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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE ET DES INSTRUMENTS



LE PIANO, L’AMBASSADEUR DES INSTRUMENTS À CLAVIER

Même si Mozart ou Clementi se passionnent pour l'évolution du pianoforte, l'ère du piano ne commence réellement que dans le dernier tiers du 18e siècle avec ses diverses améliorations techniques et l'adhésion des compositeurs romantiques qui en établiront la source privilégiée de leurs œuvres.


L’ASCENSION LABORIEUSE DES INSTRUMENTS À CLAVIER

Avant d’aboutir, le pianoforte est né d’une succession d’étapes majeures qui démarrent avec le tympanon pour se poursuivre jusqu’au clavicorde. Originaire du Proche-Orient, le premier instrument à cordes frappées, le tympanon où dulcimer, parvient en Europe par les Balkans au 15e siècle et rencontre immédiatement un succès éclatant auprès des cours. Puis arrive le clavicorde, le premier instrument à clavier du Moyen Âge. Son innovation repose pour l’essentiel sur la disposition des cordes placées en parallèles du clavier. Doté d'un dispositif à tangentes (petites lamelles de laiton qui frappent les cordes en des points déterminés), le clavicorde permet d'obtenir d'une même corde plusieurs sons de hauteur différente.

© wikimedia - Clavicorde restauré (facteur d'origine J.A. Hass)

En 1698, alors que le clavecin exprime toute sa beauté sonore durant l’époque baroque et qu’il constitue une sorte d’aboutissement, en 1698, le talentueux Cristofori construit le premier “gravicembalo col piano e forte”, pour jouer piano (doucement) et forte (fort), en gardant la forme du clavecin, mais en installant des marteaux garnis de peau de daim et un système d'échappement et d'étouffoir.


LA COMPLEXITÉ TECHNIQUE DU PIANO

Toute la singularité sonore du piano provient en partie de sa table d’harmonie mais aussi de la complexité de sa mécanique. Cet instrument, qui comporte quelques similitudes avec le clavecin, se différencie par son action à frapper les cordes au lieu de les pincer. Ce fait unique va révolutionner l’histoire des instruments à clavier.

© pixabay.com - Un pianoforte à queue

Au piano, les cordes sont frappées au moyen de petits marteaux actionnés par un clavier qui compte 85 ou 88 touches blanches et noires. Chaque marteau frappe une ou plusieurs cordes : globalement, une pour les graves, deux pour le médium, trois pour les aiguës. Voilà pour une présentation technique sommaire de l’instrument.

L’autre “mot-clé”, encore peu connu, se nomme “l'échappement”. Il constitue la partie essentielle, la plus subtile de la mécanique du "piano moderne". Il s'agit d'une pièce de bois articulée au milieu du chevalet qui oblige le marteau à revenir avec rapidité de quelques millimètres en arrière, aussitôt après qu'il a frappé les cordes. Grâce à l'échappement, le pianiste s’offre le luxe de rejouer la touche autant de fois et presque aussi vite qu'il le désire..

Ce moyen technique révolutionnaire n’est cependant possible que sous certaines conditions. Lorsque le marteau vient toucher la corde, un système ingénieux permet à l'étouffoir de se soulever pour laisser vibrer la corde. La production du son cesse dès que le marteau retombe et que l'étouffoir revient se placer sur la corde pour stopper sa vibration.

Ce qui fait aussi toute la différence avec les autres instruments à clavier de l’époque, c’est le contournement autorisé de la dynamique et de la résonance du son par le pédalier. Deux pédales assurent ces fonctions : la pédale de gauche, pédale douce, diminue et adoucit le son en rapprochant la course des marteaux ; la pédale de droite, pédale forte, augmente la durée de la résonance des cordes frappées en soulevant les étouffoirs.

