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HISTOIRE DE LA MUSIQUE : LES PIANISTES DE JAZZ



CECIL TAYLOR, AUX PORTES DU FREE JAZZ

Cecil Taylor est une des figures les plus controversées de la musique jazz. Pianiste tout en énergie, il aborde la musique avec la détermination d'un marathonien et ses concerts sont souvent des démonstrations de puissances. Parfois, il lui arrive que son passé de danseur ressurgisse et qu'il improvise une chorégraphie autour de son piano.


"Depuis toujours, nous les musiciens Noirs, nous considérons le piano comme un instrument de percussion, nous battons le clavier et nous pénétrons l'instrument. La force physique entre dans le processus de la musique noire. Qui ne l'a pas compris n'aura plus qu'à hurler." Cecil Taylor.

Cecil Taylor a une passion pour les tambours et les chants des Indiens d'Amérique et cette sensibilité transpire dans sa musique ; lui-même étant conscient d'être à la fois l'héritier des victimes du génocide des Indiens et de celui de l'esclavagisme des noirs. Comme beaucoup de musiciens novateurs, Cecil Taylor a pris les racines de la musique jazz et ses standards et les a exploitées bien au-delà de leurs formes normalisées. Sa conception personnelle de la musique fait de lui un musicien original et parfois déroutant.


LES DATES IMPORTANTES DE LA VIE DE CECIL TAYLOR


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  • 1933 - Cecil Taylor est né le 15 mars 1933 à Long Island City. Sa mère d'origine indienne, qui joue du piano et admire Duke Ellington, l'initie à cet instrument. Son père, chef cuisinier, est chanteur et guitariste amateur.
  • 1938 / 1946 - Il apprend les rudiments de la musique classique grâce à une voisine qui était professeur de piano, puis étudie les percussions et s'intéresse au jeu des grands batteurs Gene Krupa et Chuck Webb. Il assiste à de nombreux concerts de big band : Jimmy Lunceford, Benny Goodman, Tommy Dorsey et surtout Duke Ellington en qui il voit un des plus grands musiciens et compositeurs de sa race. Il se passionne également pour les pianistes de boogie woogie à travers Fats Waller.
    Après la disparition de sa mère, Cecil Taylor se présente à un concours radiophonique pour musiciens amateurs où il obtient un prix d'interprétation. Son premier engagement est dans un grand hôtel, mais il est rejeté par le directeur de l'établissement à cause de sa couleur de peau.
  • 1952 / 1956 - Cecil Taylor étudie l'arrangement et l'harmonie au New England Conservatory. Malgré l'irritation que lui cause un enseignement académique, il découvrira et étudiera sérieusement Bela Bartok et Igor Stravinsky dont les audaces rythmiques le passionnent... Il découvre le be-bop grâce au saxophoniste Andrew McGhee qui lui fera découvrir les changements d'accords et procédés harmoniques dont les nouveaux stylistes se servent.
    Il monte à la même période une formation composé de Kenny Hyers, Earl Griffith et Jack Wilson, mais il oublie assez rapidement ses premières influences pianistiques : Erroll Garner, Mary Lou Williams. Par contre, il étudie le jeu et le style d'Horace Silver, de Thelonious Monk, Lennie Tristano et de Dave Brubeck, chez qui il reconnaît un habile compositeur ayant su adapter au jazz des audaces rythmiques et harmoniques.
  • 1955 - Cecil Taylor joue et enregistre avec Steve Lacy (sax) à qui il donne des cours, mais également avec John Coltrane (sax), Archie Shepp (sax), Sunny Murray (sax).
  • 1957 - Il est engagé au Five Spot pour accompagner le violoniste Dick Whitmore. Ensuite, il participe au festival de Newport
  • 1958 - Cecil Taylor rencontre le trompettiste Bill Dixon et adhère à sa formation la "Jazz Composer's Guild" et enregistre quelques années plus tard, un album de référence dans le domaine du free jazz : Unit Structure (1966).
  • 1962 - Il accompagne Jimmy Lyons (sax) et Sunny Murray (bat) en Europe et enregistre deux albums live au Café Montmartre de Copenhague.
  • 1964 - Cecil Taylor joue pour la dernière fois en 1964 avec Albert Ayler (sax) au Lincoln Center.
  • 1966 - Il signe deux albums pour la compagnie Blue Note avec Eddie Gale (tp), Ken McIntyre (sax), Henry Grimes (b) et Andrew Cyrille (bat), Bill Dixon (tp) et Alan Silva (p, b).
  • 1973 - Cecil Taylor décide de créer sa propre compagnie discographique, Unit Core, après avoir reçu plusieurs refus des majors. Il publie seulement deux enregistrements sous Unit Core, en solo et quartette. Il se partage entre les concerts en solo ou à la tête de son Unit. Il obtient une bourse de la Fondation Guggenheim et joue ensuite avec le batteur Max Roach.
  • 1974 - Il enregistre pour des labels européens et est de plus en plus considéré comme l'un des musiciens majeurs de l'avant-garde du jazz.
  • 1984 - Cecil Taylor rejoint le Art Ensemble of Chicago.


