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HISTOIRE DE LA MUSIQUE ET DES INSTRUMENTS



LES PIANOS ÉLECTRIQUES ET ÉLECTRONIQUES DES ANNÉES 60/70, BALDWIN WURLITZER RHODES...

À la fin des années 60, alors que la musique pop est à son apogée, l’orgue électrique demeure encore très présent dans les groupes de rock où son rôle est de « remplir » l’espace sonore comme le ferait un ensemble à cordes. Ce n’est qu’au début des années 70, avec l’arrivée du jazz-rock et des pianistes de la trempe de Chick Corea et Herbie Hancock que le piano électrique va finalement s'imposer...


PIANOS ÉLECTRONIQUES ET PIANO ÉLECTROMÉCANIQUES : MISE AU POINT


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Quand on évoque le piano électrique, il faut d’abord distinguer deux catégories : le piano électronique et le piano électromécanique.

Dans les années 60, les pianos électroniques tels que le « Band Piano » Welson, le « Compact Piano » Crumar, le piano « Elka » ou encore le « Professional Piano » Farfisa, le plus riche en sonorités, vont être présent aux côtés de l'orgue comme instrument accessoire.

Ce type de clavier fonctionne généralement sur la base de 12 oscillateurs ; chacun associé à une note de la gamme chromatique. Le marteau est remplacé par un contact électrique identique à celui d’un orgue électrique, mais avec la différence que chaque oscillateur est réglé pour obtenir un son très percutant qui s’atténue progressivement comme celui du piano.

Le piano électro-mécanique, quant à lui, possède un mode de fonctionnement qui rappelle quelque peu le piano acoustique. L’électronique n’intervenant que pour amplifier le signal émis par la vibration d’une tige, d’une lamelle ou d’une corde en métal. Le « Clavinet » Hohner, le Wurlitzer « P 200 », le Baldwin « Electro-Pro » et le Fender « Rhodes » appartiennent à cette catégorie.


LES CLAVERS ÉLECTRONIQUES COMPACT

C’est d’abord le 'piano électronique compact' qui, de part sa taille, son poids et son coût réduits, va devenir le compagnon de route de l’organiste. Le petit clavier de 3 à 5 octaves était généralement posé sur le dessus de l’orgue et servait pour jouer des mélodies.

La sonorité de ces « pianos » était de qualité très moyenne au regard d’un Wurlitzer ou d’un Rhodes. Pour l’organiste, l’idée de se jeter dans un solo infernal était exclue, car si le son pouvait être acceptable (avec une bonne amplification), le clavier électronique compact avait des sonorités bien éloignés des instruments qu’il prétendait imiter (piano, clavecin, violons…). À cela, il faut ajouter l’absence d’échappement et d’effet mécanique du clavier qui pouvait gêner l’utilisateur dès que celui-ci cherchait à nuancer son interprétation. En fait, la meilleure solution qui pouvait se présenter était d’adapter l‘interprétation de la musique à la performance technique du clavier et seulement cela !

clavier éléctronique compact "Snoopy" Elgam

Si l’on se penche à présent sur les pianos électroniques fabriqués par R.M.I aux Etats-Unis, et bien qu’appartenant à la même catégorie, leur implantation technique est sensiblement différente. Au lieu de douze oscillateurs, on en trouve un par note, soit un total égalant ou dépassant les 60 oscillateurs !

Malgré son absence d’effet dynamique et son prix élevé, le piano R.M.I allait connaître un certain succès auprès des pianistes qui ne voulaient jouer ni sur le Rhodes, ni sur le Wurlitzer. Deux modèles verront le jour : le « 368 X Electra Piano and Harpsichord » avec 7 registres, dont le clavecin et l’orgue, et le « 668 X Electra Pianos and Rock-Sichord », avec 17 registres.


LES PIANOS ÉLECTROMÉCANIQUES

Trois pianos électromécaniques se sont imposés à partir des années 70. Tout d’abord le Fender « Rhodes », puis dans une moindre mesure le Wurlitzer et enfin le « Clavinet » Hohner, le moins polyvalent des trois à cause de sa sonorité particulière qui le cantonnera principalement dans la musique funky.


LE PIANO WURLITZER

Bien plus ancien que le « Rhodes », le Wurlitzer produit ses premiers effets sur le public notamment grâce à l’interprétation de « What d’I Say » de Ray Charles en 1958. Puis il disparait pour réapparaître des années plus tard, grâce au groupe Supertramp. Le sympathique clavier retrouvera alors une seconde jeunesse en étant placé au premier plan dans un grand nombre de titres.