Les compositeurs vont se saisir de la présence du pédalier pour échafauder une tout autre approche technique du jeu sur l’instrument. Rien ne semble alors impossible. Qu’ils s’appellent Chopin ou Liszt, les pianistes s'élèveront en virtuose lors de concerts en profitant à juste titre de sa tessiture de 7 octaves un quart ; la plus vaste des étendues sonores à être produite avec un seul clavier, contrairement à l’orgue.


PLACE À L’IMAGINATION FERTILE DES CONSTRUCTEURS

Au-delà de l’aspect technique qui lui est propre, le piano a aussi imposé des modes de fabrication stimulés par la créativité de différents facteurs. Dans l’intention de répondre à différentes demandes, au piano à queue imposant, un modèle plus compact fait son apparition, le piano droit. Celui-ci, au lieu de disposer la caisse horizontalement, obtient un gain de place en aménageant le corps de l’instrument verticalement. J. Schmidt à Strasbourg en 1780, puis quelques années plus tard S. Érard et C. Pleyel, conçoivent cet instrument dont les cordes sont croisées sur un cadre vertical doté d'un échappement comme son grand frère.

S’il est facile d’imaginer que le piano constitue pour les compositeurs un excellent point de ralliement pour s’adonner à la composition, il l’est aussi chez les artisans qui imaginent d’autres solutions à son usage. C’est ainsi que naît le piano mécanique (et pneumatique) dont les marteaux sont actionnés par un cylindre ou une bande perforée qui défile dans un mécanisme automatique. Avec cette conception avant-gardiste se dessine à l’horizon la volonté de donner au piano une valeur pour laquelle il n’avait jamais été “programmée” mais qui s'insère parfaitement avec les futures inventions technologiques du 20e siècle.

Plus étonnant encore sera la fabrication du piano basque par P. J. Sormanini en 1841 ; un piano dont les cordes sont remplacées par une rangée de tambourins accordés et les batteurs actionnés par un clavier. Citons aussi le piano transpositeur destiné à aider les pianistes pour transposer des chansons ou pour accompagner les instruments à vent, en Si b ou Mi b  ; une idée qui a depuis fait son chemin avec l’apparition des claviers électroniques.


LE PHOTOPLAYER
Bien plus qu'un piano mécanique, l'instrument créait des bruitages pour les films muets. En savoir + : Le photoplayer, un piano mécanique pour film muet

AU PANTHÉON DES PIANISTES

Comme pour d’autres instruments, il va de soi que le piano à attirer un grand nombre d’interprètes et de compositeurs dont le profil et la compétence ne peuvent être désolidarisés de leur personnalité. Dans tous les domaines musicaux : classique, jazz, rock… l’histoire du piano a toujours été au centre de bien des audaces et de remises en question. Ce qui ne change pas, c’est l’interprétation, à laquelle se prête majoritairement la musique classique, et qui relève d’une valeur inestimable pour qui lui accorde une place vitale.

Le pari audacieux serait de citer trois pianistes suffisamment représentatifs pour incarner la grandeur du piano. Arturo Benedetti-Michelangeli (1920-1995), Glenn Gould (1922-1982) et Sviatoslav Richter (1915-1997) pourraient être les heureux élus. Benedetti-Michelangeli pour son extrême perfectionnisme (le pianiste ne se déplacera jamais sans son propre piano) ; Gould dont seules les Variations Goldberg de Bach lui vaudront une renommée internationale (le pianiste se retirera de la scène à 32 ans et installera un studio d’enregistrement dans sa maison au Canada), et Richter pour sa mémoire infaillible et son talent immense qu’il partagera sur scène avec son ami, le violoncelliste Rostropovitch.

par PATRICK MARTIAL (Piano Web - 05/2022)

À CONSULTER

ORIGINE DU PIANO ET DU CLAVECIN

UN CLAVIER EXPRESSIF APPELÉ PIANOFORTE

DU PIANOFORTE AU PIANO MODERNE

HISTOIRE DU PIANO

LES TYPES DE PIANO, SES MODÈLES ET ÉLÉMENTS


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