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ANALYSE MUSICALE



LE TRAVAIL DU COMPOSITEUR ET SES TECHNIQUES DE COMPOSITION

La composition révèle bien des secrets quand elle sonde la pensée humaine. Le site Piano Web fournit déjà de nombreuses explications à son sujet :

Dès lors, pourquoi poursuivre ! En fait, dans le domaine artistique, si la création musicale est entourée d’une part de mystère, elle ne l’est pas moins quand elle invite son auditeur à s’interroger sur son auteur. Le compositeur est en effet perçu comme un personnage atypique, doté de dons et de certaines disponibilités qui le poussent de temps en temps à produire des musiques « hors du temps » (et pas toujours comprise par ses contemporains). Sans avoir la prétention de répondre à toutes les interrogations posées par un tel sujet, aussi vaste que contradictoire, vous trouverez néanmoins dans cette page quelques réponses et réflexions conduites par ma propre expérience et qui, je l’espère, satisferont tous ceux qui sont passionnés par le sujet.

Sont abordés dans cette page les thèmes suivants :

  • 1 - Le génie du compositeur.
  • 2 - Les écritures et instruments de demain.
  • 3 - L’écoute intérieure.
  • 4 - Les femmes compositrices.
  • 5 - La fin avant le début où l’art d’enchaîner ses idées.
  • 6 - Composition commerciale et droits d’auteur.
  • 7 - La composition sur commande.

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1 - LE GÉNIE DU COMPOSITEUR

L’histoire de la musique est faite d’audaces et de courages. Il va sans dire que le relais du flambeau de Monteverdi à Varèse n’aurait jamais pu exister sans l’apport de Bach, Mozart, Beethoven, Wagner ou Debussy. Toutefois la première interrogation qui me vienne à l’esprit est la suivante : Pourquoi certains compositeurs sont-ils devenus célèbres et d’autres pas du tout ?

La réponse la plus directe serait de dire : « Celui-ci avait du talent et cet autre n‘en avait pas ! » Or, définir le talent relève bien plus de sa culture, de ses impressions personnelles que d’un critère fondé et inattaquable. Nous avons, chacun de nous, une façon toute particulière de faire le tri entre ce qui est beau et ce qui est laid, ce qui est acceptable et inacceptable, dans notre façon d’être plus ou moins sensible à certains instruments, à certaines sonorités. Parfois nous suivons les yeux fermés la grande majorité car, au fond, quand nous n’y comprenons rien, la peur du ridicule ou le sentiment de se sentir ignorant conduisent à accepter tout et n’importe quoi. Et accepter la majorité, c’est déjà intégrer le mouvement, le sens de l’histoire ! En fait, le temps qui passe produit ses effets, ses déviances. Le regard que nous portons sur la musique et à travers elle sur les compositeurs présents et passés ne fait qu'écrire l’histoire de demain avec ses injustices et ses idées toutes faites.

L’une des hypothèses soulevée par la question est de croire que le génie d’un compositeur proviendrait de ce qu’il a été incompris de son vivant (une idée que la peinture draine encore trop souvent) et, par voie de conséquence, qu’un compositeur qui a du succès de son vivant, a commis assez d’œuvres « populaires » (sous-entendues artistiquement mineures) pour que son nom et son talent s’effacent au fil du temps. En réalité, aucune de ses assertions n’a de légitimité, car les chemins qui conduisent d’un côté au succès et de l’autre à la postérité suivent des trajectoires indépendantes. A titre d’exemple Stravinsky, qui a connu une renommée mondiale de son vivant, aurait certainement rendu malade de jalousie Jean-Sébastien Bach, dont le génie a été sous-estimé par ses contemporains.

De nos jours, à l’heure où les réseaux sociaux stigmatisent les critiques à travers quelques mots bruts lancés à la volée, les réflexions et les sentiments profonds semblent comme égarés par tant d'empressement. Sur 'YouTube' la qualité artistique s’élit en quota. Le talent devient « vérité » au nombre de clics récolté, ce qui conduit chaque compositeur et interprète à devenir des pions interchangeables. « Le plus grand », « Le plus génial », « Le plus populaire » sont venus remplacer tout discernement et toute analyse. Aujourd'hui la donne est si faussée que le moindre des journalistes spécialisés vit cela avec la plus grande réserve, surtout quand il doit trouver les mots justes permettant d’établir une certaine légitimité pour la postérité. D'ailleurs, vous souvenez-vous de Michael Jackson et des questions soulevées par le « roi de la pop » aux lendemains de sa disparition ?