LE STYLE CECIL TAYLOR

Face à son piano, Cecil Taylor donne l'étrange impression d'être tout à la fois debout ou presque à genou, dressé ou prêt à bondir, se ployant par moment comme dans une sorte de révérence envers l'instrument qu'il chéri.
Redouté par les loueurs d'instrument, combattu par d'innombrables détracteurs qui le perçoivent comme un iconoclaste du clavier, ce terroriste des touches, ce massacreur de feutres avait souvent devant lui un piano usé à la place d'un instrument flambant neuf. Or, le rapport avec l'instrument, chez Cecil Taylor, témoigne d'un profond respect envers celui-ci, mais sa conception de jeu, sa vision de dépasser les limites de l'instrument, le martyrisant jusqu'à la limite de ses imperfections, fait oublier à certains, qu'un piano n'est pas seulement un meuble, mais une machine qu'il faut dominer, qu'il faut apprivoiser. Face à Cecil Taylor, un "Glenn Gould" ferait office d'enfant sage.


CECIL TAYLOR - PIANO SOLO


Les influences de Monk, Brubeck et Ellington vont l'amener à repenser totalement son approche de la musique. Il va se libérer des structures habituelles, prolonger les œuvres des musiciens bop et élargir les métriques rythmiques. Sa rencontre avec Lennie Tristano est déterminante dans sa vision de l'improvisation.

Sa musique est très en avance, sans faire référence à un quelconque emprunt. Elle est, sur le plan de la continuité rythmique, d'une surprenante liberté vis-à-vis des standards. Comme souvent dans la musique "Free", elle émane d'une création collective née de l'interprétation de schémas très ouverts, mariant les tensions et les détentes, les explosions et les abandons.

Cecil Taylor impose un monde sonore surchargé, difficile, sans "charmes" dont les sonorités ne font pas toujours plaisir. Il impose à sa manière "son monde sonore". Ce qu'il joue est voulu très minutieusement et correspond au résultat d'une approche précise fidèle à ses capacités techniques. Il faut reconnaître qu'entendre jouer des "clusters" (bloc de notes compact) ou autres artifices propres à la technique "Free" pendant plus d'une heure, peut pour l'auditoire devenir une expérience épuisante (ma rencontre personnelle avec l'Art Ensemble of Chicago, lors d'un concert, me reste encore en mémoire !)

Si la musique de Cecil Taylor est issue d'une démarche collective quant à sa fabrication, elle est très individuelle quant à son expression. Son œuvre reste en suspens, inscrite à une époque où le "Free jazz" était à son apogée, mais qui aujourd'hui, lors de ses concerts tend à se distendre et à renouer avec une vision "jazzistique" plus sage.

Écouter sa musique :


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