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PÉDAGOGIE



MOUVEMENTS ET ARTICULATION DES MAINS ET POIGNETS AU PIANO

Faisant suite aux conséquences de l’étendue du clavier et à l’impact technique lié à l’enfoncement des touches, cette troisième partie est en fait le prolongement de la première partie qui évoquait la position face au piano en abordant ici les conséquences directes de la tenue des mains et du rôle joué par les poignets et les avant-bras sur le jeu du pianiste.


LA MAIN ET SES DOIGTS

La première question qui vient à l’esprit est la suivante : « Existe-t-il une position idéale des mains sur le clavier ? » Étant donné la différence morphologique de nos mains (mains trapues, longs doigts effilés ou pas, paume large ou étroite, etc.) et la puissance physique de chacun (dynamique de jeu), sans oublier le clavier qui peut être plus ou moins lourd au toucher, vous avouerez qu’il est bien difficile de cibler une position idéale qui conviendrait à tout le monde.



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Pourtant, malgré ces différences notables (et bien d’autres), de nombreuses pédagogies idéalisent une position qui serait dite « naturelle » en se basant sur la différence de force et d’agilité entre les doigts extrêmes de la main : le pouce et l’auriculaire. Ce constat, qui a rapidement mis en place tout un arsenal d’exercices afin de compenser ce déséquilibre, ne peut évidemment pas chasser ce « naturel » qui revient au galop dès que l’on cesse de le travailler.

La plupart des pianistes jouent sur deux inclinaisons de la main : celle qui favorise le pouce, bras refermé, et celle qui donnera plus de puissance au 5e doigt en tournant légèrement la paume de la main vers l’extérieur avec les bras écartés. Cette dernière position est la moins contraignante, donc la plus « reposante » pour un pianiste qui aborde des traits techniques sollicitant le doigt le plus faible de la main.

La littérature pianistique n’épargnant en rien le 5e doigt, le pianiste aura tout intérêt à s’en préoccuper sans attendre. Si l’auriculaire sert parfois à conclure une fin de phrase, il est très souvent sollicité quand la main joue des accords ; presque autant que le pouce. Il est donc important de lui apporter du tonus en travaillant notamment des extensions (l’octave étant le minimum souhaité) et des tenues visant à le renforcer.

Un 5e doigt plus fort favorisera l’assise de la main et un meilleur équilibre sonore global quand plusieurs doigts seront sollicités en même temps. À ce stade, il est bon de faire remarquer que quand la main en extension est trop tendue (trop à plat), il est plus difficile de prendre le contrôle de la sonorité du 5e doigt. Cela l’est encore bien d’avantage quand le 4e doigt est associé… question d’indépendance musculaire ! La dernière phalange du 5e doigt (la phalangette) doit conserver un angle d’attaque légèrement recourbé pour bien ressentir l’enfoncement de la touche comme le font les autres doigts.

Comme évoquée dans la leçon 'La technique des gammes au piano', la morphologie des doigts de la main n’est pas vraiment adaptée à la configuration des touches blanches et noires. La gamme de do majeur est par exemple l’une des plus difficiles à réaliser proprement à la main droite comme à la main gauche, ce qui complique d’autant la tâche du pianiste débutant qui joue souvent des morceaux en Do et dans les tonalités voisines que sont le Fa (1 bémol) et le Sol majeur (1 dièse).

À consulter : La taille des mains au piano.

© pixabay.com - Position classique : main droite fermée, doigts arrondis, et main gauche ouverte, en extension jouant une octave.


LE RÔLE DU POIGNET

Au piano, chaque mouvement imprimé à une conséquence sonore. Porter son attention sur les doigts de la main est certes important, mais faire de même avec le poignet l’est tout autant. Le poignet agit parfois comme une catapulte en accélérant le mouvement du doigt vers la touche. De fait, et en fonction de sa souplesse naturelle, il sera plus ou moins aisé d’ajuster avec précision la dynamique (la force de frappe). Que le jeu exercé sur le clavier soit horizontal (gamme) ou vertical (arpège), le poignet est toujours sollicité en guidant la main pour que celle-ci reste constamment dans l’axe des touches quelle que soit sa position sur le clavier (rotation du poignet à l'horizontale).

