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Portail sur la musique et les claviers modernes : piano, synthétiseur et orgue.

MATÉRIEL DE MUSIQUE



PIANO NUMÉRIQUE, ORGUE ET SYNTHÉTISEUR, POUR QUEL USAGE ?

Tous les instruments à clavier ne se ressemblent pas, du moins ils ne sont pas conçus pour s'exprimer dans la musique de la même façon. Si le piano acoustique est souvent capable de surmonter des situations délicates, l’orgue électrique et le synthétiseur, de part leur spécificité sonore historique, possèdent un répertoire plus orienté…


L’EXPANSION DES CLAVIERS ÉLECTRONIQUES

Faisant suite aux premiers instruments électromécaniques et aux ondes Martenot, une première génération de claviers électriques apparaît industriellement et, en 1955, le nom de synthétiseur voit le jour chez RCA qui inaugure son premier modèle. Quelques années plus tard, les premiers synthétiseurs modulaires naissent, mais demeurent encore d'une utilisation complexe, surtout au regard des résultats sonores obtenus.


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Dans les années 1960-1970, l'accélération de la miniaturisation associée à une fiabilité accrue des composants favorise l’expansion technologique et commerciale. Les États-Unis, mais surtout le Japon deviennent les leaders du marché. Les claviers électroniques s’imposent sur scène mais aussi chez le particulier. Le synthétiseur, instrument atypique et souvent critiqué, devient petit à petit un instrument populaire incarnant audace et modernité. Les prix finissent par baisser jusqu’à rendre de nombreux modèles abordables.

Les années 80 inventent d’autres technologies qui extirpent le son de sa « couleur électronique », notamment la synthèse par modulation de fréquence (FM) que Yamaha propulsera à travers la planète. Le procédé numérique était en marche. Le langage propre aux ordinateurs devenait capable de digitaliser toute sonorité.

Les synthétiseurs numériques se multiplient, chacun apportant quelques « trouvailles » et faisant reculer les limites. L’échantillonnage, qui est la dernière grande révolution dans le domaine des instruments électroniques, permet – théoriquement - une reproduction parfaite des ondes sonores capturées.

Parallèlement à toute cette débauche de technologie est apparue une référence de connexion dénommée MIDI (Musical Instrument Digital Interface), qui sera rapidement adoptés par les constructeurs et qui permettra aux musiciens de faire communiquer synthétiseurs, ordinateurs, échantillonneurs et séquenceurs entre eux.

© Skitterphoto


LA FAMILLE DES CLAVIERS ÉLECTRONIQUES

1. LE PIANO NUMÉRIQUE : il est né avec l’intention de se substituer à plus ou moins long terme au piano acoustique. Ses nombreux avantages pèsent aujourd’hui beaucoup plus dans la balance que ses inconvénients. Le piano numérique demande peu d’entretien, son coût est moins onéreux qu’un « bon » piano acoustique et il est ouvert à la MAO. Seule sa résistance au temps qui passe l’empêche de régner en maître (robustesse du clavier, amélioration technique, etc.)

2. LE SYNTHÉTISEUR : il conçoit mathématiquement de nombreuses formes d’ondes. En modifiant les caractéristiques de ces ondes, l’utilisateur peut créer des sonorités abstraites ou rechercher à reproduire des instruments acoustiques. Toutefois, l’arme première d’un synthétiseur est de créer des sons et non de chercher à imiter des instruments.

3. LE CLAVIER SAMPLEUR (OU ÉCHANTILLONNEUR) : cet instrument profite de la technologie digitale (ordinateur). Il permet d’enregistrer n’importe quelle source audio extérieure, comme le ferait un magnétophone à bande, pour ensuite le reproduire sur le clavier. Cette technique de « capture sonore », dite « d’échantillonnage », implique une grande véracité sonore puisque la source acoustique est elle-même authentique. La principale limite du sampleur est liée à la capacité de sa mémoire vive. En savoir + : L'échantillonnage, principe de fonctionnement

4. L’ORGUE ÉLECTRONIQUE : c’est un instrument à sons continus (tant que les doigts tiennent les touches enfoncées). L’orgue électronique peut être à simple ou double-claviers. Comme le piano, sa polyphonie est totale. L’intérêt de cet instrument est de produire une sonorité dense et profonde. Soutenue par une boîte à rythme, il est d’usage de le pratiquer en ayant recours à un pédalier pour produire la ligne de basses. Grâce à ses nombreuses ressources (avec parfois un synthétiseur et un enregistreur intégré, sans oublier une large palette d’instruments imités et une amplification puissante), l’orgue électronique demeure un instrument autonome par excellence.

