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LE PIANO PLEYEL LIRICO, UN PIANO DESIGN

Pas toujours facile de réinventer les lignes d’un piano à queue ! Son allure semble inscrite à tout jamais dans le temps. Par le passé, des designers ont tenté l’aventure : Hilton McConnico, un artiste adepte de l’événementiel qui a travaillé pour le cinéma, les musées et la com, ou bien Andrée Putman, personnage atypique qui a navigué dans de nombreuses formes artistiques comme la mode ou la décoration.


LE PIANO PLEYEL LIRICO


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Pour le modèle Lirico, la célèbre marque de piano Pleyel a fait appel à un architecte italien Michele De Lucchi. Connu pour sa création de la lampe Tolomeo et de la chaise First aux formes arrondies, De Lucchi est un adepte du design radical, un concepteur d’objets à usage domestique. Son approche esthétique du piano est donc toute nouvelle pour lui, même si par le passé, l’artiste s’est souvent tourné vers l’artisanat d’art. Avec le piano Lirico, on retrouve les formes rondes, les formes colorés, voire joyeuses que le créateur encourage. Michele De Lucchi a une devise : ‘On ne peut avancer dans l’idée de modernité que si l’on sait d’où l’on vient‘.


DES FORMES POUR ATTIRER LE REGARD

Sur le piano à queue moderne, des formes arrondies sont déjà présentes. La caisse de résonance et le couvercle du clavier possèdent leurs courbes et contre-courbes depuis fort longtemps. Aussi, au lieu de focaliser son attention sur ces parties-là, De Lucchi a préféré travailler sur d’autres parties généralement moins sensibles au regard.

Le résultat du travail conduit par le designer est d’offrir un piano tout en contraste. La ceinture noire laquée et le cadre gris anthracite de l’instrument viennent s’articuler autour des éléments en bois massif naturel, presque nus. Ces nouvelles lignes élancées ont un but : celui d’attirer notre regard et de nous interroger sur ce qui nous entoure. C’est là, une des missions de l’artisanat d’art. Sauf qu’ici, l’enjeu créatif est différent, voire plus difficile, car le créateur transforme, modifie, amplifie à partir d’un objet déjà préexistant et à l’apparence déjà ancrée dans l’inconscient collectif. L’équilibre qui pourrait faire défaut, entre une approche esthétique trop sobre et un lyrisme créatif trop agressif, semble conduire les pas de De Lucchi. Dans un tel cas, il faut oser sans trop oser. C’est pour le créateur une source d’interrogation, de réflexions profondes.

Les pieds, la lyre (pédalier du piano), le porte-partition et la barre de soutien du couvercle, deviennent dans l’esprit du créateur des éléments à repenser, à redessiner. Ils agissent comme des objets d’environnement, posés tout autour des parties séculaires de l’instrument que sont le clavier, la table d'harmonie et le couvercle. Son approche créative respecte les parties vitales de l’instrument. La sonorité du piano Pleyel n’est pas altérée et conserve ainsi toute sa personnalité.

Supportant la masse imposante de l’instrument, les pieds sculptés font penser à des chevalets posés à l’envers, tandis que les lignes de la lyre, aux formes arrondies et évasées, nous rappellent l’instrument antique. Tout ceci semble banal, pourtant un mouvement aérien existe bel et bien. Une certaine grâce s’empare de l’instrument. Entre les mains de De Lucchi, le piano devient un objet d’art contemporain aux formes élégantes.

Pour ceux qui trouvent le design encore trop sage ou au contraire trop agressif, le piano Lirico existe en de multiples déclinaisons. Les attributs en bois massif naturel peuvent être proposés avec des couleurs fluorescentes (jaune, orange et verte), dorés à la feuille d’or ou peints d’un noir laqué.



LE LIRICO, UN MODÈLE D’EXCEPTION

Le modèle Lirico s’apparente davantage à une œuvre d’art qu’à un banal piano de concert. Pour la marque de piano Pleyel, c’est avant tout un objet de prestige, un modèle d’exposition mettant en avant tout le savoir-faire d’une main d’œuvre qualifiée. Nul doute que sur scène l’instrument aura sa place et produira son effet quand des faisceaux lumineux viendront caresser ses formes arrondies ou qu’une caméra plongera dans les détails de ses courbes élancées.

Le Lirico est un objet d’exception qui demande plusieurs mois de travail pour être réalisé dans les ateliers Pleyel de Saint-Denis. Pour acquérir l’instrument, il vous faudra débourser la somme de 90 000 €. Mais un tel prix est-il justifié ? Les prix des piano Pleyel sont souvent élevés (entre 25 000 et 45 000€ pour des pianos quart de queue provenant d’expositions) et quand le design est unique, comme pour le modèle Lirico, le prix grimpe à une vitesse fulgurante. On n’ose penser à sa valeur, si dans l’avenir l’instrument devient un modèle de collection !

Une telle somme va à l’encontre d’un design qui se voudrait démocratique, accessible à tous. En s’inscrivant dans les modèles de piano d’exception, le Lirico se condamne peut-être, mais condamne surtout la très grande majorité des pianistes à seulement le voir, l’admirer et, avec un peu de chance, à l’écouter. Dommage, dommage !

  par ELIAN JOUGLA (03-2012)