construire son style.
  • 1945 -Lennie Tristano épouse la chanteuse Judy Moore. La même année il enregistre son premier disque au sein du sextet d'Earl Swope (tb).
  • 1946 - Lennie Tristano enregistre sous son nom quatre titres en piano solo, basés sur des grilles de standard revisitées par ses soins. Le bassiste Chubby Jackson fait venir le pianiste à New York, où ce dernier donnera des cours privés et enregistrera en 1946/47 quelques disques en solo et en trio avec le guitariste Billy Bauer. Ses concerts dans les clubs Three Deuces et Birdland lui valent non seulement les faveurs du public mais aussi celles des musiciens et des critiques.
  • 1947 - Il est consacré meilleur pianiste de l'année par les lecteurs de la revue Metronome. Lennie Tristano se taille en peu de temps une réputation de rénovateur du cool jazz et de pionnier du free jazz. La "lutte pour la musique pure" devient son cheval de bataille. Il enregistre sous différentes formules (solo, trio, combo) et se produit avec le tromboniste Bill Harris, le clarinettiste John LaPorta, le saxophoniste Charlie Parker et le trompettiste Dizzy Gillespie.
  • 1948 - Lennie Tristano se consacre d'avantage à l'enseignement et déserte les studios d'enregistrement.
  • 1949 - Il retourne dans les studios Capitol et Prestige pour graver des disques qui feront date dans l'histoire du jazz. D'abord avec Lee Konitz (sax) au sein d'un combo et ensuite en sextet toujours avec Lee Konitz, accompagné de Whane Marsh (sax) et de Bauer à la guitare. Lors d'une séance, les musiciens enregistrent les pièces Intuition et Digression qui sont les deux premières tentatives d'improvisation atonale de l'histoire du jazz.
    La même année, il participe, pour le compte du magazine Metronome, à un orchestre occasionnel réunissant les nouvelles figures du jazz moderne, dont Parker, Gillespie, Miles Davis, Buddy DeFranco et Shelly Manne.
  • 1950 - Suite à une séance organisée par la revue Metronome au résultat décevant, Lennie Tristano quitte le devant de la scène pour se consacrer davantage à l'enseignement. Il enregistre très peu entre 1950 et 1955. Toutefois, grâce au petit studio qu'il a fait construire à Manhattan (le 17 East 32nd Street), Lennie Tristano va enregistrer quelques pièces en piano solo à la sonorité très provocante pour l'époque. Descent into the Maeltröm, en est l'exemple type, avec sa suite d'accords à la consonance atonale.
  • 1955 - Lennie Tristano enregistre toujours dans son propre studio en improvisant sur des accompagnements préalablement enregistrés par un contrebassiste et un batteur. La bande magnétique est ralentie pendant l'enregistrement de la partie de piano, pour être ensuite accélérée au moment du pressage pour donner aux improvisations de Tristano une plus grande densité. A l'instar d'un Dave Brubeck, il n'hésite pas, lui aussi, à utiliser des signatures rarement utilisées dans le jazz de l'époque (mesures en 5/8, 5/4, 7/8).
  • 1962 - Il enregistre l'album The New Tristano, chez Atlantic qui réunit des pièces en piano solo et enregistrées dans son studio entre 1958 et 1962. Ce disque constitue le dernier témoignage majeur des théories musicales chères au pianiste.
  • 1965 - Continuant à n'accepter que rarement des engagements, il se déplace quand même en Europe pour une tournée ultime. Ensuite, Lennie Tristano ne se consacre plus qu'à l'enseignement pour devenir peu à peu une personne aigrie, rejetant le jazz qui se pratique à l'époque. Il s'enferme alors dans une solitude jusqu'à sa mort.
  • 1973 - Daniel Berger, en France, et Jan Horne, en Norvège, lui rendent hommage dans des films.
  • 1978 - Lennie Tristano décède à New York, le 18 novembre 1978.

LE STYLE LENNIE TRISTANO

Chercheur et théoricien mis en contact avec les grandes œuvres de la musique classique moderne et particulièrement de l'école viennoise qui a ouvert la porte à l'atonalité, Lennie Tristano a inauguré un nouveau langage musical, intellectuel certes, mais qui, sous une apparente froideur, ne manque pas de vivacité. Les principaux reproches que l'on adresse à ses œuvres tiennent au fait qu'elles ne sont pas jouées avec un swing réellement efficace et que l'humour en est presque absent.

