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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

MATÉRIEL DE MUSIQUE



ACHETER UN CLAVIER WORKSTATION - INFOS ET CONSEILS UTILES

LE CLAVIER WORKSTATION, LA POLYVALENCE AU BOUT DES DOIGTS

Pour la personne candide qui souhaite se procurer un clavier polyvalent, sachant tout faire ou presque, le concept "workstation" semble tout désigné. Clavier universel doté de tout un ensemble de fonctionnalités, la workstation a tout pour séduire. Ce "tout en un" est capable de s'adapter à de nombreux profils de musiciens, du débutant au home-studiste en passant par le compositeur, l'arrangeur et le musicien de scène.


LE CLAVIER WORKSTATION, LA POLYVALENCE AU BOUT DES DOIGTS

Une workstation digne de ce nom comprend une partie synthétiseur pour les sons, une boîte à rythmes, un arrangeur dit "intelligent", un séquenceur et même parfois un échantillonneur. Si votre budget est conséquent, vous opterez pour une workstation dernier cri, type studio, équipée d'un clavier lourd (imitation du toucher piano) et armée d'une section échantillonnage et de son disque dur incontournable. Pour les budgets plus serrés, un clavier type "portasound" (nom emprunté à la marque Yamaha), et désignant de petits claviers portables, sera peut-être suffisant… Aujourd'hui, ces claviers très légers sont de petites usines à gaz super puissantes et tenant dans la poche ou presque.

UNE WORKSTATION POURQUOI FAIRE ?


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Les workstations doivent répondre à cette question : offrir une diversité d'emploi susceptible de rendre le musicien indépendant et autonome. La workstation vise donc en priorité le musicien souhaitant jouer seul sans que, pour autant, rien ne l'empêche d'utiliser sa workstation à d'autres fins, comme clavier de commande pour un home-studio ou comme clavier portable pour la scène. D'ailleurs, lors d'un départ en tournée, les musiciens professionnels travaillant en MAO n'hésitent pas à transfèrer via MIDI (ou en utilisant le port du disque dur), leurs séquences vers une workstation. C'est là, un des côtés pratique de ce genre de clavier.

Mais pour la majorité des utilisateurs, la workstation reste un outil pratique pour réaliser des maquettes à domicile. Avec un peu de "débrouillardise" et quelques connaissances musicales, un musicien, même amateur, donnera à ses idées des allures professionnelles (l'accompagnement automatisé sera là pour gérer le tempo et rétablir les maladresses, alors que l'arrangeur "intelligent" produira des orchestrations avec une facilité déconcertante).

Ces quelques raisons expliquent souvent le succès commercial rencontré par ce genre d'appareil. Les constructeurs ne s'y sont pas trompés. À la fin des années 70 existait un vide entre le synthétiseur, souvent complexe et destiné aux passionnés de la recherche sonore, et le piano numérique, intéressant, mais aux possibilités encore limitées. Alors, même si les premiers modèles de workstation possédaient des allures de gadget, les constructeurs étaient conscients d'avoir ouvert une brèche en répondant à l'attente des musiciens. La production musicale à domicile vivait une petite révolution chez de nombreux amateurs de musique, en se trouvant libérée financièrement (une workstation coûtant toujours moins cher que l'équipement d'un petit home-studio) et facilitée techniquement par le concept de l'appareil "tout en un".

Cette démocratisation musicale a rendu la maquette instrumentale tellement banale, qu'elle fait aujourd'hui oublier le compositeur qui se cache derrière. En prenant le musicien par la main, la machine suscite la surprise et l'émotion. Le musicien est conduit sur des rails et épaulé plus qu'il n'en faut. La machine, tel un magicien, transporte alors son utilisateur dans l'illusion. Savamment calculés et entretenus par les constructeurs, la workstation est là pour faire oublier, pendant un temps, les manques d'idées et les faiblesses techniques du musicien. Les sons d'usines, les rythmes calibrés et les accompagnements à la mode sont toujours prêts à faire resurgir le rêve de l'enfant qui sommeille en nous !


RÉFLEXIONS PÉDAGOGIQUES AVANT ACHAT

La workstation vise une clientèle avide de liberté, une clientèle qui ne souhaite pas utiliser un clavier de façon classique. Généralement, l'utilisateur s'inscrit dans un programme éducatif orienté "moderne". Son profil peut être celui d'un futur compositeur, d'un arrangeur ou de tout autre musicien hostile à un enseignement trop scolaire. Il peut s'agir également d'un pianiste désireux d'orienter ses talents dans d'autres directions (sans oublier ceux qui succomberont toujours aux "effets de mode").

L'achat d'une workstation ne s'impose que si vous avez un désir d'autonomie très réel et si l'apprentissage musical dépasse la simple utilisation technique du clavier. Sinon, préférez une solution du genre : piano numérique, synthétiseur (si vous aimez la création sonore) ou piano acoustique.

