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TECHNIQUE ET MAO



ENREGISTRER UN ORGUE ÉLECTRIQUE OU ÉLECTROMÉCANIQUE (HAMMOND OU AUTRES)

Si l’orgue numérique joue de temps en temps son rôle dans les musiques actuelles, l’orgue électromécanique (genre Hammond), avec ou sans cabine Leslie, n’a pas totalement disparu. Il conserve ses adeptes. Certains organistes voient dans l’instrument - comme chez ceux qui courent après les synthés vintages - l'authenticité du son d’autrefois, sa chaleur communicative. Une raison suffisante pour évoquer sa technique de prise de son au cas où l’occasion se présenterait.


LA PRISE DE SON DE L'ORGUE

Enregistrer un orgue électromécanique ! L’idée même semble appartenir au passé. De nos jours, les modèles d’orgue existant sur le marché ont été conquis par le numérique. La marque Hammond, la première, a succombé à ses avantages tout en conservant dans sa panoplie de jeu, les tirettes harmoniques et le Leslie… sans cabine. L’avantage de cette évolution technique est de ne plus confronter le preneur de son avec les micros et l’acoustique de la salle. Un simple câble de liaison suffit à véhiculer les signaux sans que la qualité soit remise en cause.

© Hammond (plaquette publicitaire 1966) - L'instrument à clavier conquérant des années 50/60.

Avec les orgues à roues phoniques, il en va autrement. L'instrument dispose généralement d’un amplificateur et de haut-parleurs intégrés. Parfois, une cabine Leslie indépendante l’accompagne (voir la description et le mode de fonctionnement ici : La cabine Leslie, fonctionnement du son tournant ). Une autre particularité de l’instrument est de posséder une unité de réverbération. Toujours utile quand la prise de son s'effectue dans un local trop exigu (inférieur à 25 m²).

Côté inconvénient, l’orgue à roues phoniques, à l’image de l’orgue Hammond, génère des bruits (l’air brassé par le Leslie, les moteurs d'entraînement…) qui peuvent devenir gênant si la prise de son est réalisée en direct avec d’autres musiciens. Un paravent sonore est alors conseillé de façon à séparer acoustiquement l’orgue des autres instruments. Dans de nombreux cas, ce ne sont pas les micros disposés devant l’orgue qui posent problèmes, mais ceux destinés à capturer les autres instruments, surtout si ce sont des électrostatiques dont la qualité première est d’avoir une sensibilité souvent démontrée.


MICROPHONES ET POSITIONS

Généralement, les preneurs de sons privilégient les micros statiques, car ils estiment retrouver avec eux une certaine finesse. La directivité doit être cardioïde pour éviter au capteur de reprendre les bruits arrière. Utiliser un ancien 'AKG D 202' conviendra, et si l’environnement n’est pas bruyant, un micro omnidirectionnel du genre 'LEM DO 21 B', viendra en remplacement. Restons toutefois prudents face à l’utilisation d’un 'Neumann U 87' qui est sollicité fréquemment pour faire tout et n’importe quoi.

© Disc Mag - Enregistrement d'une cabine Leslie avec deux micros.

Il n’est pas indispensable d’utiliser des suspensions élastiques, sauf si vous utilisez, à la place de micros dynamiques, des statiques qui sont beaucoup plus sensibles dans les très basses fréquences - l’orgue, faut-il le rappeler, est en mesure de produire ce type de fréquences.

Pour enregistrer l’orgue, une paire de micros sera la bienvenue dans le cas où vous désirez une prise de son stéréophonique. Les deux micros doivent être placés face aux HP avec une distance suffisante pour ne pas saturer la prise de son. Le recul nécessaire pour un recouvrement optimal des basses, des médiums et aigus, sera généralement d’une trentaine de centimètres.

Concernant l’enregistrement de la cabine Leslie, il est préférable d’utiliser deux microphones pour capter graves et médiums-aigus avec plus de précisions. Ces dernières fréquences sortent directement des deux cônes tournants. Pour les enregistrer, le micro doit être placé à environ une dizaine de centimètres des ouïes pratiquées dans le meuble sans que le capteur du micro soit en face, mais en position oblique de l’ouverture et légèrement en hauteur de celle-ci. Cet angle atténue le bruit généré par l’air brassé des HP en rotation. Des tests de positionnement du micro seront cependant nécessaires pour obtenir le meilleur rendu sonore. Un même modèle de micro sera disposé de la même façon au bas de la cabine, là où sont disposées les ouvertures pour les fréquences basses.

Si vous disposez d’un seul microphone, disposez celui-ci à une distance de 20/30 centimètres en orientant légèrement la capsule en direction des ouïes aiguës de la cabine ; la diffusion des basses étant moins directionnelle, le microphone n’aura aucune difficulté à les enregistrer. Il faut rechercher une position qui trouve un équilibre satisfaisant pour répondre à tout le spectre et qui atténue de surcroît les bruits occasionnés par les moteurs du Leslie.


USAGE ET PERFORMANCE

Même si l’organiste connaît les différents réglages de son instrument, s’il sait jouer avec les tirettes harmoniques qui conduisent à obtenir une couleur précise, rien n’interdit une intervention sur la console pour corriger une certaine dureté du son ou à l’inverse une trop grande finesse.

Quand la console est équipée d’un filtre passe haut, il peut être intéressant de l'enclencher. Dans une certaine mesure, le filtre effacera les bruits indésirables apportés par les basses de la Leslie. L’usage de la compression est également utile pour éviter les crêtes dangereuses. Toutefois, elle agira au détriment de la dynamique originale.

Enfin, et à l’inverse de ce qui vient d’être dit, rien n’interdit l’utilisation d’effets externes pour obtenir un grain qui dénaturera le son original. L’un des meilleurs exemples reste l’utilisation de la pédale de distorsion dans la musique hard-rock ou du phasing pour compenser une Leslie absente.

En conclusion, si on reste attentif au choix des micros et à une bonne disposition de ceux-ci, la prise de son de l’orgue électromécanique pose moins de problèmes que celle du piano acoustique. Contrairement au pianiste, l’organiste joue souvent sur des notes tenues et insensibles à l’attaque. Les seules nuances misent à sa disposition sont de fait minimisées et se répartissent entre les changements de registres (prévisibles, car ils demandent quelques secondes de manipulation) et l’utilisation de la pédale de volume, que l’organiste utilise généralement pour passer de l’accompagnement au solo. La dynamique de jeu chez un organiste est donc plus facile à contrôler, si ce n’est à anticiper.

Par PATRICK MARTIAL

À CONSULTER

LE CX-3 DE KORG, LE SON HAMMOND RETROUVÉ

HISTOIRE DE L'ORGUE HAMMOND

ORGUE HAMMOND, HISTORIQUE DES MODÈLES


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