5. LE WORKSTATION : c’est le clavier à tout faire du parfait « bricoleur ». Il permet d’éditer des sons, de programmer des rythmes et des harmonies via un séquenceur incorporé. Il possède une amplification dotée de haut-parleurs. Il est « open », capable d’intégrer de nouvelles possibilités techniques (en fonction du modèle et du constructeur). Son talon d’Achille est d’être un instrument de type « tout en un », c’est-à-dire d’être dépassé un jour techniquement à cause d'une de ses faiblesses : les sons internes, l’édition, la puissance du séquenceur, etc. En savoir + : Acheter un clavbier workstation

6. LE CLAVIER ÉLECTRONIQUE PORTABLE. Cette dénomination générique rassemble les petits claviers autonomes (avec boîte à rythme et haut-parleurs intégrés). Ce sont avant tout des claviers lecteurs d’échantillons (banque de sons en ROM). Leurs popularités tiennent en quelques mots : peu encombrant avec un clavier limité à 4 ou 5 octaves ; un poids léger (- de 10kg) ; une certaine autonomie (certains modèles fonctionnent sur pile) ; de nombreuses options (séquenceur, sauvegarde…), et un prix défiant toute concurrence. Certains modèles sont équipés d’un clavier à petites touches (non standard - mais aujourd'hui assez rare).


LES MARQUES

Elles sont principalement japonaise et américaine. Les plus connus sont les suivantes…

Pour le piano numérique : Kawaï, Korg, Roland, Technics, Yamaha.

Pour le synthétiseur et le sampleur : Akaï, Casio, Kawaï, Korg, Kursweil, Oberheim, Orla, Roland, Yamaha.

Pour l’orgue électronique : Elka, Farfisa, Gem, Hammond, Technics, Wersi, Yamaha.

Pour les claviers portables : Casio, Kawaï, Roland, Technics, Yamaha.


LE TOUCHER DU CLAVIER

Le clavier est souvent le premier ennemi des synthétiseurs et orgues électroniques. Cela reste vrai, même si des efforts ont été consentis par les constructeurs. Aujourd’hui, de nombreux claviers disposent d’un seuil réglable qui tient compte de la vitesse d’enfoncement et de la dynamique exercée sur la touche. Sur des modèles haut de gamme, le mécanisme se rapproche sensiblement du clavier piano à double échappement (piano à queue).

Outre leur clavier dynamique, les synthétiseurs et pianos numériques ont l’avantage de proposer des zones de timbre morcelées appelées dans le langage technique, le split. Il permet de diviser l’étendue du clavier en plusieurs zones avec chacune une sonorité différente.

Une autre spécificité majeure est l’aftertouch (présent uniquement sur les synthétiseurs). L'effet singularise le jeu au clavier en proposant des variations sonores (vibrato ou autre) quand on appuie plus fortement sur la touche après son enfoncement. Sur certains modèles, le relâchement de la touche peut aussi être programmé pour rajouter d’autres effets (DX7 par exemple). En savoir + : Le toucher, du piano acoustique au synthétiseur

© Albers Heinemann


UN CLAVIER ÉLECTRONIQUE, OUI, MAIS POUR QUEL USAGE ?

Le synthétiseur. Son but est de créer des sons à amplifier et à insérer dans une orchestration. L’instrument cohabite aussi bien avec d’autres synthétiseurs qu’il se marie avec les instruments acoustiques. En fond sonore ou placé bien en avant lors d'un solo, le synthétiseur est capable de jouer le rôle d'ambassadeur dans la musique, même quand on ne l'attend pas !

Le sampleur. Bien que sans limite sur la source à reproduire (bruit, effet sonore…), le sampleur dépasse aujourd’hui le rôle joué par le synthétiseur dans les orchestrations. Il est en mesure de se fondre dans celles-ci, allant même jusqu’à faire oublier ses sonorités acoustiques artificielles !

L’orgue électronique et électro-mécanique. Ses possibilités polyphoniques, son grain de son recherché (Hammond), son côté indépendant et autonome conduit l’orgue à entrer en résistance, encore aujourd'hui (Hammond SKX). Il a ses adeptes. Toutefois, sa particularité sonore limite son champ d’investigation à quelques styles de musique, notamment le jazz, le blues, le gospel et le rock.