Notre évaluation du talent, du génie, n’est aujourd’hui qu’une question de calendrier, de date anniversaire. C’est devenu une habitude que les médias s’empressent aussitôt de relayer. Aurions-nous si peur d’oublier un artiste, de ne pas porter assez haut son talent, pour que nous ayons recours à des rappels ? Reconnaissez au moins que cette « consolation médiatisée » est parfois insuffisante quand celui ou celle qui vous a transporté si merveilleusement au cœur de son univers, pérennise son passage sur Terre à travers un entrefilet au bas d’une page ou de quelques articles bâclés !


LES ÉCRITURES ET LES INSTRUMENTS DE DEMAIN

Comment s’écrira la musique de demain ? Le papier à musique aura-t-il autant d’importance d’ici 40 ou 50 ans qu’aujourd’hui ? Si les écrivains estiment que le livre papier a toutes les chances de partager sa route avec le numérique pendant encore bien des années, en musique, rien n’est moins sûr, puisque la partition sur tablette offre déjà quelques avantages et non des moindres : accès immédiat, ergonomie, légèreté, vision adaptée, stockage important, défilement automatisé… Du pratique, toujours du pratique, tel est le mot d’ordre lancé par leurs utilisateurs !

Traditionnellement, le compositeur a toujours écrit sa musique sur du papier avec un crayon et une gomme à sa portée. Les illustrations montrant un compositeur classique avec une plume à la main plaçaient celui-ci dans le même cadre que l’écrivain. Mais aujourd’hui le « traitement de texte » est passé par là, et le travail du compositeur a bien changé. La plupart ont adopté les éditeurs de partitions. Gain de temps offert, performances, ces logiciels possèdent suffisamment de possibilités réjouissantes pour qu’un compositeur, même exigeant, y adhère !

Mais si la technique suit, qu’en est-il du langage des écritures ? L’écriture musicale « classique » sera t‘elle un jour remise en question ?

Difficile à imaginer, d’autant plus que les habitudes prises par une éducation musicale statique sont là pour freiner toute initiative et toute bonne volonté. Alors, pour peut-être échapper aux techniques de l’écriture « classique », des chercheurs se lancent depuis quelques années dans de nouvelles voies avec la ferme intention d’organiser la pratique musicale autrement. Des instruments au design parfois étrange voient le jour avec pour objectif principal d’appréhender l’étude de la musique autrement, par exemple en communiquant de façon idoine la pensée du musicien et de son jeu avec les moyens de l’intelligence artificielle. C’est peut-être là, la seule façon de faire évoluer en profondeur le rapport direct, de cause à effet, entre le musicien, les sons produits et la présence de nouvelles conventions d’écritures.

De petites start-up cherchent à innover dans la fabrication d’instruments futuristes, mais jusqu’à présent les modèles présentés ne sont pas en mesure de bousculer en profondeur les habitudes. Néanmoins, il est possible d'imaginer dans un avenir proche des instruments dotés d'une intelligence artificielle très efficace et qui, conjointement associés avec la façon de s'en servir, pourrait conduire les pas du compositeur dans de nouvelles directions, et faire oublier l’idée selon laquelle un clavier ou une guitare seraient les seuls instruments à pouvoir satisfaire la moindre des exigences.


L’ÉCOUTE INTERIEURE

Question : Mais si à la fin de sa vie Beethoven est devenu sourd, comment se fait-il qu’il ait pu écrire de la musique ? Si la musique s’écrit, elle peut aussi s’entendre sans instrument à condition de pouvoir la percevoir en la relisant. Cette faculté-là s’appelle l’écoute intérieure. Il faut savoir que tous les musiciens n’ont pas cette capacité (ou qu’ils ne cherchent pas à la posséder).

