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LE PIANO AU CINÉMA



CLINT EASTWOOD - PIANO BLUES

POUR LA SORTIE DU FILM 'PIANO BLUES'
CLINT EASTWOOD ÉVOQUE SA PASSION POUR LA MUSIQUE

Fats Domino est venu dans le Wyoming quand nous tournions Any Which Way You Can. Il a commencé à jouer une de ses chansons, I Want to Walk You Home, sur un piano à queue. Tout à coup, tout le monde s'est arrêté pour regarder passer une dizaine de rennes, de l'autre côté de la colline. Ils restaient plantés sans bouger, leurs têtes inclinées du côté d'où venaient les sons. Dès que Fats a cessé de jouer, ils sont repartis. Ils étaient fascinés. Tout le monde aime le blues.

Je crois que la musique joue un rôle très important dans un film en ponctuant l'action. Le silence peut aussi jouer un rôle crucial. J'ai fait beaucoup de films où j'ai eu la chance de pouvoir incorporer du jazz et du blues - deux des plus grandes formes artistique de l'Amérique.

Quand j'étais petit, la musique était omniprésente. Quand Fats Wallers est mort, ma mère a apporté à la maison une collection de ses disques en disant qu'il n'y aurait plus jamais rien de lui. J'ai appris à jouer du piano en écoutant ses disques et en essayant d'imiter les artistes de jazz et de blues de cette époque là. J'ai joué un peu de boogie-woogie, du jazz et du be-bop. J'ai toujours aimé l'image du pianiste dans mes films. Il s'assied, joue, raconte son histoire. Puis il s'en va, laissant la musique parler.


Ma passion pour le blues a continué quand j'ai grandi à Oakland, Californie. J'ai écouté les grands pianistes : Art Tatum, George Shearing, Dave Brubeck, Oscar Peterson et Erroll Garner, ainsi que les joueurs de boogie-woogie, comme Clarence, Pine To Smith, Albert Ammons, Pete Johnson, Meade Lux Lewis et Jay McShann. La scène musicale permettait la cohabitation de divers styles et genres, y compris le gospel, car c'est là je crois, que le blues est né, dans les églises du Sud.

Il y a quelques années, j'ai eu le plaisir de jouer sur le même programme que Jay McShann au Carnegie Hall. Je devais interpréter After Hours de Avery Parrish au piano. Ca faisait des années que je n'avais pas joué cette chanson. En fait, Jay devait venir me rejoindre sur scène et prendre ma place au piano pour finir le morceau. J'avais dit : "Assurez-vous qu'il viendra me relayer au bon moment." Et me voilà sur scène, en train de jouer ; le temps passe, et je m'aperçois que j'ai fini… et que Jay n'est pas venu. Plus tard, il m'a avoué : "Tu avais l'air de bien t'en tirer, alors je t'ai laissé finir."

Récemment, j'ai demandé à Jay Mc Shann : "Est-ce que tu dirais que tu es heureux ?"... "Plutôt heureux, m'a-t-il répondu ; mais parfois, ce n'est pas en regardant que tu vois". En faisant ce film sur le piano blues, je voulais que la caméra regarde ; mais je ne voulais pas qu'elle nous empêche de voir.

Clint Eastwood

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