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TECHNIQUE ET MAO



LA CHAÎNE DU SON ET SES CONSÉQUENCES DANS LE RÉSULTAT D'UN ENREGISTREMENT

Avant d’imaginer quoi que ce soit concernant l’acquisition d’un matériel pour home studio, partez de l’idée qu’il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’argent pour arriver à de bons résultats. De nos jours, la présence du matériel numérique a court-circuité les inconvénients techniques majeurs liés au matériel analogique. Néanmoins, en matière d’enregistrement, il existe toujours des impondérables qui sont dus à la « chaîne du son », celle qui part de la source de l’enregistrement jusqu’à sa reproduction. Quelques explications s'imposent !


LES BASES INCONTOURNABLES

Enregistrer, c’est capturer des sons par divers moyens (microphone, ligne directe, échantillonnage), pour ensuite les amplifier, les corriger et les regrouper dans un fichier informatique qui pourra être gravé, le cas échéant, sur un support physique (CD).



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© Francos (pxhere.com)

Pour effectuer un enregistrement numérique, les outils essentiels sont les suivants :

  • Un microphone (si la voix ou un instrument acoustique doit intervenir).
  • Un préamplificateur/convertisseur. Le préamplificateur sert à faire passer le signal du niveau microphone au niveau ligne. Le convertisseur transforme le signal électrique (analogique) en code informatique (numérique) ou inversement.
  • Une station de travail audionumérique. Appelée dans le jargon une DAW (Digital Audio Workstation), le genre 'iLIfe' pour Mac ou 'Cubase' pour PC, voire 'Audacity' (logiciel de montage audio gratuit), suffisent pour expérimenter.
  • Un ordinateur équipé d’un logiciel d’enregistrement (carte son, si possible équipé MIDI).
  • Un amplificateur audio.
  • Des écoutes de tracking/monitoring (ou des écoutes amplifiées).
  • Un casque audio. Utile durant les prises, il est plutôt déconseillé lors du mixage, sauf si le casque est reconnu pour sa précision et sa fidélité.

Cette configuration est suffisante pour réaliser de bonnes maquettes, tout en précisant que le superlatif lié à l’enregistrement doit répondre à certaines exigences :

  • La qualité et la cohésion du matériel. La façon d’associer votre équipement aura toujours une influence sur le résultat final.
  • La méthode et les moyens d’enregistrement utilisés. Un enregistrement se déroule en plusieurs étapes, généralement associé à un équipement particulier.
  • L’acoustique de la salle d’enregistrement. Elle aura une influence directe et immédiate sur la perception et les corrections apportées avant et après la prise de son.
  • Avoir une expérience personnelle. Dans le domaine de la prise de son et du mixage, chaque prise de son ne ressemble jamais à la précédente. En accumuler ne peut être que profitable.

Pour info : les opérations qui consistent à la conversion ou à la préamplification d’un son peuvent s’effectuer avec des solutions standard intégrées prises en compte par l’ordinateur. Cet aspect pratique du "tout-en-un" tient toutefois plus du bidouillage que des bonnes pratiques. Au départ, un son mal enregistré ne peut s’améliorer via l’utilisation d’un logiciel. Ce genre de “béquille” ne peut être aussi efficace que des outils séparés et dédiés.


PRENDRE EN COMPTE LA "CHAÎNE DU SON"

Il existe une grande différence entre écouter un pianiste ou un guitariste lors d’un concert et la restitution de sa performance à travers un enregistrement. Comprendre cette différence, c’est comprendre tout l’enjeu d’une bonne prise de son et de sa restitution par des outils électroniques. Cela signifie qu’entre le moment où vous enregistrez le son original et sa restitution via des écoutes de monitoring, le son obtenu a toutes les chances d’être différent.

Pas d’affolement, c’est normal et inévitable ! Tous les preneurs de sons sont confrontés à la difficulté de restituer avec fidélité le son capturé ; encore que bien souvent, dans les studios d’enregistrement, la coloration de l’instrument ou de la voix pousse les doigts à agir sur les boutons de corrections pour transformer le son original en un son plus flatteur pour les oreilles. C’est également un moyen pour démontrer que la prise de son est une opération éminemment technique et qui demande un minimum de compétences pour espérer bien faire.

Pour comprendre les implications directes ou indirectes d’un bon enregistrement, il faut avoir en tête ce qu’induisent les différentes étapes que nous nommerons ici la « chaîne du son » et dont voici les différentes étapes.