Faisons simple. Quand vous lisez le texte d’un auteur, vous n’êtes pas obligé de le lire à haute voix pour le comprendre, n’est-ce pas ? Le sens d’une phrase, le développement d’une idée n’ont pas besoin d’être entendus pour en saisir toute leur substance. Cette analyse « intérieure » qui vous permet de comprendre la profondeur d’un texte devient comme un réflexe naturel, n’engageant que peu d’efforts. Pour la musique c’est la même chose ou presque, sauf que les mots deviennent des sons et que chaque son est perçu avec une certaine hauteur/tension qui lui est propre.

Un compositeur qui entend et traduit des sons en notes dans sa tête est en mesure d’écrire sa musique sans l’intervention d’aucun instrument. Cette faculté qualifiée d’oreille absolue offre bien des avantages en libérant le compositeur de l’asservissement technique de l’instrument pratiqué. Avec une oreille absolue, nous pourrions dire que seule l’imagination devient un frein, puisque celle-ci est toujours plus rapide et plus riche que toute action physique, comme celle qui consiste à déplacer ses mains sur un clavier. Il est toutefois évident qu'un tel raccourci élude bien d'autres batailles, et qu'une réalisation musicale ne repose pas spécialement sur la puissance de la pensée.

EN SAVOIR + : L'OREILLE ABSOLUE ET RELATIVE


OÙ SONT LES FEMMES... AVEC LEURS GESTES PLEINS DE CHARMES ?

La question mérite d’être soulevée, non pas que dans le domaine de la composition leurs idées divisent, mais jusqu’aux années cinquante, il faut bien reconnaître que la gente féminine était plutôt discrète (mais pas absente) dans ce domaine. Tout s’est accéléré quand les femmes ont eu accès aux études supérieures ce qui, directement ou indirectement, leur a permis d’avoir une plus grande indépendance et assez d’audace pour vouloir rivaliser avec les hommes.

Jusqu’au début du 20e siècle, l’éducation des jeunes filles de bonne famille comprenait l’apprentissage d’un instrument. Principalement le piano. Mais cet usage se limitait généralement au cercle restreint de la famille et des amis. Pour la jeune fille, c’était surtout un loisir de salon. Généralement, l’éducation austère de la femme et le rang tenu par celle-ci dans la société bourgeoise lui autorisaient que rarement d’assouvir ses idées créatives. De par sa hauteur "élitiste", la composition était généralement considérée comme une activité réservée aux hommes.

Toutefois, dès le Moyen Age, des femmes d’exceptions ont démontré leur attachement à défier les codes établis. Les compositrices troubadours que sont Clara d’Anduze et Garsenda de Forcalquier, ainsi que Hilegarde de Bingen dans le domaine des musiques liturgiques ont vaillamment démontré leur capacité à composer des musiques fort savantes. Idem avec la Vénitienne Barbara Strozzi qui, en raison de son éducation musicale pratiquée auprès de Francesco Cavalli, écrira de nombreuses œuvres vocales, ce qui contribuera à faire d’elle une des figures importantes de la musique de Renaissance. Ces quelques cas historiques ne doivent pas faire oublier celles qui vivaient dans l’ombre des grands compositeurs. Elles-mêmes musiciennes accomplies, quel destin de compositeur aurait eu Alma Mahler et Fanny Mendelssohn sans la présence écrasante de leur époux ? On ne le saura jamais.

Dans un premier temps, les femmes seront surtout reconnues comme de solides interprètes. Parfois, leur réputation atteindra les hautes sphères à l’égal des hommes, comme la brillante pianiste Lily Boulanger qui obtiendra le prix prestigieux du Grand Prix de Rome en 1913. De nos jours, les jeunes filles poursuivent leur étude dans les mêmes écoles et conservatoires que les garçons. Tout à changé ou presque, oui presque, car il traîne encore ici ou là quelques mesquineries toute prête à justifier les valeurs créatives au regard du sexe qui les produit, et cela dans tous les domaines : photographie, chorégraphie, mode vestimentaire, peinture, dessin, etc.