Sauf à utiliser le clavier à la façon d'un piano acoustique, l'intérêt pédagogique prioritaire de la workstation est de mettre en relation son utilisateur avec les différents avantages proposés par l'appareil : l'accompagnement rythmique (gestion des rythmes et création), l'édition sonore (synthèse et/ou échantillonnage), l'interprétation avec orchestration, la composition et l'arrangement.

Une workstation de base, si elle satisfait les petits budgets, n'offre pas assez d'envergure pour devenir un véritable outil de travail sur le long terme. Au bout d'une année ou deux d'utilisation, la découverte des sons, des rythmes et des arrangements automatisés laissent place à une certaine amertume. Une certaine routine d'emploi s'installe et la nécessité d'évoluer vers un modèle plus complet, plus riche, s'impose.

Le modèle de base conviendra à une personne débutante qui souhaite découvrir ses premières émotions musicales à travers un clavier, mais pour celui qui ambitionne un niveau technique plus abouti, le modèle haut de gamme s'impose de lui-même.


LA WORKSTATION ET SON ÉQUIPEMENT

Quels que soient les modèles de workstation, ceux-ci possèdent en commun les critères suivants : un clavier, plusieurs banques de sons (avec des possibilités d'édition plus ou moins étendues), une boîte à rythmes (programmable ou pas), des effets (réverbération, chorus, distorsion…) un séquenceur intégré (dont la puissance varie, en principe, avec le prix de l'appareil), un lecteur de disquette (en voie de disparition, il est remplacé le plus souvent par un disque dur), et un équipement MIDI, aussi incontournable qu'indispensable.

En possession d'un clavier workstation, vous pouvez réaliser des maquettes instrumentales MIDI, voire audio, très abouties. L'adjonction de différents instruments n'étant envisageable que par le passage à l'enregistrement, celui-ci différera en fonction des workstations. Si, sur les modèles de base, l'enregistrement s'effectue en mémoire ROM> (mémoire volatile à l'extinction), les claviers workstations, moyen et haut de gamme, proposent l'intégration d'une partie échantillonneur/direct-to-disk permettant de gérer l'audio (NB : ce type d'option ne vous empêchera nullement de piloter et d'utiliser les différentes parties de la workstation par des sources externes; comme par exemple un ordinateur).



    Le clavier portasound Yamaha PSR 710, avec amplification incorporée

WORKSTATION ET DILEMME

Quand l'investissement financier est important (supérieur à 2 000€), il est normal de réfléchir à l'éventualité d'un achat constitué par des éléments séparés ; cette solution offrant une plus grande souplesse d'utilisation, sans limites du point de vue technique (vous choisissez les éléments, tant en qualité qu'en diversité).

Une autre question se pose : comment conjuguer l'avenir technologique du matériel avec ses ambitions ? Si je souhaite toujours jouer chez moi en solitaire et si l'avancée technologique ne me trouble pas outre mesure, l'achat d'une workstation est une solution à envisager. Mais dans le cas où vous seriez amené à transporter votre workstation en répétition et pourquoi pas en tournée sur scène, un clavier portable spécialisé (genre clavier numérique 88 notes à toucher lourd) sera préférable. La solution "éléments séparés" deviendra une solution plus adaptée à la situation (par exemple, un clavier de commande accompagné d'expandeurs). Le clavier workstation n'a pas pour fonction première d'être un clavier de scène (bien que des musiciens les utilisent).

Face à une technologie galopante, le clavier workstation n'a jamais été une solution en kit interchangeable. C'est tout ou rien ! Si vous êtes un musicien attentif aux dernières innovations technologiques et si vous souhaitez y faire face, rien ne sera mieux, pour vous, qu'un investissement dans des éléments séparés.

À ces questions, le prix prend souvent le dessus sur l'aspect rationnel et pratique. Votre côté pro ou amateur passionné viendra conditionner également votre choix. Choisir une workstation qui reflètera tous vos désirs peut se révéler difficile, voire impossible. Par exemple, il peut se produire qu'un modèle vous séduise à cause de la maniabilité de son séquenceur et par la qualité sonore de ses échantillons, mais que la largeur de son clavier soit insuffisante. Ce genre d'hypothèse n'est pas rare. Ce qui est en cause, c'est la multiplication des éléments constituant l'appareil qui, en ne s'accordant pas entre-eux, crée parfois un réel déséquilibre : d'un côté la qualité (le clavier étant souvent désigné comme le maillon faible) et de l'autre, la maniabilité (problèmes de configuration et d'interactivité).


DES PISTES POUR BIEN CHOISIR…

Afin d'éviter une bataille rangée, mais équitable, entre vous, votre inconscient et votre budget, voici quelques pistes à méditer…

LE POSITIF…

  • La prise en main rapide (quand tout relève de l'automatisme).
  • Un seul mode d'emploi (mais souvent conséquent). Vous devez vous adapter à la logique des constructeurs (qui peut se révéler parfois ardue).
  • Un minimum de branchements (contrairement aux éléments séparés).
  • Pas de problèmes d'incompatibilité entre les différents éléments constituant l'appareil (sauf, peut-être, lors d'un branchement avec des éléments externes).
  • Un système complet, facilement transportable (pratique pour le loisir et les vacances).
  • La possibilité de laisser exploser son inspiration (si vous êtes en présence d'une workstation haut de gamme).