1. LE LOCAL D'ENREGISTREMENT

Dès le départ, les moyens mis en œuvre pour capturer le son d’un instrument ou d’une voix se trouvent en face du problème du son qui se réfléchit dans le local. Cet inconvénient peut être grandement résolu en traitant l’acoustique du local : utilisation de matériaux absorbants, d’abat-sons, de mobiliers, de panneaux séparateurs ou de « pièges » pour les basses. Ces « réparations acoustiques » aideront à réduire les réflexions indésirables. Le son s’en trouvera en quelque sorte plus "géolocalisable" dans l’espace de la pièce, plus ciblé.

L’autre enjeu sera de disposer le matériel de la prise de son en conséquence. Pour cela, plusieurs tentatives d'agencements seront certainement nécessaires avant de trouver la bonne formule, à la fois optimale techniquement, mais aussi pratique pour une utilisation quotidienne. N'oublions pas que le local, au départ, est rarement prévu pour un tel usage !

Consulter : Constuire un home studio, plan de travail et conseils

© rawpixel.com - Le microphone, premier témoin de la transformation du signal.

2. L’UTILISATION DE MICROPHONES

Le microphone est un transducteur qui possède toujours des limites de restitution liées à des aspects techniques (dynamique, à condensateur, etc.). Son utilisation peut être considérée comme un premier filtre qui aura des incidences sur le son capturé. Sauf à n’utiliser que des instruments électroniques enregistrés en ligne directe (synthétiseur, boîte à rythmes) ou des échantillons sonores sous formes de fichiers, l'enregistrement de toute autre source (instruments acoustiques, sons naturels, voix…) implique l’utilisation d’un ou de plusieurs microphones.

Consulter : Les caractéristiques techniques d'un microphone.

3. LA PRÉAMPLIFICATION DU SIGNAL

Quand la source est capturée par le microphone, elle se transforme en un signal trop faible. Celui-ci doit être impérativement amplifié pour être traité et enregistré. Le préamplificateur intervient aussi dans la coloration de la prise de son.

4. LE TRAITEMENT DU SIGNAL

© Jake Mohan wikimedia - Des effets MXR pour traiter le son : équaliseur graphique, transpositeur et flangeur.

Il est bien rare que le son capturé et amplifié ne soit pas soumis à quelques corrections. On en revient à l’idée que le son original entendu dans la pièce et celui perçu en sortie via les enceintes de monitoring est différent ; parfois si différent qu’il nécessite d’être corrigé. La raison peut être légitime quand il s’agit de réduire un bruit de fond gênant à l’aide, par exemple, d’un égaliseur, mais elle est beaucoup plus subjective dès que l’on cherche à modifier le son parce qu’il est jugé « pas assez aigu », ne contenant « pas assez de basses » ou « trop plat ». Le renfort de correcteurs (réverbération, compresseur, égaliseur graphique, delay, etc.) devient dès lors nécessaire en venant s'intercaler entre le signal entrant et le son sortant de la station de travail audionumérique. Le traitement peut avoir lieu pendant l’enregistrement, le mixage et même durant le mastering.

5. LA TRANSFORMATION DU SIGNAL EN CODE INFORMATIQUE ET STOCKAGE

Une fois le son capturé (et modifié s’il y a lieu), il s’agit de transformer le signal électrique en code informatique. Pour effectuer cette opération, un convertisseur analogique-numérique doit intervenir pour transformer le signal. Sauf à vouloir utiliser un magnétophone à bande, le support de stockage le plus courant reste le disque dur de l’ordinateur. Généralement, les stations de travail audio numériques permettent de stocker et de modifier l’enregistrement.

6. LA TRANSFORMATION DU SIGNAL EN ONDES ÉLECTRIQUES

On peut considérer cette étape comme l’inverse de la précédente en faisant passer le signal numérique à travers un convertisseur numérique-analogique. Cette opération est nécessaire pour écouter la musique enregistrée sur les enceintes de monitoring (qui sont, par la force des choses, analogiques).

7. L’AMPLIFICATION DU SIGNAL ANALOGIQUE

À cette étape, l’amplificateur audio joue un rôle capital, car il doit augmenter le signal pour le faire passer du niveau ligne au niveau haut-parleur tout en réduisant au maximum le taux de distorsion.

8. L’ÉCOUTE FINALE

Les enceintes sont nos juges et ne sont pas exemptes de faiblesses ; sans compter le raccordement des différents appareils (câbles, prises XLR, TRS, coaxiale ou optique) qui ne faut surtout pas négliger et qui demande à lui-seul une approche spécifique.

Piano Web (04/2022)


À CONSULTER

LE B.A.-BA DE L'AUDIO EN STUDIO

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