Sa virtuosité proche de celle d'Art Tatum fascine entre autres le saxophoniste alto Lee Konitz et le guitariste Billy Bauer, avec lesquels il travaillera souvent par la suite. Tristano est également marqué par les pianistes Earl Hines, Teddy Wilson et Bud Powell. Il déclare un jour : "Il faut s'imprégner de tous les grands musiciens, indépendamment de l'instrument dont ils jouent. Car ce ne sont pas les notes qui font le jazz, mais le feeling derrière tout ça". L'improvisation en jazz est essentielle à ses yeux. Avec Lee Konitz, Tristano exerce pendant longtemps une influence sur des jazzmen même de l'autre côté de l'Atlantique, comme Albert et Emil Mangelsdorff, Jutta Hipp et Hans Koller.

La musique de Tristano est basé, tout comme Jean-Sébastien Bach, sur un travail poussé de l'harmonie, par le jeu des substitutions, la présentation des accords (voicing), un phrasé particulier avec de longues phrases peu accentuées et une utilisation de la polytonalité, peu usitée dans le jazz des années 1950. Cette approche innovante permet à Lennie Tristano de rassembler, petit à petit, un nombre croissant de musiciens fidèles à sa vision musicale.

Le critique Barry Ulanow évoque ainsi Lennie Tristano : "C'étaient de longues lignes cheminant côte à côte, une continuité étudiée, un contrepoint improvisé avec certains passages frôlant l'atonalité, le tout soudé par le swing. Une fraîche et vraie démonstration que le jazz peut suivre un développement parallèle à celui de la musique classique sans vraiment lui être inféodé", tandis que Lenny Popkin(sax), un de ses élèves, dit de son travail : "C'est de l'harmonie free, mais c'est de l'harmonie. C'est là où je fais la distinction entre le free de Tristano et ce qu'on a appelé plus tard le free jazz, la rencontre de musiciens qui, le plus souvent, soufflaient chacun de son côté. Chez Lennie, l'harmonie, la mélodie et le rythme ont une égale importance, de même la communion d'esprit entre les musiciens. Il joue les mêmes éléments que les gens qui joue des standards."


LENNIE TRISTANO- LOVER MAN


Tristano est une figure particulière dans l'histoire du jazz, à la fois très importante et marginale. Ses théories ont inspiré une multitude de musiciens, pas seulement ses élèves. Même s'il n'a pas eu vraiment "d'héritiers directs" (à part peut-être, une de ses fidèles élèves, la pianiste Connie Crothers, il a influencé de nombreux jazzmen. Pour exemple, Bill Evans à l'esthétique pourtant pour le moins éloignée de celle de Tristano a toujours revendiqué ce dernier comme une de ses influences. Preuve s'il en est que son influence est toujours vivante, récemment deux pianistes français (Stéphan Oliva et François Raulin) ont enregistré deux remarquables albums en hommage à la musique de Tristano.

C'est surtout parmi ses élèves qu'on trouve la trace la plus concrète de l'originalité de ce qu'on a parfois appelé "L'école Tristano". Parmi les musiciens ayant étudiés avec le pianiste on peut citer, outre les plus fidèles Lee Konitz, Warne Marsh et Billy Bauer, les jazzmen comme Herbie Mann, Bill Russo, John LaPorta, Cy Touff, Sal Mosca, Don Ferrara, Ted Brown, Lenny Popkin, Ronnie Ball, Sheila Jordan, Jeff Morton, plus ponctuellement Harold Danko, Dave Liebman, Phil Woods, Al Levitt, Eddie Gomez et même le vétéran Bud Freeman. Pour l'anecdote le guitariste de rock Joe Satriani a brièvement étudié avec Tristano et Charlie Mingus, même si ce dernier s'en est toujours défendu, semble avoir lui aussi suivi l'enseignement du pianiste.

QUELQUES COMPOSITIONS

  • Abstraction
  • Appellation
  • April (I'll remeber april)
  • Back home (Indiana)
  • Becoming (What is this thing called love)
  • C minor complex (Pennies from heaven)
  • Confucius blues (blues)
  • Cool boogie (Out of nowhere)
  • Continuity (I'll remember april)
  • Freedom (blues)
  • Glad I am (Yesterday)
  • I found my baby (I found a new baby)
  • Juju (Indiana)
  • Lennie-Bird (How high the moon)
  • Line up (All of me)
  • My baby (My melancoly baby)
  • On a planet (Don't blame me)
  • Out of a limb (Honeysuckle rose)
  • Palimpset
  • Parallel (Tea for two)
  • Progession (Lullaby of Birdland)
  • Retrospection (These foolish things)
  • Scene and variation (My melancoly baby)
  • Supersonic (What is this thing called love)
  • Spontaneous combustion (These foolish things)
  • This is called love (What is this thing call love)

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