Le workstation. Il intéresse aussi bien l’amateur éclairé que le professionnel. Seul son usage diffère. S’il permet au musicien amateur de réaliser des performances de qualité et d’être autonome, le professionnel trouvera dans cet instrument de nombreux atouts pour animer une soirée (piano bar, mariage...)

Le clavier portable. Instrument idéal pour découvrir la musique, il réclame peu de connaissances techniques pour être utilisé correctement. Outre sa portée pédagogique, le clavier portable peut se révéler indispensable chez le musicien amateur qui souhaite chanter ou improviser sur quelques morceaux lors d’une soirée entre amis.


LE RÉPERTOIRE DES CLAVIERS ÉLECTRONIQUES

Il n’existe pas véritablement de répertoire destiné exclusivement aux claviers électroniques. La raison provient de la diversité des modèles existant sur le marché ; chacun possédant des spécificités techniques et des sonorités trop différentes. L'autre raison majeure est la rareté des œuvres écrites à leur intention. Bien souvent, c’est le répertoire de leurs homologues acoustiques (piano, clavecin, orgue…) qui est utilisé et adapté en conséquence.

Le synthétiseur - à cause de ses fonctions de recherches sonores - est bien mieux apprécié et accepté dans les musiques contemporaines, notamment dans le jazz, le rock et la musique de variété que dans la musique classique qui puise généralement son inspiration à travers les instruments traditionnels (acoustiques). Seul le piano numérique - à cause de sa palette de sonorités acoustiques (piano, orgue lithurgique, clavecin...) - est en mesure de répondre de façon satisfaisante au répertoire de la musique classique.

D'autre part, de nombreux claviers électroniques possèdent des fonctions d’accompagnement et de percussions qui les rendent autonomes, ce qui satisfait pleinement le musicien solitaire. Dans ce domaine où l’automatisation prend une place de plus en plus importante et où l’on peut personnaliser presque à volonté les sons, les rythmes et l’harmonisation, le clavier dit workstation a su s’imposer avec intelligence dans le labyrinthe des instruments électroniques.


DES PARTITIONS SPÉCIFIQUES

Avec les instruments à accompagnement automatisé, la partition classique à deux portées n’est plus vraiment nécessaire. La mélodie restant le matériau de base, une seule portée est nécessaire ; celle de la main droite, puisque la main gauche plaque le plus souvent les accords rythmés automatiquement.

Cette volonté de s’affranchir du « classique » a poussé constructeurs et éditeurs de partition à utiliser des codes spécifiques pour les petits claviers électroniques portables. Des chiffres inhabituels, destinés aux débutants, surmontent alors la portée (et le bord supérieur du clavier). Ces chiffres correspondent aux touches du clavier telles qu’elles sont dessinées et expliquées au début de chaque recueil.

(extrait Limelight - Charlie Chaplin)

Le Do = 1, Ré =2, Mi =3, etc. Le signe " + " indique la touche noire (altération) qui suit le chiffrage indiqué : Fa = 4, Fa# = +4. Ensuite, sur la partition, les notes de « taille normale » transcrivent la mélodie de la chanson et les notes de taille réduite traduisent les enchaînements purement musicaux (contre-chant, par exemple). De plus, sont présents les paroles de la chanson découpées en syllabes et écrites en phase avec les notes de la mélodie.

Concernant la main gauche et les accords, les éditeurs facilitent le travail du débutant en lui procurant des diagrammes symbolisant les accords à jouer. Dans la pratique, il n’est donc pas nécessaire de les connaître du point de vue théorique, voire de les pratiquer au préalable.

Les accords à utiliser sont très visibles et utilisent la même nomenclature internationale que l’on retrouve sur les partitions « modernes » ; à savoir les lettres A, B, C, D, E, F, G. La différence est dans leur apparence. En effet, quand le nom de l’accord est écrit dans un cercle blanc, il est majeur, et quand il est dans un cercle noir, il est mineur. Les ajouts tels que « m », « b », « 7 » conservent le même sens.

Les partitions destinées aux orgues électroniques sont rares dans le commerce. Du fait que le son est continu, l’écriture de la clé de fa se résume principalement à transcrire des blanches ou des rondes. Une troisième portée en clé de fa destinée au pédalier est présente (souvent les fondamentales et les quintes des accords).

  par ELIAN JOUGLA

À CONSULTER

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