EN SAVOIR + :LES FEMMES COMPOSITRICES


LA FIN AVANT LE DÉBUT OU L'ART D'ENCHAINER SES IDÉES

Le compositeur est à bien des égards proche du romancier. Comme ce dernier, le compositeur propose de nous conter une histoire enrobée de sentiments profonds ou superficiels portés par des messages sonores plus ou moins compréhensibles. Le cheminement de son histoire lui est souvent connu avant même d’avoir coucher ses premières notes sur le papier. Bien évidemment, manipuler l’ordre des idées est toujours possible puisqu'il n’existe pas à proprement parler de règle incontournable.

La composition est une forme de liberté mise sous conditions. Comprendre l’art d’un compositeur exige quelques retenues, une grande prudence, car toute organisation de sons et d’harmonies ne se trouve pas nécessairement traduite à travers de quelconques manuels et traités. Lors d’une création, les connaissances musicales, l’expérience et l’inventivité du musicien cohabitent toujours à l’instant présent. A ce moment-là, la pensée est en éveil, et l’instrument devient le bras armé des idées.

Il est également très difficile de délimiter le champ d’action du compositeur. Sa vision peut s’exprimer par exemple à travers un style, une époque, quelques rythmes et quelques harmonies, mais aussi en fonction de personnages et de lieux (dans un opéra, par exemple) sans oublier les traditions ancestrales. Par contre, à l’inverse du romancier qui est en mesure de conduire au mieux ses idées, la composition de par ses interactions (mélodie, rythme, harmonie) est une "science" parfois plus hasardeuse. Le compositeur se laisse parfois entraîner dans des spirales d’idées maladroites qui souvent se télescopent et n’aboutissent pas. Il est d’ailleurs très rare de penser une musique d’un seul jet, car même si l’idée maîtresse (un thème puissant, une suite d’accords originale, etc.) peut être considérée pour son auteur comme un pivot essentiel, il n’en demeure pas moins que son œuvre sera le plus souvent « morcelée » en plusieurs séquences avant d’aboutir à une version définitive.

Les idées, qui sont conditionnées par des fragments de mélodies, quelques accords ou de simples ébauches rythmiques, seront développées, étirées, voire réinventées si nécessaire. Généralement une œuvre est constituée d’une suite d’idées : une idée suit une autre idée, qui à son tour en suit une autre, etc. Cependant, le travail qui se révèle souvent le plus difficile pour un compositeur est de rassembler toutes ces idées pour former un tout cohérent. Pour cela, il a la possibilité d’écrire des « passages de transition » qui auront pour utilité première de conduire une idée à la suivante tout en douceur, ce qui est le cas de nombreuses musiques classiques. Bien sûr, ceci n’a rien d’obligatoire, car il existe des compositions qui possèdent des changements de ton abrupts, comme le passage d’un couplet à un refrain dans une chanson, passage qui implique le plus souvent un changement de rythmes et de couleur orchestrale. Ecrire des « passages de transition » permet surtout de rebondir musicalement sans devoir trop heurter la sensibilité des oreilles.

Si l’on se réfère aux grands compositeurs – ce qui n’est pas toujours obligatoire, mais souvent enrichissant – on observera qu’un plan de travail était généralement établi par avance. Ce plan de travail pouvait être conduit sur plusieurs années ou dans le cas d’une commande en quelques jours. Jean-Sébastien Bach, qui écrira par exemple de nombreuses messes (une par dimanche, disent certains historiens), ne pouvait échapper à quelques répétitions d’idées ce qui, somme toute, est très normal. Bach était d’ailleurs plus connu de son temps comme un brillant organiste improvisateur que comme compositeur.

L’autre question relative à la composition pourrait être la suivante : Qu’est-ce qui facilite l’accomplissement d’une idée musicale ? Réponse : essentiellement les connaissances théoriques et la technique instrumentale, le tout saupoudré d’une dose d’intuition mais aussi d’expérience. C’est passer de l’état d’éveil (l’idée) à celui du sommeil (l’accomplissement)… Mais savoir comment naît une idée musicale dans la tête du compositeur relève de l’indicible, du mystère ou de l’âme confiée à Dieu.