La mécanique de ce clavier électromécanique est très ingénieuse en utilisant un marteau qui vient frapper une lamelle métallique vissée sur un châssis formant électro-aimant. L’oscillation émise est transformée en tension, puis préamplifiée. Les lamelles, de longueurs différentes suivant la hauteur de la note, possèdent chacune à leur extrémité une partie en plomb qui sert à accorder la note.

L’accord est ici fort subtil. Si la tonalité est trop basse, il faut limer légèrement le plomb pour ajuster la hauteur. Dans le cas contraire, il faut rajouter du plomb. Un travail long et fastidieux, mais fort heureusement, le Wurlitzer se désaccorde rarement.

le Wurlitzer, seconde génération

Ce piano, plus léger que le « Rhodes » - une trentaine de kilos – est d’une esthétique agréable tout comme son toucher, dont la réponse est proportionnelle à la frappe du pianiste. Le premier modèle (celui de Ray Charles), de couleur "crème", était équipé d'un petit amplificateur à lampes avec un HP incorporé. Il produisait une sonorité douce et chaude.


LE PIANO FENDER « RHODES »

Qui n’a jamais entendu un piano Fender « Rhodes » a eu que rarement le loisir d’écouter de la variété ou du jazz datant des années 70. Son succès fût tel que même les pianistes qui, au départ, lui étaient plutôt hostiles, finiront par succomber à sa sonorité.

Avec le piano Fender « Rhodes », la mécanique se rapproche du piano acoustique. Les marteaux sont garnis de véritable feutre traité. Contrairement au Wurlitzer, la frappe de chaque note est réglable en intensité (du doux jusqu’au saturé). On peut aussi obtenir un grain de son plus ou moins brillant et saturé. Plusieurs modèles ont vu le jour, du 54 jusqu’au 88 notes. La pédale forte agit de la même façon que sur un piano acoustique en écartant ou pas les étouffoirs.

Le piano électrique Fender « Rhodes » possède une sonorité très particulière. Son but, comme celui des autres claviers électromécaniques, n’est pas d’imiter le piano acoustique, mais au contraire de posséder une sonorité suffisamment singulière pour se distinguer. Le pianiste doit adapter son jeu en conséquence, car s’il applique les mêmes « recettes » que sur un piano acoustique, il risque fort d’être déçu ou désorienté. Par contre, bien utiliser, et dans un contexte musical qui lui convient, le Fender « Rhodes » est irremplaçable (d’où le nombre incalculable d’imitation depuis que l’échantillonnage est apparu).

Fender Rhodes, modèle "Suitcase 73"

Son système mécanique est relativement simple. Il repose sur un marteau qui vient frapper une tige métallique fixée par une extrémité à un résonateur. L’autre extrémité vibre lorsque la tige est frappée devant un micro identique à celui des guitares électriques… ce qui fait que ce piano n'est pas branché au secteur, mais seulement raccordé à un amplificateur (ou à une console). L’accord est aussi très simple : un petit ressort est fixé sur la tige. En le déplaçant d'avant en arrière, on ajuste la hauteur de la note.

Sur scène, il fut un temps où le modèle « suitcase » était courant (malgré son poids : env. 2x 60 kg). L’avantage était d’offrir une amplification de 100 W R.M.S accompagnée d’un vibrato-stéréo qui, pour l’époque, était du plus bel effet en déplaçant le son de droite à gauche et vice versa par les haut-parleurs, en vitesse et en amplitude (un effet aujourd’hui reproduit virtuellement)


LE BALDWIN, LE PETIT PIANO ACOUSTIQUE TRANSPORTABLE

Dans les années 70, pour le pianiste qui ne voulait pas entendre parler du Wurlitzer ou du « Rhodes », soit parce qu’il n’aimait pas le son ou que le toucher ne lui convenait pas, il existait le piano américain Baldwin. Sur scène, en l'absence de piano acoustique, le Baldwin était une bonne alternative.

En effet, le Baldwin « Electro-Pro Piano » est un véritable piano par sa mécanique, ses cordes et sa présentation. La différence principale se situe au niveau de la table d’harmonie et des chevalets qui sont remplacés par des micros disposés à la base du cadre métallique. Le signal est obtenu et amplifié par le système habituel du piano. Parmi tous les pianos électromécaniques, le Baldwin est certainement celui qui restitue au mieux l’expression du toucher piano. Les cordes sont dans les normes en étant filées pour les basses et avec des triples cordes d’acier pour les médiums-aigus.

Peut-être à cause de l'arrivée du piano électro-mécanique CP70 de Yamaha, le Baldwin n'a pas eu la chance qu'il méritait. En quelques années, il disparut de la circulation.

(source : Les pianos électriques et électromécaniques - J. Fajerman)


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