L’autre grande sollicitation du poignet intervient au moment d’attaquer les touches à bonne hauteur du clavier (jeu piqué, par exemple). La rotation du poignet s'exerce alors de haut en bas. Dans ce type de mouvement, un poignet naturel trop souple peut rapidement devenir un problème très handicapant lors de l’exécution d’un trait rapide en staccato. Le résultat est un peu à l’image d’un mauvais amortisseur de voiture qui ne permet pas de « coller » à la route. Dès lors, il devient impossible d'exécuter proprement ce type de trait technique. Les doigts, lors de leur détente et à cause du poignet trop souple, s’écartent de leur trajectoire et viennent frotter les touches voisines. Toutefois, dans la majorité des situations techniques et en fonction de l'handicap rencontré, il est capital de ne pas chercher à raidir le poignet. Pour guider correctement le déplacement de la main sur le clavier, le poignet doit rester souple, sans créer de tensions musculaires inutiles (raideur, éventuellement des crampes).

Le poignet est aussi d’une grande utilité pour faciliter le passage du pouce ; rouage essentiel de la technique pianistique quand on doit déplacer les doigts sur les touches du clavier. Sans aborder les différentes phases techniques du ‘passage de pouce’ (après le 3e, 4e, voire le 5e doigt), on peut d’ores et déjà affirmer qu’il est toujours plus facile de passer la main au-dessus du pouce (avec une rotation du poignet) que de passer le pouce sous la main (avec un mouvement latéral du poignet).

© pixabay.com - Préparation par anticipation à un passage de pouce après le 3e doigt.

Bien que facile à mettre en place, le principal ennemi du 'passage de pouce' est de prendre un appui trop prononcé sur le pouce au moment de son utilisation ; le pouce étant par nature un doigt puissant et peu souple. À l’écoute, il en résultera une accentuation sonore qu'il sera difficile d'éliminer sans un travail spécifique le concernant.


LE RÔLE DE L’AVANT-BRAS

En amont du poignet, nous avant l’avant-bras. Ce dernier sert à renforcer le travail réalisé par le poignet, et tout comme lui, à corriger la position de la main en s’écartant plus ou moins du buste (rotation latérale). Il aide notamment les doigts de la main à devenir plus indépendants afin de permettre une meilleure réalisation des grands écarts sans rompre la continuité sonore (arpège, par exemple). Ce mouvement rotatif de l’avant-bras trouve aussi son utilité lors des sauts latéraux qui atteignent les extrêmités du clavier (par exemple dans le jazz avec le piano stride ou en classique dans la musique romantique de Chopin ou de Liszt).

L’appareil pianistique, qui va de l’avant-bras en passant par le poignet jusqu’aux doigts, doit réaliser chaque geste imposé avec une parfaite maîtrise. Pour réaliser des traits pianistiques difficiles, il faut les anticiper et prendre de la hauteur au sens propre comme au sens figuré. Tant que les doigts restent au contact des touches, il est difficile de détenir des « empreintes », des « formes mémorisées » qui permettent de réaliser immédiatement et proprement un accord ou une suite de notes en octave.

Toute prise d’accords nécessite une anticipation par mouvement vertical. Chez les pianistes de jazz, pour qui les accords sont essentiels au développement de leur jeu de main gauche, l’empreinte majeure s’articulera autour de l’intervalle de tierces (accord : fondamentale, tierce, quinte, septième). Concernant l’intervalle d’octave, très présente dans la littérature pianistique, la tenue (pouce et 5e doigt) dépend avant tout de la solidité de la voûte de la paume à maintenir la constance de l’écart, mais aussi de l’action exercée par le poignet et l’avant-bras qui doivent intervenir dans un mouvement combiné et solidaire.

par ELIAN JOUGLA


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