LE NÉGATIF...

  • La taille de l'écran (elle peut se révéler insuffisante ou peu pratique par l'utilisation de sous-menus et la navigation de page en page).
  • Des fonctions figées (le concept technologique de la workstation peut devenir complètement dépassé au bout de quelques années).
  • Les possibilités sonores de la workstation (sauf si votre workstation est équipée de slot pour recevoir des cartes sons ou composée d'une partie échantillonnage).
  • Un stockage limité des données (songs, arrangements, patterns) quand l'appareil est utilisé de façon autonome (recours : disquette et disque dur interne).
  • L'édition de partitions inexistante (sur la majorité des modèles).

WORKSTATION : TENDANCES ET POLITIQUES D'USAGES

Au début des années 80, la politique commerciale des marques consistait à sortir, en premier, des modèles munis d'un clavier. Ensuite, si la version à touches séduisait, une version expandeur voyait le jour… tel le JV-1080 de Roland qui aura plus tard une version workstation avec le XP-50, puis le XP-80. À la fin de la même décennie, face à la dynamique des ventes de matériel prévue pour le home-studio, cette pratique commerciale s'inversa. Aujourd'hui, la tendance des constructeurs est de fournir des modèles de workstation spécifiques, se déclinant seulement en version clavier.

Workstation ou pas workstation, les modèles actuels sont tellement élaborés que le distinguo avec les synthétiseurs et autres arrangeurs devient de plus en plus subtil. Le clavier workstation est un concept qui a semé des cailloux sur sa route ! Si le côté performance technique et qualité sonore peuvent séduire, il faut se préparer à affronter, un jour ou l'autre, les "entrailles" de la machine... et c'est souvent dans ces moments là, que le côté séducteur de la workstation fond comme neige au soleil ! Face à des claviers numériques intégrant de plus en plus de fonctions aussi intelligentes que redoutables, le simple fait de parcourir le mode d'emploi vous donne, à défaut de vous faire rêver, des sueurs froides dans le dos !

Côté édition, chaque nouvelle série voit son lot d'innovations : des écrans qui s'élargissent et qui déroulent leurs menus, façon ordinateur, et des fonctions Microscope, Step Edit et autres trouvailles, qui permettent de ciseler le son avec une plus grande finesse. De même, le séquenceur et sa résolution à la noire, toujours plus grande, et les éditions en pas à pas ou en temps réel seront vous faire oublier le manque de souplesse d'un écran trop petit... heureusement !

Du point de vue des effets, les traitements internes des workstations jouent dans la cour des grands et sont aussi performants que ceux rencontrés sur les synthétiseurs. En marge de l'incontournable réverbération et autre chorus, les multi-effets intégrés se voient généralement doublés d'EFX qui, dans le jargon du constructeur, signifie une palette du traitement du son allant de l'enhanceur (l'effet sert à relever certaines harmoniques) jusqu'à la distorsion (dans le cas où vous vous prendriez pour Van Halen). N'oublions pas les effets conjugués… genre chorus + delay, très à la mode. Avec de l'expérience, du goût et un dosage millimétré, vous risquez d'être bluffé par les résultats que vous obtiendrez.

Aujourd'hui, l'utilisation normalisée de l'échantillonnage, bonifiée d'une synthèse modulaire élaborée (mais souvent difficile à maîtriser) ont ouvert les portes de la création sonore à des claviers qui, hier encore, devaient se contenter des sons fournis par le constructeur. Korg et Kuzweil ont été des précurseurs en proposant à leur client des options permettant d'intégrer le sampling ou le direct-to-disk. Korg offrait avec le modèle Trinity un accès au SCSI, donc à de nombreux supports reconnus, comme les collections de CD-ROM Akaï, Roland ou SyQuest. De son côté, Kurzweil apporta l'option 'SMP-K' sur les modèles réputés K2000 et K2500, réalisant ainsi une parfaite symbiose entre l'échantillonnage, la synthèse et la séquence.


WORKSTATION OU PAS, IL FAUT CONCLURE !

Pour peu que vous soyez un musicien débutant ou un adepte du voyage musical organisé, la workstation apporte à son utilisateur un feeling musical particulier… et si votre compétence musicale se conjugue parfaitement avec la technologie embarquée, vous pouvez vivre avec votre clavier workstation des moments d'extase. En effet, qui se plaindrait d'avoir sous la main un orchestre complet, en modèle réduit, certes, mais capable de vous obéir au doigt et à l'œil ! Certainement pas vous… ni moi, d'ailleurs !

Même les home-studistes chevronnés trouveront dans la workstation, un moyen d'élargir leur set. En effet, rien n'empêche d'utiliser une workstation comme boîtes à sons quand celle-ci est multitimbrale. Les sons et les effets viendront alors enrichir les possibilités sonores qui sont déjà en votre possession… Finalement, quel que soit le regard que nous leur portons, critique, amusé ou enflammé, les workstations n'ont pas fini de nous surprendre !