COMPOSITION COMMERCIALE ET DROITS D’AUTEUR

Qu’en serait-il si, pour vivre, les compositeurs d’aujourd’hui ne percevaient plus les droits d’auteurs ? La question mérite d’être posée, car dans ce cas, leur attitude vis à vis de leur profession n’aurait peut être plus ni la même saveur ni la même valeur ajoutée ! Il serait hypocrite de ne pas prendre en compte les objectifs de nombreux compositeurs qui pratiquent leur art en fonction d’un résultat financier, résultat qu’il cherche aussitôt à transformer en terme de rentabilité, voire de popularité, ce qui est encore mieux !

Quelles conséquences pour la musique ? Quand un compositeur oriente ses objectifs en se disant : «  Je vais composer un tube », la création devient dès lors un art de consommation, un art qui, en ouvrant de nouvelles portes, en ferme d’autres. Le compositeur donne t-il alors objectivement le meilleur de lui-même quand ses intentions sont mercantiles ? Rien n’est moins sûr ! Certains vous diront que c’est un métier de savoir composer de la musique commerciale et qu’il existe des « faiseurs de tubes ». Même si dans les faits, cela se révèle exact, l’ambition et l’élan créatif risquent fort d’être freinés quand le compositeur se repose sur ses lauriers, et encore plus quand il obéit à de quelconques concepts de fabrication. Toutefois, ce n’est pas tant l’inclination commerciale de certaines musiques qui pose problème, car il existe des œuvres commerciales tout à fait acceptables et qui sont en mesure de ne pas trahir les « limites » d’une telle charge, mais plutôt la raison pour laquelle elles sont là !

C’est un fait : trop de compositions naissent pour des raisons commerciales. On n’en parle plus guère, mais en 2009 la fameuse Loi Hadopi - qui a pour raison première de prendre la défense des créateurs (auteurs, compositeurs, etc.) vis-à-vis du téléchargement illégal -, a révélé toute la fragilité de la violation des droits (économiques) d’une œuvre plutôt que d’avoir à défendre bec et ongles l’image « honorable » de son auteur. Musique et créativité d’un côté et économie et rentabilité de l’autre sont des univers dissemblables mais qui savent très bien accorder leurs violons quand le « principe établi » des droits est bafoué.

CONSULTER : LES DROITS D'AUTEUR, UN RAPPEL HISTORIQUE


LA COMPOSITION SUR COMMANDE

La musique de cinéma est un domaine créatif qui a la particularité d’exister seulement à travers des « commandes ». Très longtemps, elle a été considérée comme un art mineur ou secondaire quand elle était comparée à de grandes partitions classiques. Cette injustice, mais aussi cette méconnaissance du métier de compositeur de musique de films, a depuis été réparée, et il n'est pas rare aujourd'hui d'assister à des concerts de musique de films mettant en lumière le talent de leurs auteurs.

L’autre raison pour laquelle on a tendance à minorer la part créative de la musique de films provient du fait que le compositeur n’en est pas le seul initiateur, puisque sa composition dépend avant-tout du support image et du sens donné à la scène qu’il doit illustrer. Cette limite imposée, cadenassée par un timing précis - même si parfois elle laisse place à quelques errances sonores -, et sur le fond autrement plus exigeante à concrétiser qu’une œuvre dite «  classique », dont le principal obstacle est d’être dans un style et de s’y conformer de bout en bout. Toutefois, pour éviter tout malentendu, il est bon de signaler que la « grande musique » a vécu presque toute son histoire seulement à travers des commandes, et que les compositeurs se sont toujours débrouillés avec cela. Mozart, Beethoven, et tant d’autres ont écrit de la musique dans le cadre que leurs fonctions exigeaient et souvent avec talent à l’occasion d’un mariage, d’un couronnement ou d’un anniversaire, voire d’un enterrement.

De nos jours, le compositeur qui se dévoue entièrement à son art produit encore de la musique sur commande. Et même si celle-ci est plus confidentielle, elle existe toujours. Les cours princières et les institutions religieuses ont été remplacées par les ministères de la culture, les institutions, mais le principe de la commande demeure. La forme, les conditions et les exigences se sont adaptés à l’époque. C’est tout !

À CONSULTER : COMPOSITEUR DE MUSIQUE DE FILMS, UNE HISTOIRE DE RELATION

  par ELIAN JOUGLA


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